Métiers du métal

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Le cordier

LOCALISATION

Avant que n'apparaissent les manufactures, on trouvait des artisans cordiers dans toutes les régions de la France, avec une prédilection pour les lieux de production du chanvre et les régions maritimes, Bretagne et Charentes, grandes demandeuses de cordes et de câbles.

LA MATIERE

Le matériau le plus employé est le chanvre. Le cordier peut aussi utiliser du lin, du tilleul ou du crin.

LES OUTILS

Le premier travail du cordier consiste à préparer le chanvre qu'il a acheté roui et broyé. Pour cela il utilise différents peignes aux dents plus ou moins longues et écartées (aussi appelés seran). Le plus grossier sert à débarrasser le chanvre des débris de bois (c'est le teillage), le plus fin sert à séparer les fibres en fils très fins (c'est le peignage).

Vient ensuite le filage. Pour cela, le cordier prend de la filasse qu'il tient dans un tablier autour de la taille. Après avoir fait une boucle qu'il accroche au rouet, le cordier va dévider le chanvre tout en reculant le long de l'aire qui peut mesurer jusqu'à cent mètres, tandis que le tourneur fait mouvoir la roue. Cela a pour effet de produire un fil tordu sur lui-même soutenu de près en près par des rateliers ou râteaux. Tout l'art du cordier consiste à dévider le chanvre le plus régulièrement possible.

La dernière étape consiste à réunir les fils et à les tordre ensemble pour faire des cordes. Ce travail peut s'effectuer sur le rouet pour les petits diamètres ; pour les tailles plus importantes, on utilise un chariot. Le principe, qui est toujours le même, consiste à réunir plusieurs fils, par torsion, pour produire un toron, puis plusieurs torons pour obtenir une corde. La corde terminée est enduite d'une solution de colle et d'eau.

AU FIL DU TEMPS

Issus de la corporations des cordiers du Moyen-Age dont les statuts remonte au 17 janvier 1394, le métier de cordier est très ancien. La corporation des cordiers de Saint Valéry sur Somme est née en 1503. On relève en 1442 que les cordiers sont tenus «de bailler et livrer tous cordages gros et menus aux gens de justice... quand les cas adviennent pour lier, pendre et exécuter larrons, meurtriers et autres malfaiteurs.» (Lettre patentes données à Tours par Charles VII).

En 1692, sous l'impulsion de Colbert, la Corderie Royale de Rochefort est édifiée dans un bâtiment de 370 mètres de long.

Mais bien souvent, jusqu'au début du XXième siècle, le cordier reste un artisan de village qui travaille à l'extérieur (par nécessité de place), mais à l'abri de la pluie qui influe sur la qualité des cordages. Sa production est destinée essentiellement au monde agricole, mais aussi aux autres artisans, tous consommateurs d'au moins un type de ficelle ou de corde. Aujourd'hui la culture du chanvre a pratiquement disparue et le cordier avec elle.

La dentellière

LOCALISATION

En France, les dentellières sont très localisées. Citons tout d'abord Le Puy en Velay, tête de proue de la dentelle d'hier et d'aujourd'hui. Citons aussi la Normandie, Alençon bien sûr, mais aussi Caen. N'oublions pas non plus le Nord et le Pas-de-Calais avec Calais, Valenciennes, Caudry, Bailleul...

LA MATIERE

Le fil utilisé est du lin, de la laine, du chanvre ou quelquefois de la soie. Avant que les fils ne soient résistants, la dentellière travaillait à l'aiguille.

LES OUTILS

Ou plutôt, l'outil devrait-on dire ; car en pratique, l'unique outil de la dentellière est le carreau, aussi appelé tambour ou métier. Pour être complètement précis, il faut y ajouter les épingles à tête, les fuseaux (aussi appelés broquelets à Valenciennes ou bloquets à Lille), le dessin de la dentelle et surtout les mains de la dentellière, l'élément le plus important.

AU FIL DU TEMPS

C'est au XVème siècle que l'on commence à voir apparaitre la dentelle au fuseau. Son origine serait italienne. L'activité de la dentelle se développe jusqu'en 1639, date à laquelle un édit en interdit le port. Heureusement cet édit sera annulé. L'activité reprend jusqu'à la Révolution, avec au passage la création des manufactures royales par Colbert.

Chaque région possède son point : d'Alençon en Normandie, de Valenciennes en Artois et en Flandre, d'Esprit au Puy.

Napoléon 1er, puis Napoléon III relanceront l'activité. En 1830, le système Leavers (du nom de son inventeur anglais) est adapté au métier Jacquard ; la production entame une étape industrielle très importante, notamment à Calais. En 1910, il y avait 2708 métiers occupants 32000 ouvriers et ouvrières à Calais. Les métiers mécaniques produisent une dentelle de qualité proche de celle faite au fuseau ; un label "Dentelle de Calais" en fait foi.

Aujourd'hui, la dentellière au fuseau revient sur le devant de la scène ; des écoles sont créées et des cours de dentelle donnés, notamment au Puy et à Bailleul. D'ailleurs, au Puy, on n'attend qu'une chose : que la loi de 1903 imposant l'enseignement de la dentelle à l'école soit appliquée.

Le charpentier

LOCALISATION

Partout où un batiment se construit, on trouve un charpentier. Même si chaque village ne possèdait pas le sien, ils étaient tout de même nombreux surtout dans les villes où l'ouvrage ne manquait pas. Cathédrale, nef, ponts, châteaux, escaliers, grange, navire, moulin, le charpentier est toujours là.

LA MATIERE

Les meilleurs bois sont réservés à la charpenterie. Tout d'abord le chêne, le roi des arbres, très solide et ne pourrissant pas, mais très lourd. Ensuite le châtaigner, le préféré, dans lequel ni ver, ni araignée ne se mettent. Enfin le sapin , léger et moins onéreux, pour les solives et les poutres.

Comme il se doit, le bois est abattu lorsque la sève ne monte plus, c'est-à-dire à partir de novembre jusqu'en février, et, toujours selon les anciennes croyances, à la lune décroissante. Il doit avoir un fil le plus droit possible, sans noeud et avec très peu d'aubier.

Le bois doit être coupé très longtemps avant son utilisation. Auparavant, le bois était mis à flotter dans les fleuves et les rivières pendant des années ; cela permettait d'éliminer naturellement la sève, et le bois se chargeait de minéraux qui le rendait plus solide (voire même dur comme du béton pour le chêne).

LES OUTILS

Le travail commence par l'équarrissage des troncs qui se fait à la hache ou à l'aide de la doloire, la finition étant faite à l'aide de l'herminette. Autrefois, les troncs n'étaient pas sciés en long car le bois ne manquait pas et par commodité on pouvait éviter un sciage.

La construction était, en général, effectuées sur le lieu du chantier et non pas dans un atelier. La place ne manquait pas non plus et le charpentier traçait le dessin de la charpente sur le sol. Pour cela, il utilisait de la craie, une ficelle, un compas et une fausse équerre pour reporter les angles.

Pour creuser les mortaises dans les poutres, le charpentier utilise la bisaiguë, une longue lame, pourvue en son milieu d'une poignée et aux extrémités en ciseau d'un côté et en bedane de l'autre. Le guillaume servait à faire des feuillures droites. Le charpentier utilisait aussi les outils du menuisier : gouje, ciseau à bois, plane.

AU FIL DU TEMPS

Le métier de charpentier remonte à la nuit des temps. Joseph n'était-il pas charpentier de Nazareth ? Les Egyptiens connaissaient déjà les outils du charpentier et les charpentes romaines utilisaient déjà le principe des tenons et des mortaises.

Le terme de charpentier voit le jour au XIIIème siècle. En 1314, Philippe le Bel abolit leurs privilèges. Les charpentiers sont alors de "grande cognée" pour ceux qui travaillent le bois de charpente, et de "petite cognée" pour les ouvrages de menuiserie.

Depuis le Moyen-Age, les charpentiers sont une des branches les plus actives du Compagnonnage. C'est d'ailleurs à cette époque qu'ils ont produit des ouvrages remarquables

Le pont de Notre-Dame, construit en bois en 1413, supportait 65 maisons.

La charpente de la cathédrale de Paris, appelée la "forêt", était longue de 120 mètres, large de 13 et haute de 10 ; elle supportait 200 tonnes de toiture.

La flèche de la cathédrale d'Amiens repose sur une charpente de 109 mètres de haut.

On pourrait multiplier les exemples à l'infini. Le métier va atteindre sa plénitude au XVème siècle.

De nos jours le lamellé-collé est devenu le matériau des grandes chapentes. Mais on trouve encore en France beaucoup de charpentiers qui travaillent encore avec les méthodes ancestrales transmises par les Compagnons.

Le charron

LOCALISATION

Voila un métier dont on trouve trace dans le moindre village de la France profonde. Jusqu'à la dernière guerre, la charrette tirée par les chevaux, voire par les boeufs était encore bien présente dans les campagnes. Si on y ajoute les calèches, tombereaux et autres véhicules hippomobiles, ainsi que les réparations diverses, le travail était assuré pour un ou plusieurs charrons par village.

LA MATIERE

Le principal matériau du charron est le bois, mais pas n'importe quel espèce de bois. Durant l'automne, le charron repère les arbres qui seront abattus en hiver, comme il se doit, après les dernières montées de sève. Les troncs sont ensuite débités en planche et stockés en attendant le séchage. Le charron utilise essentiellement les essences de bois suivantes : Le chêne pour toutes les parties qui exigent une solidité à toute épreuve, l'acacia et le chêne sont utilisés pour la fabrication de la roue (jante et rayons). Le moyeu, quant à lui, est issu de l'orme, voire de l'orme tortillard (avec beaucoup de noeuds) dont les Charentes étaient de grands producteurs. Pour les autres éléments, moins importants, le sapin, le frêne ou le hêtre étaient utilisés.

LES OUTILS

Le travail du charron commence pendant l'hiver. A l'aide de différentes scies, il va débiter les arbres en planches, longerons et traverses de différentes tailles. Les longerons, taillés dans un seul arbre et long de sept à huit mètres, constituent la base de toute charette ; ce sont eux qui porteront la charge allant jusqu'à plusieurs tonnes. Leur extrémités, sur deux mètres, est arrondie à la plane pour former les brancards où viendra prendre place l'animal tracteur, cheval ou boeuf. La plane est un outil tranchant à deux poignées qui travaille comme un rabot ; par le passé, c'était un outil très utilisé. Le chassis de la charette, constitué de planches, était entièrement assemblé par tenons et mortaises. Les outils utilisés sont connus de tous les menuisiers : compas, villebrequin, gouje et ciseaux à bois.

Le travail le plus délicat était la fabrication des roues. Le moyeu de la roue, en orme, était dégrossi à la hachette et fini au ciseau à bois; le trou de l'axe était fait au moyen de tarières. Les rayons (plus souvent appelés rais) en chêne étaient ajustés à la plane. La jante était constituée de plusieurs parties (en nombre impair pour la solidité de l'ensemble) découpées dans des planches d'un dizaine de centimètres d'épaisseur. Chacune de ces parties recevait deux rayons.

Quand le charron n'avait pas de forge, il se rendait ensuite chez le forgeron pour cercler les roues. Ce travail était très délicat et devait être fait avec rapidité (pour ne pas brûler le bois) et précision (pour la solidité).

AU FIL DU TEMPS

A partir du moment où l'homme a utilisé la roue pour construire des véhicules, il y a eu des charrons. Ce métier existe probablement depuis plus de 4000 ans.

Les premiers carosses sont apparus au Moyen-Age. Les charrons faisent partie de la corporation des "entrepreneurs de carosses, coches, chariots, litières, brancards, calèches". Le statut de charron est officiellement reconnu en 1658 par Louis XIV.

L'âge d'or de ce métier s'est étalé sur plusieurs siècles. Il fallait un savoir-faire très grand, acquis pendant plusieurs années de compagnonage, puis ensuite encore plusieurs années de pratique. Le charron a suivi l'essor du monde rural, jusqu'au milieu du XXème siècle.

L'industrialisation des campagnes a signée son arrêt de mort.

Le sabotier

LOCALISATION

D'une manière générale, le sabotier travaillait dans les régions où il y avait des forêts et des bois ; C'est dire que, de tous temps, on a trouvé des sabotiers dans pratiquement toutes les régions de France. La difficulté de transport du bois obligeait le sabotier à s'installer aux abords de ces forêts, souvent avec toute sa famille, dans une hutte qu'il construisait sur place. Au XIXème siècle, lorsque l'usage du sabot se généralisa, chaque village eu besoin de son propre sabotier et celui-ci s'installa alors dans le village. Un ouvrier consommait alors cinq à six paires de sabots par an et l'ouvrage ne manquait pas. Le sabotier achetait son bois sur pied et le faisait transporter jusqu'à son échope.

LA MATIERE

Le sabotier abattait et débitait lui-même son bois. Il s'agissait souvent du bouleau, parfois de l'orme, du hêtre ou de l'acacia. Le sabot de "luxe" se fabriquait dans le noyer. Le peuplier était utilisé pour faire les sabots utilisés en milieu humide (notamment par les mariniers) car il évitait de glisser. Bien entendu, le chêne et le frêne étaient proscrits, car beaucoup trop pesants.

LES OUTILS

Une fois les bûches débitées, le sabotier dégrossissait la forme à la hache. Cette hache avait un manche très court terminé par une boule pour contrebalancer le poids du tranchant. L'herminette servait ensuite à dégager le talon. Le paroir, sorte de lame tranchante de 80 cm, fixée à une extrémité entrait ensuite en action dans les mains habiles du sabotier pour donner la forme extérieure définitive au sabot. Le creusage s'amorçait à la tarière, sorte de vrille de 40 cm, puis se finissait à la cuiller. Cet outil tranchant, qui ressemble à une cuillère comme son nom l'indique, pouvait avoir plusieurs gabarits. Le boutoir et la ruine (ou rouanne) permettaient d'accéder au fond du sabot pour la finition.

AU FIL DU TEMPS

Selon la légende, le premier sabotier aurait été saint René. Cet évêque d'Angers se serait retiré dans la solitude de Sorrente en Italie, vers l'an 440, pour façonner des sabots.

Au XVIIIe siècle, comme les charbonniers, les sabotiers vivaient en forêt et formaient un corps du compagnonnage.

Au début du XIXème siècle, pour éviter le "sabotage" - fabrication des sabots avec le bois des résineux - le métier fut réglementé et les ateliers durent être situés à une distance d'au moins une demi-lieue des forêts. Les sabotiers abandonnent alors la forêt pour s'établir dans les villages.

Le sabot connaîtra une période faste jusqu'à la Grande Guerre. Jusqu'à la seconde guerre mondiale, le déclin commence à s'amorcer. En 1950, la généralisation de l'usage du tracteur pour lequel les bottes sont plus pratiques que les sabots, donnera le coup de grâce aux sabotiers.

Le scieur de long

LOCALISATION

Parfois originaire d'une région de forêt comme le Limousin, souvent paysan d'une région de montagne (particulièrement l'Auvergne et le Massif central) où il n'y a pas d'activité l'hiver, le scieur de long part sur les routes dès l'automne, parcourt une quarantaine de kilomètres par jour, pour établir sa loge dans la forêt au côté du sabotier et du bûcheron. Après un rude hiver de travail, il rentrera chez lui, lesté d'un petit pécule qui lui permettra d'agrandir sa propriété.

LA MATIERE

Le scieur de long travaillait plusieurs espèces de bois suivant la demande des clients.

Il s'agissait souvent de chêne, de hêtre ou d'orme. Le chataignier était utilisé pour les charpentes car il a la propriété d'éloigner les insectes. Le coeur du tronc était utilisé pour produire les pièces importantes pour les charrons, comme les limonières qui devaient être très solides.

LES OUTILS

Après avoir été abattu, l'arbre est d'abord débité avec le passe-partout (scie à deux poignées avec une large lame), puis il est équarri avec une hache appelée bigeoir ou hache à peler. Le doleur intervient alors pour tracer les ligne de coupe avec une simple corde trempée dans un mélange de cendres et d'eau qui laissera une ligne noire sur le tronc. La coupe va pouvoir commencer. Il faut alors hisser le tronc sur la chèvre (aussi appelée mouton ou chantier) ; il s'agit d'une longue poutre solide qui repose à une de ses extrémités au sol et à l'autre sur 2 ou 3 pieux solidement fixés au sol. Le tronc y est maintenu par une cale et une chaine de telle façon qu'il dépasse de la moitié de sa longueur. La niargue (scie composée d'un cadre de 1m60 sur 1m, d'une lame tendu par un écrou et d'une poignée) est alors affutée, le chevrier monte sur le tronc tandis que le renard saisi la partie inférieure de la scie. Commence alors le va-et-vient de la scie, rythmé par la chanson du scieur de long ; le chevrier tire la scie vers le haut, le renard scie le tronc en redescendant. On procède ainsi pour toutes les lignes précédemment tracées, puis on fait la pause en trinquant, on retourne le tronc et la même opération recommence pour l'autre moitié. A 2 cm de la fin, la coupe est arrêtée ; les planches se sépareront d'elles-même lorsque le tronc sera jeté à terre, produisant du même coup la signature des scieurs de long.

AU FIL DU TEMPS

Les scieurs de long sont attestés dès le XVème siècle ; le métier a été très propère jusqu'au début du XXème siècle.

Comme pour beaucoup d'autres, l'industrialisation l'a fait disparaitre : ce fut d'abord l'apparition de scies à ruban, d'abord mues par la vapeur, puis par l'électricité, ensuite l'apparition du camion qui permettait de transporter les billes à la scierie où elles étaient ensuite débitées.

Le métier a disparu au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

Le tonnelier

LOCALISATION

La fonction principale du tonneau étant d'être rempli d'un liquide (de préférence alcoolisé, c'est-à-dire du vin ou de l'alcool), le tonnelier exerçait surtout dans les régions viticoles, notamment le grand sud-ouest de la France, la Bourgogne, mais aussi l'Alsace, la Champagne, les Charentes...D'ailleurs, il était souvent aussi un peu vigneron.

LA MATIERE

Le principal matériau utilisé est le bois de chêne, fendu en merrains par le merrandier dans les forêt du Limousin, du Tronçais (les deux forêts de chêne les plus connues de France) ou des Vosges. Le tonnelier utilise également des cercles de bois entourés d'osier, ou plus récemment des cercles de fers.

LES OUTILS

La première étape de la fabrication est le dolage qui consiste en la préparation des douelles qui serviront à fabriquer le tonneau. Le tonnelier utilise pour cela la plane et la colombe.

Vient ensuite l'assemblage ou bâtissage : le tonnelier réunit les douelles en tronc de cône, ceinturées à l'extrémité supérieure par une cercle provisoire. En utilisant l'asse et le chasse, un deuxième cercle est enfoncé à mi-hauteur. Lorsque la barrique a pris forme, elle est mouillée et un feu de copeau est allumé à l'intérieur. Quelques heures plus tard, à l'aide du bâtissoir (aussi appelé la botissoire), le tonnelier ressère les douelles à l'autre extrémité et met en place un troisième cercle (ou moule).

Différents rabots permettait d'égaliser , de chanfreiner, de creuser la rainure où viendra se loger le fond ; ils avaient pour noms rabot cintré, rabot jabloir ou jabloir ou ruelle, chanfrinière ou stockholm...

Le cerclage définitif était ensuite effectué ; les cercles étaient enlevés un à un, le fond était inséré en écartant les douelles avec le tire-fond ou chien, puis les cercles définitifs, en fer ou en bois étaient posés fermement.

Pour terminer, les bondonnières, grosses vrilles coniques emmanchées, servaient à percer les bondes. Le robinet ne sera fixé qu'au moment de la mise en perce.

AU FIL DU TEMPS

Le tonneau est connu chez nous depuis 2000 ans ; il servait à stocker des produits liquides (vin, bière, cidre, eau), mais également solides comme les grains, les salaisons et même les clous.

D'abord appelé charpentier de tonneau, le tonnelier a pris l'appellation qu'on lui connait au XIIIème siècle. Au moyen-âge, les rois avaient leur propres tonneliers, chargés d'entretenir les barils et les muids.

A Paris, au XVIIème, ils furent réunis aux déchargeurs de vin, les seuls qui avaient le droit de débarquer le vin qui arrivait par bateau. Le tonnelier de village était pratiquement le seul à fabriquer des tonneaux ou à réparer les vieux fûts des vignerons. Il était payé à la pièce.

L'utilisation récente des cuves en métal, puis en plastique a mis à mal la profession jusque dans les années 1950. L'élevage des vins sous bois, surtout dans le Bordelais a redonné la vie à cette profession.

Le charbonnier

LOCALISATION

Le charbonnier, comme beaucoup d'autres métiers du bois, pratiquait son métier dans les régions de bois et de forêt. Il s'agissait même pour lui d'une obligation, contrairement à d'autres occupations qui ont peu à peu migrées vers les villages. On retrouve des traces de charbonniers dans les Ardennes, dans le Limousin, en Bretagne et dans l'est, mais aussi dans d'autres régions françaises.

LA MATIERE

Il arrivait que le charbonnier débite lui-même son bois, mais le plus souvent c'était le travail du bûcheron. Les branches s'appelaient des charbonnettes. Il s'agissait de branches de charme, d'acacia ou de chêne, à défaut de chataignier. Le bouleau et le sapin étaient évités dans la mesure du possible pour leur moindre rendement. Le charbonnier ne mélangeait jamais différentes espèces dans la même meule.

LES OUTILS

Tout d'abord, le charbonnier prépare l'aire de travail, en aplanissant la surface avec pioche et pelle. La brouette qui lui permet d'amener le bois sur place est très large pour pouvoir y transporter des bûches de 1 mètre. Le charbonnier étale ensuite une couche de copeaux, plante un poteau de bois et batît autour sa meule, sorte de cône constitué de plusieurs couches de bûches d'un même bois. La meule est ensuite recouverte de terre, d'herbe et de mousse, puis le poteau central est ôté et le charbonnier verse dans le trou laissé libre quelques pelletés de braise. Commence alors la lente combustion du bois et la surveillance de la meule, qui vont durer plusieurs jours (et nuits). La couleur de la fumée indique le terme. La meule est alors étouffée ; puis lorsqu'elle est refroidie, le charbonnier retire alors le charbon de bois à l'aide d'un crochet en fer et utilise un large rateau en métal pour l'étaler.

AU FIL DU TEMPS

Au XVIIème siècle, les charbonniers fabricaient déjà le charbon de bois dans les forêts françaises. Le charbon de bois était très utilisé dans les forges pour son fort pouvoir calorifique. Cette époque de "plein emploi" dura jusqu'à la fin du XIXème siècle, période à laquelle l'extraction du charbon des mines de l'est et du nord prit la formidable expansion qu'on connait. Malgré l'usage de four en fer pour améliorer le rendement, le charbon de bois céda du terrain. La seconde guerre mondiale donna lieu à un sursaut du métier pour cause d'alimentation des gazogènes. Aujourd'hui, on ne produit plus de charbon de bois à l'ancienne, mais il est encore utilisé, notamment dans nos barbecues, mais aussi comme isolant, filtre, conducteur...

Le tanneur

LOCALISATION

Les tanneries étaient souvent situées près d'une rivière ou d'un cours d'eau, car les lavages successif nécessitent beaucoup d'eau. Bien entendu, la proximité des lieux d'élevage facilitait l'approvisionnement en matière première

LA MATIERE

Au départ de tout cuir, on trouve la peau d'un animal. Les plus utilisées étaient celles des boeufs, veaux, vaches, moutons et autres chèvres. On pouvait aussi tanner, plus rarement, les peaux d'ânes,de chevaux ou de mulets. Plus près de nous, on tanne toutes les peaux d'animaux (dans la limite des lois, bien entendu) ; cela peut aller du félin à l'alligator, en passant par le rat, le lézard ou le daim. On peut même voir dans une tannerie du nord de la France, une peau d'éléphant !

LES OUTILS

Les peaux des animaux étaient stockées dès leur livraison, après salaison. La première étape, qui ne nécessite que de l'eau, consistaient donc en un lavage minutieux afin de les débarasser du sel, et de les ramollir. L'étape suivante était le pelanage, qui consistait à tremper les peaux dans un bain de chaux afin de faciliter la chute des poils. Vient ensuite le travail du drayeur ; celui-ci, penché toute la journée sur le chevalet enlève les résidus de chair et les impuretés de la peau à l'aide d'un boutoir, lame à deux manches. Les poils sont également ôtés ; ils serviront de bourre pour le bourrelier.

La peau est ensuite nettoyée à l'aide de la lunette à parer, outil en forme de disque, tranchante à l'extérieur.

Les peaux sont ensuite tannées, c'est-à-dire qu'on les fait tremper dans des cuves avec le "tanin" (à l'origine : extrait de tan obtenu à partir de l'écorce de chêne broyée). Cette opération pouvait durer plusieurs mois. Les tanneurs disaient : "Pour faire un bon cuir, il faut du tan et du temps". Plus tard, à l'époque industrielle, les cuves seront remplacées par d'énormes tonneaux rotatifs motorisés, appelés foulons.

Les peaux sont ensuite rincées.

Elles subiront ensuite différents traitements visant à leurs donner la qualité recherchée (teinture, nourriture, déridage, séchage) ; c'est la travail du corroyeur.Le finissage viendra ensuite compléter le corroyage ; il y a d'abord le palissonage (étirement pour donner de la souplesse), le ponçage, la pigmentation.

AU FIL DU TEMPS

L'homme a utilisé les peaux d'animaux depuis qu'il est sur terre, d'abord pour s'abriter, puis pour se vêtir. Toutefois à l'origine les peaux n'étaient pas traitées, mais seulement fumées et séchées ; elles devaient donc être remplacées souvent. L'une des fonctions du tannage est de rendre la peau imputrescible.

Il semblerait que le tannage ait été connu des égyptiens et des chinois. En France le tannage aurait été introduit par les templiers. La technique du tannage végétal connait son plein essor à partir du XVIIIème siècle.

A la fin du XIXème siècle, l'industrialisation permet de réduire le temps de traitement pour le faire passer de plus d'une année (voir deux) à quelques semaines.

Aujourd'hui les traitements chimiques ont sonné le glas de la tannerie traditionnelle. Il ne subsiste plus que quelques dizaines de celle-ci en France.

Le bourrelier

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A la campagne, les bourreliers sont nombreux dans les régions de forte agriculture (Nord, Beauce,...) où les bêtes de somme, chevaux mais aussi boeufs et âne, leur procurent amplement du travail. On trouve aussi le bourrelier, sellier celui-là, dans les bourgs et villes où les chevaux de trait et de selle sont plus nombreux, notamment à partir du XVIIIème siècle avec le développement de la diligence, des carrosses et autres malles-postes.

LA MATIERE

La principale matière travaillée par le bourrelier est le cuir de boeuf ou de vache qui, lorsqu'il est de bonne qualité, est le plus résistant. Pour certaines pièces, il utilisait parfois le cuir de mouton. Le bourrelier devait aussi utiliser différents tissus, toiles caoutchoutées, moleskine. Pour fabriquer les colliers, il devait également travailler le bois et utiliser des clous, rivets, ferrures et autres pièces de métal, ainsi que de la bourre (poils d'animaux ou fillase de chanvre) - d'où le nom de ce métier.

LES OUTILS

Le bourrelier utilisait un couteau mécanique avec une réglette pour découper des lanières de cuir. Pour les coutures, une molette ou roulette équipé d'une roue crantée permettait de tracer la ligne de couture. L'alène perçait les trous, puis la couture proprement dite était effectuée avec des aiguilles de différentes tailles. Le travail était peaufiné à l'aide du formoir et du lissoir.

Le bourrelier utilisait également le couteau à pied, aussi appelé guillotine, pour la mise en forme et l'affinage du cuir, ainsi que des outils plus classiques tels que compas, marteau et emporte-pièce, pinces et tenailles.

AU FIL DU TEMPS

Le métier de bourrelier est très ancien. Il serait apparu en France au IVème siècle. En 1268, les statuts de la corporation indiquent qu'ils sont "faiseurs de colliers à cheval et de dossières de selle et de tout autre manière de bourrellerie". A partir de 1400, chaque apprenti peut devenir maître après avoir accompli son chef-d'oeuvre, en l'occurence un harnais complet. Plus tard, la corporation se divisa en bourrelier (dans les campagnes) et sellier (plus citadin).

Avec l'apparition des machines, les chevaux ont disparus de nos campagnes et, avec eux, le bourrelier s'est éteint. Aujourd'hui, le métier ne subsiste plus que pour les chevaux de monte.

Le maréchal-ferrant

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Depuis que l'homme vit en compagnie du cheval, le maréchal-ferrant a exercé son art. Il a été présent dans chaque ville et dans chaque village. Sachant qu'il ferrait les chevaux, mais aussi les ânes et les boeufs de trait et que chaque village en comptait plusieurs centaines, on imagine que le métier était très developpé, essentiellement dans les régions de grandes cultures, mais aussi, plus tard, dans les villes avec l'avènement des diligences et autres omnibus.

AUTOUR DE LA MARECHALERIE

L'enseigne : Typique de ce métier, l'enseigne du maréchal-ferrant, telle une rosace, est souvent constituée de différents fers soudés ou assemblés en rond pour former ce qu'on appelle "le bouquet de saint Eloy".

Le travail : Le plus souvent, le ferrage s'effectue librement avec un animal docile. Pour les animaux plus difficiles, le maréchal-ferrant utilise le travail. Sans constituer réellement un outil, le travail , aussi appelé "travail à ferrer", est un bati dans lequel le cheval est entravé à l'aide de sangles.

LES OUTILS

Le premier travail est d'enlever l'ancien fer. Pour cela le maréchal-ferrant utilise les tricoises, sortes de tenailles à long manche. Ensuite l'excédent de corne est enlevé avec le boutoir et le "rogne-pied", outils formés d'une lame, en s'aidant de la mailloche qui est le mateau typique du maréchal-ferrand (aussi appelé brochoir ou marteau à ferrer). Pour terminer le parage du sabot, le dessous est nettoyé avec la rainette et les côtés limés avec la rape.

Pendant ce temps, le fer chauffait dans la forge ; il était à la bonne température lorsqu'il devenait d'un rouge soutenu. Le maréchal-ferrant l'ajuste alors sur le sabot, opération caractérisée par l'odeur de la corne brûlée. Au besoin, le fer est ajusté, puis, il est mis en place et broché avec des clous à tête carrée. Il fallait enfoncer les clous sans blesser le cheval. Les pointes des clous sont ensuite coupées et la partie restante replié dans le sabot. Un dernier coup de rape pour la finition...

Il fallait compter environ 20 minutes par fer. Quant l'ouvrage est terminé, le maréchal-ferrant regarde toujours le cheval partir pour s'assurer que le travail est correct.

AU FIL DU TEMPS

Le ferrage des animaux de trait apparait aux Xème et XIème siècles. Dans les écuries royales du moyen-âge, le métier, à l'origine militaire, se transmet de génération en génération. Il donnera naissance au maréchal des logis de la cavalerie. Un écuyer du Roi donnait cette définition du métier : "Le parfait maréchal qui enseigne à connaître la beauté, la bonté et les défauts des chevaux, les causes et les signes de maladies, les moyens de les prévenir, le bon et le mauvais usage de la purgation et de la saignée, la ferrure sur les dessins des fers qui rétabliront les méchants pieds et conserveront les bons". Le terme de maréchal-ferrant n'est apparu qu'au XIIème siècle. Il avait l'exclusivité du soins des chevaux jusqu'à la création des écoles vétérinaires en 1825.

Le distillateur ambulant

LOCALISATION

Sa passion le prédestine aux régions viticoles tout d'abord ; le sud-ouest et l'ouest de la France (région de Cognac), mais aussi l'Est (Alsace). Mais on le trouve aussi très présent en Normandie, Picardie et même dans le Nord, régions de production des pommes et du cidre, qui donnent la fameuse "goutte". Il est aussi présent dans certaines régions du sud, dans lesquelles on fait de l'eau-de-vie de fruit, notamment de prunes.

LA MATIERE

Le nombre d'eau-de-vie de France est à l'image de ses régions : varié et infini. On ne saurait parler d'eau-de-vie sans évoquer le cognac et l'armagnac (tirés du vin) et leur cousin normand, le calvados (tiré du cidre) dont on trouve les premières traces en 1553.

Viennent ensuite les eau-de-vie de marc (tirées du marc de raisin, c'est-à-dire du reliquat de la vinification), spécialités de la Bourgogne et de la Franche-Comté. N'oublions pas le marc de Champagne et, en Alsace, le marc de Gewurstraminer.

L'alsace est d'ailleurs la région des eau-de-vie produites à partir de fruits, quetsches, mirabelles, poires, cerises (qui donne le Kirsch). Dans les Vosges, les fruits sont plutôt la framboise, la prunelle, la myrtille et même le sureau, le sorbier et le houx.

Pour terminer, de façon non exhaustive, citons la Flandre et l'Artois, pays du Genièvre, qui est la seule eau-de-vie de grain française.

LES OUTILS

La pièce maitresse de l'outillage du distillateur ambulant, c'est l'alambic. Il en existe de différentes tailles, depuis le plus petit utilisé par un seul fermier et souvent composé d'une simple marmite et d'un serpentin, jusqu'aux plus imposants, munis d'une chaudière et installés sur une charette.

Certains de ces alambics (dits "à repasse") fonctionnaient suivant le vieux principe de la double distillation : le marc est versé dans une première chaudière, chauffée par un feu de bois ; le liquide produit est ensuite versé dans la deuxième chaudière, où la distillation donne l'eau-de-vie. On y ajoute ensuite de l'eau pour diminuer les 60 à 70 degrés d'alcool produits.

Notre homme utilise aussi différents entonnoirs, le plus souvent en cuivre, qui servent à mettre l'eau-de-vie en bonbonne au sortir de l'alambic. Le pèse-alcool permet quant à lui de mesurer le degré de l'alcool produit. Rappelons que cette production est strictement règlementée.

AU FIL DU TEMPS

L'invention de l'alambic et du principe de la distillation datent d'il y a mille ans. C'est aux Arabes que nous les devont : "Les premiers alambics servirent à fabriquer le fard à paupières connu sous le nom de khôl. Curieusement, quand les Arabes commencèrent à distiller le vin, ils donnèrent le même nom au produit obtenu : al khôl, «la chose subtile".

Plus tard, au XIIIème siècle, les alchimistes développèrent la science de la distillation. Pour eux, l'alcool était la première étape vers l'élixir de vie éternelle ; c'est de là que lui vient sa dénomination d'eau-de-vie.

La tradition de la distillation du marc pour sa consommation personnelle s'est développé et maintenue jusqu'à notre époque. Chaque agriculteur avait auparavant le droit de distiller pour son propre compte 1000 degrés d'alcool pur, soit 20 litres à 50° ; c'était le privilège du bouilleur de cru.

Ce privilège était héréditaire ; il a été supprimé en 1960 sauf pour ceux qui le détenait alors avec la possibilité de le transmettre à leur conjoint. Si vous croisez un distillateur ambulant, regardez-le bien, car bientôt ce métier aura disparu du paysage de nos campagnes.

Le rémouleur

LOCALISATION

Souvent originaire d'une région pauvre, le rémouleur part sur les routes chercher un hypothétique complément de revenu. Un voyage qui durait de Février à Novembre, soit une dizaine de mois et qui amenait le rémouleur à parcourir plus de 1000 km pendant cette période.

LES OUTILS

L'équipement du rémouleur a évolué au fil du temps pour devenir à la fin un engin relativement sophistiqué (quand il avait les moyens de l'acheter).

Au début, il s'agissait d'un simple bati, muni d'une lourde meule de grès, souvent actionnée à la main par un apprenti. Le bati était transporté sur le dos au moyen de sangle. Plus tard, une brouette a rendue le transport moins fatiguant ; le rémouleur y ajoute une réserve d'eau pour lubrifier la meule, et par la suite, la fameuse pédale qui lui permettra d'actionner lui-même la meule à l'aide du pied.

Ensuite la brouette est devenue une charette plus évoluée, mais toujours tirée par le rémouleur. La taille du support s'agrandissant, on y ajoute un étau pour affûter les scies, une petite enclume et un marteau pour redresser les lames tordues ; ensuite viendra le temps de la démultiplication de l'entrainement au moyen d'une grand roue et d'une courroie, des tiroirs pour ranger les outils.

AU FIL DU TEMPS

Le métier de rémouleur est très ancien ; on en retrouve les premières traces aux environs de 1300.

Au début du XVème siècle, la corporation des esmouleurs de grandes forces détient le privilège d'aiguiser les ciseaux des tondeurs de drap (appelés "grandes forces") ; elle reçoit de Charles VI des statuts précis et rejoint la corporation des couteliers à la fin du XVème siècle. Au fil des siècle, la profession va se développer.

En 1807, la loi leur fait obligation d'avoir un passeport pour sortir de France, mais aussi pour voyager en France. Le métier vivra jusqu'au milieu du XXème siècle. Par la suite, la qualité des aciers et leur traitement vont rendre l'affutage de plus en plus rare.

Le vannier

LOCALISATION

L'osier est un saule qui se développe dans un milieu humide (près des rivières et dans les régions marécageuses). Les régions de prédilection du vannier sont la Picardie, les Ardennes et le nord-est de la France. Toutefois, le vannier était aussi amené à prendre la route pour écouler sa production ; il devenait alors un colporteur qu'on retrouvait partout en France.

LA MATIERE

Par le passé, la matière numéro un était l'osier, issu du saule. Il faut planter plus de 100.000 pieds pour un hectare d'oseraie. La pousse s'effectue en trois mois, période pendant laquelle le plant atteint 2,50m. L'osier était récolté pendant les mois d'hiver, en tout cas avant la montée de la sève. Ses branches étaient écorcées, trempées, puis séchées longuement au soleil. Il est ensuite mis en bottes de 20 à 30 kg. Une oseraie peut produire 1000 kg d'osier par hectare pendant une vingtaine d'années. Le vannier utilise également du noisetier ou du coudrier pour constituer l'armure du panier, autour de laquelle sera ensuite tressé l'osier.

LES OUTILS

Le vannier se contente d'un outillage restreint : Le fendoir est un outil en buis servant à fendre l'osier. Les poinçons servent à faire des trous dans les fonds.

Un couteau vient compléter cet outillage rudimentaire, mais suffisant au vannier. En fait l'outil principal est la main.

AU FIL DU TEMPS

Le van en osier a donné son nom au métier.

Le grain était mis dans le van, qui était secoué à l'aide des poignées. La balle, c'est-à-dire la paille résiduelle, était emportée tandis que le grain restait dans le van.

Ce travail était très long et très fatiguant.

L'origine de la vannerie se perd dans la nuit des temps ; on a retrouvé des poteries primitives modelées sur des formes en vannerie, ensuite brûlées.

La corporation des vanniers a été organisée sous le règne de Louis XI ; elle était divisée en vanniers mandriers, vanniers clôturiers, et vanniers faissiers.

Le terme de vannerie est apparu au XIIIème siècle ; il vient du mot "van" qui désigne un panier plat aux bords relevés, muni de 2 poignées qui permettait de séparer le grain de la paille.

C'est au XIXème siècle que la vannerie a connu un essor formidable ; pour trouver de nouveaux débouchés, les vanniers doivent sans cesse innover et trouver des objets nouveaux.

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