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P.H.I.
35 - (ILLE-ET-VILAINE)
MISSION ALGERIE DU 11 au 15 JUIN 2007
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Tout d’abord, nous avons reçu un accueil très chaleureux par les personnes qui sont bénévoles à l’association « Les amis du malade ». Ils ont des professions diverses, plusieurs travaillent à l’hôpital. Ils sont infirmiers, médecins, professeurs à l’université…Ils sont venus nous chercher à l’aéroport et sont restés à notre disposition pendant ces 4 jours.
Notre séjour a commencé par la visite de l’école de santé à Constantine (formation des infirmiers des sages femmes et des kinésithérapeutes : plus de 500 élèves) où de nombreux étudiants passaient leur soutenance de fin d’études. La Mosquée « Emir Abdelkader » est d’une grande beauté, majestueuse dans la ville.
Le soir même nous partons à Skikda ou nous sommes logés à l’Hôtel Socora.
Le lendemain, nous avons été reçus par le directeur de l’hôpital de Skikda et la directrice-adjointe, madame Souames, nous a guidé dans les bâtiments datant de 1938. Un nouvel hôpital sera opérant dans quelque temps.
Nous avons constaté combien les locaux sont vétustes mais le personnel très dynamique, venant à notre rencontre pour nous saluer et évoquer leur travail. Nous avons commencé par la pharmacie puis le secteur de pédiatrie. La nurserie comptait uniquement un nourrisson d’une semaine. Seules les femmes ont accès à la maternité. J’ai donc pu y entrer et rencontrer le dernier-né de la matinée.
Nous avons fini notre visite par la pharmacie organisée par les bénévoles de l’association « Les amis du malade ». Le local se trouve dans l’enceinte hospitalière mais donnant sur la rue. La pièce a été peinte en blanc avec du vert anis pour distinguer les étagères. Là, les médicaments sont en évidence, répertoriés par classe thérapeutique.
Des feuilles à l’en-tête de l’association sont remplies par les personnes qui viennent chercher des médicaments après avoir reçu des soins à l’hôpital. Sur ces imprimés, il est écrit leur adresse mais aussi leur statut. Plusieurs sont chômeurs, d’autres vivent de ressources données par la Mairie, beaucoup sont des personnes âgées. Il faut expliquer ici qu’il existe en Algérie, une caisse d’assurance maladie, mais elle ne rembourse que les médicaments faisant partie d’un répertoire et seuls les salariés y sont affiliés.
Des photos dans des albums expliquent le travail des bénévoles où l’on voit les fauteuils roulants exposés après leur arrivée de Rennes et mis à disposition pour les personnes nécessiteuses, soit en prêt soit en don.
Le lendemain, nous rencontrons le directeur des affaires sociales à qui Monsieur Camelot explique notre mission, les constats portés sur le travail effectué et nos projets.
La même démarche est faite auprès de l’adjoint au maire dans les locaux de la mairie.
Le jeudi matin, nous assistons à un colloque sur « la faute médicale »organisé à l’occasion de notre venue. Monsieur Camelot intervient sur cette notion en France puis il fait la présentation de PHI.
Au cours de ces 4 jours, nous avons eu de nombreux échanges avec les bénévoles qui nous expliquent leurs méthodes pour être le plus efficace possible. Ils ont utilisé au mieux les deux conteneurs envoyés mais ils attendent impatiemment le troisième car leurs stocks s’épuisent et les demandes continuent. Ils interviennent aussi dans des petites villes périphériques.
Nous avons évoqué à de nombreuses reprises l’avenir de notre collaboration.
Martine JOSSET
PHI 35
Cette mission avait pour but de contrôler l’opportunité de notre aide humanitaire commencée depuis 2 ans (un containeur en 2005 et un autre en 2006, le troisième doit arriver après notre retour). Elle a parfaitement réussi puisqu’elle nous a permis de bien comprendre le contexte algérien et nous a convaincu du bien fondé de notre aide humanitaire et de l’efficacité de nos partenaires ultra mare. Au cours du colloque qui a été organisé pendant notre séjour par l’Association Les amis du malade, nous avons pu rencontrer le directeur de la Caisse d’assurance maladie, le président du conseil de l’ordre des pharmaciens, le président du conseil de l’ordre des médecins, deux Imams, le directeur de l’hôpital, des sages femmes, des infirmiers, des médecins, des responsables d’association d’aveugles et handicapés.
Le niveau de vie : Smic à mois de 150 €
Le prix des voitures : la moitié du prix français
Le prix des produits de consommation courante : 3 fois moins qu’en France
Les médicaments : La moitié du prix français pour les plus courants
L’assurance maladie : la caisse d’assurance maladie fonctionne correctement mais la liste des médicaments remboursables est limitée, ceci en fonction des accords de prix avec les fabricants, certains médicaments (américains par exemple) ne sont pas remboursées parce que leur fabricant ne veut pas baisser les prix mais ils sont disponibles en pharmacie au prix fort non remboursables et proviennent d’importations parallèles. On retrouve ce type de problème dans tous les pays en voie de développement. Seules les personnes cotisantes sont couvertes par l’assurance maladie c’est à dire les salariés, donc les chômeurs n’ont pas de couverture et tous les pauvres en général vivant sans emploi dans les campagnes.
Le système hospitalier : nationalisé exclusivement, tous les services fonctionnent sauf les services d’imagerie médicale modernes qui sont rares. Les attributions de matériel et de consommables sont planifiées et sont toujours réduites par rapport aux demandes, aux besoins. Dans la pharmacie des hôpitaux, la liste des médicaments utilisés est restreinte, les formes injectables sont privilégiées.
Le secteur hospitalier privé : il existe bien mais d’une manière tout à fait sporadique car les tarifs y sont chers et non pris en charge
Les pharmacies de ville : Tous les médicaments sont en vente libre sauf les psychotropes. La délégation de paiement est opérationnelle. Une chaîne de répartition vient de disparaître, une autre est en train de s’établir.
Conclusion : l’accès au médicament est loin d’être facile, les industriels font la loi avec leurs prix et nous, pays riches, payons leur manque à gagner. Ou alors, dans le cas de l’Algérie ils échangent contre du pétrole.
L’Association "Les amis du malade" est parfaitement efficace dans ce contexte. Les personnes qui la font fonctionner sont toutes bénévoles et agissent bien avec l’esprit humanitaire. Elle reçoit le soutien de l’ensemble des acteurs hospitaliers. Les personnes qui viennent au dispensaire ont une prescription et doivent justifier de leur besoin. Le matériel récupéré en France est bien utilisé soit en don aux malades incurables ou pour pallier au manque dans certains services de l’hôpital soit en prêt et tout est répertorié. Le stock de médicaments est bien tenu et nous envisageons de l’informatiser. Ceci afin de quantifier les besoins pour travailler à l’avenir avec des médicaments essentiels qui ne seraient pas gratuits. En tout, cas d’ici là, tout est fait pour apporter une bonne justification de l’utilisation des médicaments récupérés en France.
Bravo à Salah le Président, qui est un formidable garant de l’éthique de l’association, bravo à Azziz, à Akram, à Riad, à Zoheir, à Hocin, à Rabah et aux autres dont j’ai oublié le nom mais aussi à Habib qui est le digne et efficace représentant à Rennes.
Jean-Luc CAMELOT
PHI 35