Lorsque un esprit de cette dimension s'exprime de façon critique
sur son époque et que la portée de son jugement, vaut pour la nôtre,
il y a lieu de se persuader, plus que jamais, de deux choses :
nous vivons toujours le temps de promesses vaines, comme
toujours est avéré que nombre de nos acquis passent pas
l'investissement personnel.
Pourquoi, dans une société méthodique, un grand poste de
gestion parfaitement délimité comme la médecine officielle, a
priori détentrice du complet et actuel savoir touchant aux
maladies, laisse-t-elle à la traîne des millions de patients
dont l'aspiration élémentaire qui est la leur est d'être et
de façon suffisamment durable en santé
?
Comment se fait-il, que pris en compte le volume global des
pathologies en cours, aussi en compte la relative déferlante
des moyens d'intervention qui leur sont opposés, l'on n'assiste
pas insensiblement mais de façon finalement notoire, à la
diminution de ce volume maléfique ? Faisons simple : vous avez
soif, très soif, voire très très soif ! Vous vous présentez à
la fontaine et... vous buvez. Quelque importante sera l'eau que
vous ingurgiterez, viendra un moment où vous cesserez de boire, votre
problème étant résolu par usage de ce qui convenait.
Proposer que plus buvant, vous auriez eu de plus en plus soif,
vous ferait sourire : votre expérience personnelle à
l'appui.
Or, c'est bien ce qui se produit en matière de soins, le plus les
services et leurs adjuvants se multiplient, le plus le volume des
maladies croît. Plus on se soigne, le plus on se soigne et
n'en finit plus la quête du minimum souhaité. La preuve triviale
qui coupera court aux duels statistiques : il manque à cet égard
de plus en plus d'argent. Prétendre que les professionnels
n'ont jamais promis un acquis de bonne santé durable,
l'impression qu'ils donnent le laisse à penser, tout comme reste
en alerte dans les populations l'aspiration à ce qu'ils y
parviennent. L'on consomme en ce sens et... c'est reparti...
Allez vous étonner après cela, qu'une certaine désespérance
gagnant bien des patients, ils aillent voir ailleurs,
s'il n'y a pas quelque réponse, fût-elle originale, à leurs
soucis de santé. Ainsi se fonde un monde parallèle, celui de la
chasse aux idées et leurs procédés correspondants. Laissons
dire au savant cité en titre, certaines des raisons qui ont
conduit là où nous en sommes et y restons.
« Pourquoi faut-il créer une nouvelle opinion publique ?
Elle, conditionnée par les groupements financiers et politiques
aidés en cela par la publicité sous toutes ses formes. A cette propagande
anti-naturelle des idées, doit se substituer la diffusion
naturelle, celle qui se fait d'homme à homme et qui ne compte
pour son succès, que sur la vérité de la pensée et la
disposition naturelle de l'auditeur pour la vérité. Sans armure,
avec les moyens primitifs de l'esprit, elle doit affronter
l'autre opinion publique, qui la défie sous la solide armure du
siècle, comme Goliath défiait David ».