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S'il y a un trait commun aux orchidophiles du monde entier, c'est l'importance extrême qu'ils accordent à l'identification de leurs plantes. En effet, chez les orchidées, le nom veut tout dire.

La première orchidée hybride, le Calanthe Dominy, fut inscrite dans un registre officiel en 1860 en Angleterre, par Joseph Dominy. Depuis toutes les orchidées botaniques (espèces et hybrides naturels) et tous les hybrides ont été inscrits dans le dictionnaire des orchidées, le Sander's ListoHybrid Orchids. Celui-ci est constitué de sept volumes qui relatent toute l'histoire de l'hybridation. Maintenant accessible sur système informatisé CD-ROM, il constitue une exclusivité en horticulture. Il relève de l'autorité du Directeur du registre de la Royal Horticultural Society (RHS).

Cet instrument est non seulement utile, mais aussi essentiel à la culture des orchidées. En effet, il est possible d'identifier les ancêtres d'une orchidée. hybride obtenue récemment. L'orchidées constituant la plus grande famille de plantes à fleurs, les croisements possibles, ru seulement d'espèces différentes mais aussi c genres différents, sont infinis. Pour en connaître le plus possible sur les soins à prodiguer à une plante, il est essentiel d'identifier les parents d'un croisement. Indispensable à l'hybrideure, l'identification d'une orchidée est une sorte de garantie qui doit toujours accompagner la plante.

L'identification est essentielle

Chez les orchidées, une plante sans identification est une plante perdue. S'il s'agit d'une espèce ou d'un hybride naturel, il est possible de l'identifier lors de la floraison et d'en déduire les modes de culture. Dans le cas des hybride c'est une tout autre histoire. C'est ce problème qui a retardé, et retarde encore, l'utilisation de l'orchidée comme plante de culture courante dans la maison. Faute d'indications claires, le distributeur, comme le consommateur, ne savent comment cultiver un hybride complexe.

Afin de m'assurer de conserver à chaque plante de ma collection une identification correcte, j'utilise plusieurs étiquettes ainsi que des numéros de référence sur la plante et dans son pot. Puisque toutes les orchidées sont identifiées et qu'elles ont une histoire documentée, l'étiquette constitue en quelque sorte une garantie de qualité. Les étiquettes écrites à la main valent mieux que l'absence d'identification, mais l'étiquette d'origine constitue une meilleure garantie.

Les étiquettes des maisons reconnues {Marcel Lecoufle, Vacherot-Lecoufle, Carrnela Orchids, Zuma Canyon, etc.) ont l'assentiment des amateurs. Ceux-ci accordent une grande confiance à une plante portant une étiquette d'origine. Certains orchidophiles conservent parfois l'étiquette originale en un lieu sûr, la rem- plaçant par une étiquette maison durant les périodes de culture.

 Les noms des espèces botaniques

Suivant la classification établie pour toutes les plantes par Cari Von Linné, les noms scientifiques des orchidées indigènes sont composés du genre et de l'espèce. A priori, ces noms font toujours peur par leur difficulté de prononciation et leur longueur, parfois déconcertante. Ils sont souvent remplacés par des appellations plus communes qui peuvent cependant s'appliquer à plusieurs plantes bien différentes. Au débutant comme au professionnel en horticulture, je recommande d'apprendre un nom par jour. C'est simple. et au bout d'une année, cela en fait quelques-uns. Le nom de genre prend toujours la majuscule. Chez les orchidées, il est souvent sous forme abrégée. (cliquez ici pour la liste des abréviations)Les Cattleya sont abrégés en Cat., les Phalaenopsis en Phal., les Paphiopedilum en Paph., les Oncidium en Onc., etc. Il existe plus de 750 genres chez les orchidées, chacun regroupant un nombre d'espèces différent. Le nom de l'espèce suit, en minuscules, le nom du genre. A titre d'exemple, dans Phalaenopsis schilleriana, le premier mot (Phalaenopsis) désigne le genre, le second (schilleriana) l'espèce. Dans le même genre, il est possible d'observer plusieurs espèces différentes. Le genre Epidendrum regroupe plus de mille espèces différentes.

Ces noms ne sont pas choisis au hasard. Ils décrivent en quelque sorte certaines caractéristiques du plant ou dérivent du nom de l'auteur qui l'a introduit.

Les noms des hybrides

S'il ne s'agit pas d'une espèce ou d'un hybride naturel, la plante est alors un hybride complexe. La désignation d'un hybride doit suivre les mêmes règles. Le nom du genre auquel l'hybride appartient apparaît d'abord, en italique, débutant par une lettre majuscule et est toujours à consonance latine. Puis, vient le nom de l'hybride lui-même. Par convention, pour le distinguer de l'espèce, il est en caractères réguliers et n'a pas de consonance latine. Ainsi, Paphiopedilum Suzan Booth est un hybride complexe. On réfère souvent à cette dénomination de l'hybride comme étant son nom de "grex". Tous les hybrides issus du  croisement entre deux parents portent le même nom de "grex", même si ces plantes hybrides issues du croisement n'ont pas les mêmes caractéristiques.

Les clones

II existe une différence parfois marquée entre les descendants d'un même croisement. Tous les plants, produits par les millions de graines de semences issues d'une même gousse, n'ont pas exactement le même bagage héréditaire. Il en est ainsi dans la nature.

 Si l'on reprend l'exemple précédent, il est possible de recréer des Paphiopedilum Suzan Booth à répétition lors de différents croisements, mais il est très peu probable qu'ils soient tous identiques. Certains présenteront des caractéristiques florales différentes et très intéressantes. Afin de les distinguer, un nom de clone leur est donné. Il suit, sur l'étiquette, celui de l'hybride de la façon suivante: Paphiopedilum Suzan Booth 'Jean-François'.

Cette dénomination désigne un plant bien précis, dont seules les divisions, ou les clones, peuvent porter le nom complet. Ainsi, un Phalaenopsis Orchid World 'Carmela' présente des caractéristiques florales différentes d'un Phalaenopsis Orchid World 'N° 5'.

Les succès

Parmi les concours d'orchidées qui se tiennent périodiquement à travers le monde, ceux des grandes sociétés d'orchidophilie comme la Royal Horticultural Society (RHS),I'American Orchid Society (AOS) et le World Orchid Congress (WOC) sont les plus réputés. Les règles de jugement de qualité des plantes y sont sévères, objectives et strictes. Les plantes sont évaluées en fonction de leur taille, de leur beauté, de leur allure générale mais aussi en fonction de leur floraison en comparaison avec la plante identique qui a obtenu la  plus haute marque lors des jugements antérieurs à travers le monde. Un catalogue de tous ces plants est tenu à jour par la RHS et des publications trimestrielles ainsi qu'une mise à jour annuelle de la banque sur CD.ROM en assurent la diffusion.

Les fleurs font l'objet d'une étude détaillée de leur forme, de leur couleur, de leur substance, de leur présentation, etc. Lorsqu'un certificat de mérite est décerné à un clone, il est automatiquement rajouté à son nom officiel. Un certificat de mérite FCC (First Class Certificate) est la plus haute distinction décernée. Suivent les AM (Award of Merit), HCC (Highly Commended Certificate) ou encore les médailles d'or, d'argent ou de bronze. Ainsi, une étiquette présentant les mots suivants: Paphiopedilum Suzan Booth 'Jean- François' AM/AOS, identifie un hybride complexe de Paphiopedilum dont le clone 'Jean- François' a remporté un certificat AM (Award of Merit) lors d'une exposition sanctionnée par les juges officiels de l'American Orchid Society (AOS). Qu'il suffise de mentionner que la formation d'un juge à l'AOS nécessite plus de sept ans pour faire comprendre le sérieux que les producteurs accordent aux jugements et à ces certificats de mérite reconnus à travers le monde entier. L'étiquette en dit donc très long sur la plante et on n'insistera jamais assez sur l'importance particulière qu'elle a dans le monde des orchidées.

 

Tiré de "Fleurs Plante Jardins Plus, No 1"

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