Johanne Bélisle, Centre des femmes de Montréal

2,3 millions $ à trouver pour moderniser et agrandir les installations

Jean-Louis Marcoux
Article: www.journaledition.com/2002/fr02.johanne_belisle.htm


Lorsque Johanne Bélisle est arrivée au Centre des femmes de Montréal en 1987, à titre de coordonnatrice du service de première ligne, 18 employés répondaient à environ 13 000 demandes par année. Quinze ans plus tard, 46 employés répondent à quelque 35 000 demandes annuellement, et tout cela dans les mêmes locaux.

« Nous devons refuser de la clientèle faute d'espace », déplore la travailleuse sociale et aujourd'hui directrice générale du Centre des femmes. C'est pour cette raison qu'elle s'est engagée dans une campagne de financement pour un important projet de rénovation et d'agrandissement du 3585 de la rue Saint-Urbain.

Les travaux prévus, estimés à 2 345 723 $ incluant les frais d'aménagement, les permis et le financement, consistent à rénover la vieille partie de l'édifice datant de 1856 et construit par Trefflé Berthiaume, l'un des premiers propriétaires du journal La Presse, ainsi que de construire à l'avant une annexe pour laquelle l'autorisation a déjà été obtenue.

« Il en va de la survie du Centre des femmes de Montréal », souligne Johanne Bélisle, qui espère commencer les travaux avant l'automne. «Il s'agit là d'un défi de taille mais réalisable.» Selon elle, l'édifice pourra rassembler sous un même toit tous les services du centre, qui logent actuellement à différents endroits. Les principaux objectifs visés sont de rendre l'espace plus sécuritaire, assurer la confidentialité grâce à des salles fermées, accroître les services en fonction du nombre de demandes et les réunir sous un même toit.

Selon Johanne Bélisle, il s'agit « d'une campagne ciblée vers les fondations familiales, les entreprises privées et les différents palliers gouvernementaux. »

Quatre grands défis sociaux
Par l'entremise de ses services directs, le Centre intervient dans les domaines suivants : pauvreté des femmes et de leur famille, violence conjugale et abus sexuels, aide à l'intégration des nouvelles arrivantes et de leur famille, intégration des femmes au marché du travail, formation professionnelle et éducation populaire.

Le Centre des femmes a défini quatre grands défis sociaux touchant sa clientèle au cours des cinq prochaines années : la pauvreté, les difficultés reliées au vieillissement de la population, l'immigration et la violence faite aux femmes.

« Les demandes augmentent d'une année à l'autre, remarque Johanne Bélisle. La pauvreté continue d'être un enjeu majeur pour les femmes de la région de Montréal. Pour ce qui est du vieillissement de la population, le phénomène a déjà un impact particulier sur les femmes. » Elle souligne également les difficultés rencontrées par les femmes immigrantes. « Et le flot d'immigrant(e)s continue d'augmenter en raison de problèmes mondiaux », ajoute-t-elle.

Depuis sa fondation, il y a plus de 28 ans, le Centre des femmes de Montréal est venu en aide à plus d'un demi-million de femmes de la grande région métropolitaine en leur fournissant les outils dont elles ont besoin pour s'aider elles-mêmes.

Le dernier-né, la Cinquantelle


La Cinquantelle: Mia, Louise, Micheline, Danielle, Bouchra et Diane

En 1998, le Centre des femmes créait La Cinquantelle afin de regrouper et soutenir les femmes de 50 ans et plus dans une démarche individualisée de prise en charge et d'amélioration de leur qualité de vie.

En octobre 2001, à travers M. Donald Daigle, l'organisme se voyait confier par Emploi Québec et Développement des ressources humaines Canada le mandat de sensibiliser les employeurs et le grand public à la nécessité économique et sociale d'embaucher et de maintenir en emploi les femmes de 55 à 64 ans dans un projet pilote PPTA.

Selon Bouchra Klaoua, coordonnatrice de la Cinquantelle, ces femmes seront encore plus nombreuses dans les années à venir. « Elles ont de plus en plus besoin de travailler, leur avenir est entre les mains des employeurs. Ceux-ci ont besoin de cette main-d'œuvre. Ils doivent leur donner la chance de montrer ce dont elles sont capables. »

Par cette campagne de sensibilisation, elle espère ainsi changer la perception des employeurs et des syndicats face au vieillissement de la main-d'œuvre et au rôle des travailleuses d'expérience dans l'entreprise.

Selon Bouchra Klaoua, plusieurs facteurs expliquent cette présence croissante des femmes de 55 à 64 ans sur le marché du travail. « Les hommes ont des régimes de retraite plus intéressants que les femmes, qui ont souvent dû rester à la maison et qui ont été cantonnées à des postes précaires : travail secondaire, à temps partiel, à contrat, etc. À 50 ans, elles se retrouvent obligées de continuer à travailler ou de retourner sur le marché du travail. »

Centre des femmes de Montréal
3585, rue Saint-Urbain
Montréal, QC
H2X 2N6
Téléphone :
(514) 842-1066
Télécopieur :
(514) 842-1067
E-MAIL: jbelisle@centredesfemmes.com
Site Internet: Centre des femmes de Montréal

La Cinquantelle
3585, rue St-Urbain
Montréal, QC
H2X 2N6
Téléphone :
(514) 284-2023
Télécopieur :
(514) 284-2243
E-MAIL: cinquantelle@centredesfemmesdemtl.org
Site Internet: La Cinquantelle


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JOHANNE BÉLISLE

• Lieu de naissance : Montréal.

• Le plus beau souvenir professionnel : Sa participation comme conférencière lors du premier colloque international sur la violence conjugale, au Chili, après le régime Pinochet.

•Prochains défis : Amasser 2,3 M $ pour rénover et agrandir la maison qu'occupe le Centre des femmes de Montréal.

•Sa passion : Les gens. Elle aime les voir évoluer, s'épanouir et grandir.

•Sa plus belle réussite : Sêtre entourée d'une équipe compétente, dévouée et diversifiée et avoir réuni, en 1993, plus de 200 personnes venues de partout au Québec pour le premier colloque en intervention auprès des adultes qui ont vécu l'inceste.

•Ce qu'elle déteste le plus : L'injustice.

•Ses conseils aux jeunes femmes d'affaires : Rester soi-même, ne pas vouloir chausser les souliers d'un ou d'une autre, savoir s'entourer, se trouver un mentor, être à l'écoute des autres et persévérer.

•La personnalité à qui elle s'identifie : Sa mère et sa grand-mère maternelle, deux femmes extrêmement courageuses. Sur le plan professionnel, Michèle Thibodeau-DeGuire, présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal.

•Son livre préféré : « Ma vie comme une rivière », de Simone Monet-Chartrand.

•Sa personnalité féminine de l'année : Danielle Sauvageau instructeur de l'équipe de hockey féminin du Canada, qui a fait un travail de mobilisation exceptionnel, et Sophie Thibaut, chef d'antenne TVA.

 

BOUCHRA KLAOUA

• Lieu de naissance : Meknes, au Maroc.

• Le plus beau souvenir professionnel : Avoir mis sur pied une entreprise de lingerie féminine qui a fini par occuper 800 personnes et qui est devenue une multinationale.

•Prochains défis : Continuer à réussir sa vie professionnelle.

•Sa passion : La cuisine et les voyages.

•Sa plus belle réussite : Son intégration au Canada où elle vit depuis sept ans.

•Ce qu'elle déteste le plus : Végéter et ne pas évoluer.

•Ses conseils aux jeunes femmes d'affaires : Persévérer et ne jamais laisser tomber.

•Son livre préféré : « Cette aveuglante absence de lumière », du poète et romancier marocain Tahar Benjelloun.

•Sa personnalité féminine de l'année : Louise Harel, première femme à avoir été nommée présidente de l'Assemblée nationale.

 

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