un orbe dansant au bras du soleil
véloce marié du champ des sphères
frise de cendres les veines d'or
sous les sables et les verts oublis
dentelles de doigts calcaires
sur les couches des sédiments
écoulent l'encre des réminiscences
la où nos mères giclent le lait
patient et céruléen monde
il ouvre à nos petits cortèges
divulgue puis enseigne avec lenteur
sa bouche glutineuse de naphte
en poux avides sucent les assoiffés
jusqu'à la baiser le ventre ouvert
jusqu'à la gorger de leurs sang
... rare est l'eau
Ô meurtrissures d'épouses et matrices
au sein l'épanchement flétrit
en flaques sombres les amours
et les fruits précoces assassinés
tant de vies et d'oeuvres
artefacts précieux des mémoires mortes
un si peu de carbone est offert
aux lacs noirs de ses souvenirs enfouis
les continents sont des cadavres
la plainte sourde, le rauque
presqu'oblong, un souffle taillé de dents muettes où l'oeil roule vers
l'intérieur, glisse entre les fibres, goûte l'organe déposé en la paume comme
un fruit rouge dans sa gaine, la crispation bue
les frémissements soudains et
l'électrique du choque, la morsure étrange où jaillit la joie trop vive mêlée
d'oppression ; le feu, une lave vibrante montée de creux, attendue de sel
et d'humus comme des frères d'oeuvre
des battements fous aux bouches
pulsantes, le babille, de ru en torrent dans le silence de tout ce bruit, le
sang fouette au milieu, trop fort trop vite, la bête immense feule d'émois sur
de longs spasmes chantés haut sans voix
l'éclatement brusque du geyser
vivant, son trait comme des milliers d’aiguilles, sa luminosité moirée de
conscience autre en dedans, son mouvement ivre, ébloui, lové en l'impalpable,
si haut les vertiges délibérés
et puis cet apaisement flou de
duvet soyeux en chute, cette douceur quand tu me rejoins depuis l'autre côté...
sans jamais avoir bougé.
ne me demande plus
comment va le monde
pose ton oreille
tout contre mes grains
sous la silice qui brûle
creuse en l'odeur froide
des milliers d'années révolus
va jusqu'à l'os et la pierre
emmêlés si étroitement
dans l'encre des monstres passés
écoute les cendres
de nos déchéances
goûte l'asphyxie des exhalaisons
et la lenteur minérale
d'un geste d'eau
poursuis la veine des magmas
jusqu'au soleil de son ventre
l'étoile enclose se consume
et respire le souvenirs des futurs
elle berce les possibles
dans le jour incandescent
de son tout premier atome
ne me demande plus
comment va le monde
parce qu'il est en toi
Ne me vois-tu donc pas en toi-même ?
j'ai livré mon germe
en grappes ensauvagées
à l'impalpable de ta mémoire
déliquescences
la souche épousée
un méandre vermeil
et l'inflorescence du givre glacent un jour
ou était-ce hier ? regardes demain
... un pétale se repose
mes digues ont cédées
en l'échancrure de ton rire
tout m'est beau
quand tu déploies ta gorge
renversée de signes
je bois un frisson d'étoile
entre tes cils