Histoire de Sillery

On retrouve cette municipalité, riveraine du Saint-Laurent dans sa partie est, à la sortie ouest de la Haute-Ville de Québec. En 1678, Noël Brulart de Sillery, chevalier de Malte et commandeur de Troyes, voyait son nom retenu pour désigner la première mission desservant l'endroit. Ce territoire avait été concédé, en 1637, à François Derré de Gand, qui le cède, deux ans plus tard, aux Jésuites. Administrée par les Jésuites à compter de ce moment, la seigneurie sera concédée aux Indiens chrétiens en 1651 et redeviendra la propriété légale de ces religieux en 1699. La seigneurie de Sillery occupait le territoire compris entre le fleuve, L'Ancienne-Lorette et Duberger, vers le nord, celui qui va au-delà du pont Pierre-Laporte à l'ouest et celui situé dans l'axe de la rue Maguire à l'est. Au fil des ans, l'espace couvert par la seigneurie fera l'objet de détachements successifs à la faveur des paroisses voisines et, en partie, de Québec. Par contre, s'y ajouteront le fief de Saint-Michel, la châtellenie de Coulonge, la terre de Saint-Denys et celle de La Noraye, le tout pour former l'actuelle extension du territoire de Sillery.

C'est avec la construction de la chapelle de Saint-Michel en 1647 que la vie paroissiale prend véritablement son envol. Notons cependant que la mission Saint-Joseph, dite de Sillery, établie pour évangéliser les Algonquins, les Montagnais, les Hurons, puis les Abénaquis, avait été ouverte quelques années auparavant sur le chemin du Foulon. Des terres y seront concédées à compter de 1648. À la fin du XVIIIe siècle, le commerce du bois sera florissant à Sillery et, plus tard, la construction de navires s'ajoutera aux activités agricoles. Entre 1835 et 1845, trois grands propriétaires céderont leurs lots aux ouvriers dans un geste de démocratisation de la propriété terrienne. Détachée de Sainte-Foy et de Notre-Dame-de-Québec, la mission de Saint-Colomb-de-Sillery sera établie en 1836 et canoniquement érigée en paroisse en 1855. L'année suivante, une municipalité de paroisse du même nom et aux limites identiques à la paroisse était créée. Elle obtiendra le statut de cité en 1947 et, lors de la modification de la dénomination en Sillery en 1980, celui de ville.

Le célèbre Bois-de-Coulonge renfermait la résidence du lieutenant-gouverneur du Québec jusqu'en 1966, date à laquelle elle fut rasée par un incendie. Sillery demeure une ville à caractère résidentiel axée sur la qualité de vie de ses citoyens et des services qui leur sont dispensés notamment dans le domaine de l'éducation.

Source : Commission de toponymie, Noms et lieux du Québec, ouvrage paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé et, en 1997, sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel.

 

 

 

 

 

 

 

La Maison des Jésuites à Sillery

 

Avant la venue des Européens, les Amérindiens appelaient ce lieu Ka-miskouaouanga-chit, expression qui signifie Pointe-aux-Anguilles ou encore là où l'on prend le saumon avec la lance. La Maison des Jésuites occupe l'emplacement d'une mission créée en 1637 par les jésuites dans le but d'évangéliser et de sédentariser les Amérindiens. En 1646, les missionnaires protègent l'établissement de la menace iroquoise en l'entourant de pieux. Quatre ans plus tard, ils construisent une fortification de pierre flanquée de quatre tourelles. Des épidémies touchent les autochtones en 1667 et en 1683, amenant le déclin de la mission, qui cesse toute activité en 1698.

Les Jésuites construisent la maison actuelle dans le premier tiers du 18e siècle, et l'agriculture prend le pas sur l'évangélisation. Après la Conquête, la propriété est occupée, entre autres, par la romancière Frances Morre Brooke de 1763 à 1768, par le brasseur William Hullett de 1802 à 1815, puis par plusieurs marchands de bois.

À la recherche du temps perdu

La Maison des Jésuites serait le premier site à avoir été l'objet de travaux archéologiques dans la région de Québec. Les abbés Charles-Honoré Laverdière et Henri-Raymond Casgrain, du Séminaire de Québec, entreprennent en 1869 des fouilles à l'emplacement de la chapelle Saint-Michel.

Au 20e siècle, le site attire très tôt l'attention des archéologues. Mentionnons le passage, entre 1950 et 1970, de Wilfrid Jury (1953) de l'University of Western Ontario, de Michel Gaumond (1962, 1965) du ministère des Affaires culturelles du Québec et de John Rick (1968) du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. La synthèse des travaux antérieurs à 1990 a été faite par Isabelle Robert.

Les interventions archéologiques, dont la plus récente a été réalisée par la firme Arkéos en 1995, ont permis de connaître l'emplacement de la chapelle, de la palissade et de plusieurs édifices du 17e siècle; plusieurs sépultures ont aussi été mises au jour dans le cimetière amérindien de la mission. Une étude paléanthropologique sur les restes humains recueillis a été menée par Gérard Gagné. Une cinquantaine d'individus, dont 39 enfants, ont été identifiés; il s'agirait de Montagnais et d'Algonquins. Le cimetière était probablement réservé à l'inhumation des autochtones chrétiens qui résidaient en quasi permanence à la mission; il aurait servi durant la période la plus active de cet établissement, soit de 1637 à 1657.

Une visite à la Maison des Jésuites

 La maison des Jésuites (photo: Maison des Jésuites)
 

 

La Maison des Jésuites se trouve parmi les trois premiers monuments historiques à être classés au Québec, en 1929.

Le parc archéologique situé à l'avant de la maison contient les vestiges de la chapelle ainsi que ceux du premier cimetière autochtone catholique en Amérique du Nord. Dans le jardin, derrière la maison, un trottoir montre l'épaisseur de la muraille de pierre qui protégeait la mission.


 



La collection archéologique est constituée de 10 500 objets de facture amérindienne, française et anglaise. L'exposition permanente La Maison-Mémoire relate l'histoire du lieu à travers de nombreux objets archéologiques et ethnologiques. Le musée reçoit aussi des expositions temporaires consacrées à la culture matérielle, à l'histoire autochtone et silleroise ainsi qu'aux arts populaires.

 

 Chaudron de cuivre présenté

dans l'exposition La Maison - Mémoire 

(photo: Maison des Jésuites)

Pour en savoir plus

Goudreau, Yves et Alain Duchesneau, La maison des Jésuites : Quand l'histoire devient musée, Sillery, Les Éditions Bagatelle, 1995, 16 p.

Robert, Isabelle, Le site de l'ancienne mission des Jésuites à Sillery, Sainte-Foy, Université Laval, mémoire de maîtrise, 1990, 94 p.

La Maison des Jésuites
2320, chemin du Foulon
Sillery (Québec)
G1T 1X4

Téléphone : (418) 654-0259

 

Portail de recherche très bon

http://www.lamabec.org/

 

 

Le registre de Sillery (1638-1690)
 

Introduction, présentation
et notes de Léo-Paul Hébert

 

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Le plus ancien manuscrit conservé aux Archives de l'Archevêché de Québec, le Registre de Sillery, constitue une immense banque de données sur le monde amérindien et français du XVIIe siècle.

À cause de son ancienneté, le vieux Registre de Sillery est une source d'histoire inestimable; il contient une partie du patrimoine des Amérindiens et de nos ancêtres. Les actes qui y sont inscrits couvrent une grande partie du XVIIe siècle québécois, plus précisément de 1638 à 1690. Il constitue une immense banque de données sur le monde amérindien et français du XVIIe siècle. Avant tout, il s'agit d'un registre de baptêmes, mais on y trouve aussi une foule d'informations sur la stratégie des Jésuites face au monde amérindien; les Relations des Jésuites y trouvent en partie leurs fondements.
 

 

 

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Presses de l'Université du Québec 1994
Le 11e ouvrage de la collection Tekouerimat
440 pages.
 

 

 

 

 

 Selon Statistique Canada
 

Recensement de 1665-1666

Nouvelle-France
Tableau I - Ménages, Population, Sexes, État de Mariage
Localités Ménages Population Sexes Mariés Veuvage Enfants et non-mariés
Hommes Femmes Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total
Québec 71 547 360 187 65 53 118 1 9 10 294 125 419
Beaupré 71 533 315 218 84 83 167 2 4 6 229 131 360
Beauport 29 185 117 68 28 28 56 2 2 4 87 38 125
Isle d’Orléans 96 452 291 161 93 84 177 2 0 2 196 77 273
Côte St. Jean
Côte St. François
Côte St. Michel
27 153 99 54 24 26 50 1 2 3 74 26 100
Sillery 23 140 93 47 23 21 44 2 0 2 68 26 94
Notre-Dame des Anges
Rivière St. Charles
Charlesbourg
24 112 67 45 28 24 52 0 0 0 39 21 60
Lauzon 3 13 9 4 3 3 6 0 0 0 6 1 7
Trois-Rivières et ses Environs 69 455 299 156 75 64 139 2 5 7 222 87 309
Montréal et ses Environs 107 625 384 241 105 105 210 1 7 8 278 129 407
Total 538 3215 2034 1181 528 491 1019 13 29 42 1493 661 2154


(Note : Pour imprimer ce tableau, veuillez régler votre imprimante à Paysage)

 

Note

Ce recensement fut fait durant les mois de Février et Mars 1666, ce qui a été constaté par l'étude des Régistres des Paroisses. Ce recensement nominal forme un manuscrit de 154 pages; il est déposé aux Archives de Paris; la Bibliothèque fédérale, à Ottawa, en possède une copie.

Un double emploi de 21 noms, formant cinq familles, a été corrigé dans les présents tableaux, réduisant le chiffre total de la population de 3,236 à 3,215.

Les troupes du Roi, 1,000 à 1,200 hommes, formés en 24 compagnies, ne sont pas comprises dans ce recensement. On a constaté l'absence des noms de trente écclésiastiques et religieuses savoir; quatre ecclésiastiques séculiers à Québec, cinq à Montréal, dix religieuses à Montrèal et onze Jésuites employés dans les missions sauvages.

Tout le clergé se composait d'un Évêque, de dix-huit Prêtres et ecclésiastiques, de trente-et-un Jésuites prêtres et frères. On comptait dix-neuf religieuses Ursulines, vingt-trois religieuses Hospitalières et quatre Filles pieuses de la Congrégation.

Le clergé, la noblesse, les fonctionnaires et les cultivateurs ne sont pas désignés dans le recensement des professions et métiers.

L'immigration de l'année avait été assez considérable, composée de noblesse, de cultivateurs et d'artisans : elle comptait cinquante jeunes personnes bien élévées et bien instruites, venant d'un orphelinat de Paris.

 Source Statistique Canada, www.statcan.ca,   http://www.statcan.ca/francais/kits/jtable1_f.htm


 

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