
Blason du Perche
Texte pris dans « Hommage aux familles Ayotte ». Tiré d’un journal Québécois :
« Depuis plus de vingt ans, l’association Perche-Canada, dont quelques représentants nous visitaient dernièrement, honore un pionnier canadien, un ancêtre percheron, venu s’établir en Nouvelle-France pour y faire souche. Cet hommage se fait soit en apposant une plaque sur un des murs de la maison où il est né, où il a vécu, soit dans l’église paroissial où il a été baptisé. Le 24 mai 1981, on a honoré Thomas Hayot, de Soligny, ancêtre de tous les Ayotte du Canada et des Etats-Unis. Cette cérémonie se fait toujours dans le cadre du congrès annuel de l’Association et en présence de l’ambassadeur du Canada ou de son représentant. Cette fois, c’est Monsieur René de Chantal qui a présidé la cérémonie. (Reste à trouver soit à Soligny ou à Mortagne cette plaque commémorative).
« De nos plus purs joyaux, recherche ici la trace : l’église, le moulin ou la tour ; le Perche tout entier, fleur des anciennes races, te livre ses secrets et s’offre à ton amour.»
(Texte de Roger Radillet, dans Cahiers Percherons III.)
Les textes suivants m’ont été fournis par un petit cousin ontarien Phil qui les a obtenu lors d’un voyage au Perche de la part de Madame Joëlle Taillandier des archives départementales de l’Orne, Perche, France à la demande de Madame Gautier Desvaux, directrice des services d’archives départementales de l’Orne. Ces textes sont intégralement retranscris.
Documents concernant de façon certaine le canadien Thomas Hayot
Un des buts de l’association Perche-Canada est de chercher les racines que le Père Archange Godbout n’a pu trouver ; il faut avouer humblement que nous n’avons pas pu éclairer autant que nous le souhaitions les origines de ce vaillant pionnier de la Nouvelle-France.
Ces un homme qui a reçu une bonne instruction, sa signature est parfaite; marchand au Perche, il deviendra à Beauport défricheur des terres que les Pères Jésuites lui ont affermés.
Nous reviendrons sur son établissement au Canada, sa postérité, l’orthographe canadienne de leur nom après avoir donné le résultat de recherches où, à Soligny, tant à la Mairie qu’auprès de Madame Cottereau, veuve du notaire local, à Mortagne, auprès de Maître Fouquet et à Alençon auprès de Madame Gautier Desvaux, directrice des services d’archives départementales, nous avons été largement aidés, sans pour cela trouver tout ce que nous souhaitions.
Madame Gautier Desvaux, directrice des services d’archives départementales de l’Orne, a bien voulu, à ma prière, faire faire des sondages par Mademoiselle Joëlle Taillandier dans les documents de l’étude voisine de St-Mard-de-Coulonges.
Je transcris l’Acte suivant, fruit de ses recherches : « Devant Gilles Vigneur, notaire à St-Mard-de-Coulonges le 18 octobre 1623, au lieu de la Piletière, paroisse :
« Furent présents en leurs personnes Nicolas Poirier, ferrandier, et Barbe Gastine, sa femme, demeurant au lieu des Barres, paroisse des Gennettes, pays de Normandie se soumettant au pouvoir de cette juridiction ; après avoir été la dite femme autorisée par son mari pour cet acte, lesquels vendent, quittent, cèdent et transportent à Jean Poirier, marchand, demeurant au lieu de la Piletière paroisse de Soligny tout et tel droit de succession de défunts ses père et mère, le tout assis en la paroisse de Soligny au lieu de la Sannière que à la Piletière partie du fief de Saint-Mard, partie en fief de Toussaint.
La vente faite au prix et somme de sept vingt treize livres sur laquelle somme les vendeurs ont reconnu avoir reçu cinquante quatre livres. De la somme de quarante deux livres sept sols les vendeurs s’en sont pareillement tenus contents moyennement le paiement présentement fait en quars d’écus et douzains ayant cours comptés et nombrés à la vue et en présence du dit notaire et des tesmoins cy après nommés. Et le reste, qui est cinquante six livres treize sols l’acquéreur a promis les payer sous l’obligation de tous et chacun ses biens dedans le jour de Pâques prochain venant etc. etc.
Présents ad ce THOMAS HAYOT, le jeune clerc et Damien Hayot, charpentier demeurant au lieu de la Piletière, paroisse de Soligny, et a le dit Hayot clerc signé.
n.p. (pour Nicolas Poirier)
Signatures :
LeVigneur Thomas Hayot »
Remarquons bien cette signature : si Thomas Hayot a 54 ans en 1663, en 1623 il en a 14 et est déjà jeune clerc.
Un second acte du notaire de Saint-Mard-de-Coulonges du 12 juillet 1632 passé en la paroisse Ste-Céronne nous donne la même signature parmi les témoins. Thomas Hayot le jeune, marchand, demeurant en la ville de Mortagne, paroisse St-Jean et Claude Vigneur clerc demeurant paroisse Ste-Céronne.
Acte de mariage du Registre paroissial de St-Jean de Mortagne de 1629
« Le quinzième jour de juillet au dit an mil-six-cent-vingt-neuf Thomas Hayot de la paroisse de Soligny et Jeanne Boucher, de cette paroisse ont esté espouzez. »
Nous devons à Mademoiselle Taillandier un troisième document notarié passé devant Maître Roussel notaire à Mortagne le 4 mai 1633 :
« Furent présents François Hayot, laboureur et Thomas Hayot, son nepveu, demeurant savoir : le dit François Hayot en la paroisse de Ste-Céronne et le dit Thomas demeurant à Mortagne, paroisse St-Jean, lesquels chacun d’eux et un seul pour le tout renonçant au bénéfice de division, ordre de droit et discussion, ont promis payer dans le jour St-Gilles le prochain venant, à Bertrand Robbey, marchand demeurant à Mortagne présent et ce acceptant, la somme de trente deux livres dix solz tournois pour vendition et livraison et marchandize de chambre vendue et livrée ce jourd’hui par le dit créancier aux dits les Hayotz dont ils se sont tenus pour contents par ces présentes.
Présents François Poupet demeurant à Bellème et Jean Bertre sergent demeurant à Mortagne tesmoings.
Les parties, le dit Bertre ont signés; quant au dit Poupet il a dit ne savoir signer
Signatures
J BERTRE F. HAIOT THOMAS HAYOT
ROUSSEL”.
La signature de Thomas Hayot est moins posée qu’aux actes précédents : la fatigue… ou le vin du marché?!!
Cet acte nous donne le nom d’un oncle. En continuation nous voyons aussi que Thomas Hayot achète des meubles, donc il ne pense pas encore au Canada.
Thomas Hayot et sa famille au Canada
Nous ne savons pas de façon précise la de l’arrivée de Thomas Hayot et des siens en Nouvelle-France (juin 1638). Nous savons qu’ils se sont établis à Beauport dans le voisinage de Giffard, « dans ce nid d’éclosion » du Canada français. Ils ont affermés des terres appartenant aux Révérends Pères Jésuites à Sillery. Le 30 octobre 1638 ils baptisèrent un fils Adrien à Québec où, le 16 juillet 1640, ils baptisent une petite Anne. Quatre de leurs enfants se sont mariés parmi lesquels deux fils : Jean et Adrien. Les descendants de ces deux fils sont extrêmement nombreux mais ce n’est pas à la lettre « H » qu’il faut les chercher dans les annuaires téléphoniques du Canada; ils ont tous adoptés la forme « AYOTTE » que déplore le Père Archange. Leur liste est déjà impressionnante dans l’annuaire de Québec, elle est vertigineuse dans celui de Montréal.
Autres documents fournis par Mme Joëlle Taillandier du département de l’Orne en France : Dans ce document de 1632, Thomas était témoin.
« Du douzième jour de juillet l’an mil six cent trente deux au lieu de la Tuee paroisse de Ste-Céronne avant midy fut présent Honeste homme Marin Chaplain laboureur demeurant au lieu de Corbin paroisse de St-Ouen de Secherouvre, lequel a ce jourd’hui rendu et laisser aller par voyer de retrait conditionnel héréditalement et de toujours mais à Marguerite Heurtault veuve de défunt François Venoux demeurant au lieu de Vauraboeuf en ladite paroisse.
Ad ce présente ce acceptante pour elle, etc… c’est à savoir un boisseau de terre en blé sise au lieu nommé le Pré de la mare en la dite paroisse de St-Ouen joignant d’un côté les enfants Jean Du Fay, d’autre côté les héritiers Pierre Gallay d’un bout François Heurtault d’autre bout au dit vendeur jouxte et tout ainsi que le dit vendeur avait acquis le dit héritage de la dite veuve par contrat passé devant F… notaire en ceste châtellenie lequel elle sera tenu de livrer ainsi qu’elle adevisera bon être… la rémission faite moyennant la somme de vingt quatre livres présentement payés par la dite veuve au dit vendeur en deux pistols d’or et autres monnaie ayant cours compté etc.
Présents ad ce THOMAS HAYOT le jeune marchand demeurant en la ville de Mortagne paroisse St-Jean et Claude LeVigneur clerc demeurant en la paroisse de Ste-Céronne tesmoings qui ont signés avec nous et quant aux parties ont dit ne savoir signer.
Signatures
THOMAS HAYOT
Le Vigneur LEvigneur
Remarque : Thomas Hayot avait 23 ans donc il pouvait être marchand.
Thomas était marié déjà depuis trois ans.
REGISTRE 1617-1618 DU NOTAIRE DE SOLIGNY (le seul subsistant)
Il n’y a pas d’acte de baptême de Thomas Hayot aux registres paroissiaux et, pour tirer parti d’autres actes de ces registres il faut consulter l’unique registre de Maître Barbier notaire à Soligny qui, le 12 février 1617, dresse le contrat de mariage de Marin Hayot, fils de défunt Marin et défunte Catherine Massard avec Anne Droin, fille de Jean Droin et de Marie Mace. Le futur époux est assisté de… Hayot son frère et de Léonard Rufre, son beau-père, de Damien et de Charles Hayot, ses parents et amis.
Un acte du 10 septembre 1617 nous donne le nom de Noël Hayot, fils de défunt Marin Hayot, qui fait une quittance à Léonard Rufre son beau-frère, en présence de Damien Hayot- tous demeurant au lieu de la Piletière, en la paroisse de Soligny.
Remarque : Nous sommes en présence de frères, sœurs, cousins, cousines de Thomas…
Ceci établi par ces deux actes notariés, les registres paroissiaux nous permettent de donner le tableau suivant :

Quant à CHARLES et DAMIEN HAYOT témoins au mariage de MARIN HAYOT, voici ce qui suit :
DAMIEN s’est marié : premièrement à Galéona dont il a eu au moins trois filles : Jeanne née le 30 avril 1606, Marquise, marraine en 1615 de Charles Rufré, Louise, marraine le 15 mai de Damien Portail.
DAMIEN s’est marié en seconde noce à NOËLLE CHAPPLAIN, le 11 octobre 1616.
Quant à CHARLES HAYOT il s’est marié à JEANNE HUE et est mort le 24 mai 1651, sa veuve le 12 janvier 1656.
UN THOMAS HAYOT ADULTE EN 1617
Le seul registre de Maitre Barbier nous fait connaître un autre HAYOT qui n’habite pas la Piletière, comme tous ceux dont nous venons d’avoir une brève notice, mais aussi à l’ouest de bourg de Soligny et, plus au nord, le lieu seigneurial de Boisguillaume.
Là réside la noble famille Gislain, et Thomas Hayot, Sieur du Fresne, est mêlé à leurs affaires et leur sert de témoin le 31 octobre 1617 ; le 7 janvier 1618 sa signature est excellente et révèle une certaine autorité.
Nous retrouvons ce Thomas Hayot, Sieur du Fresne. Le 2 décembre 1624, il est parrain avec demoiselle Marie du Mouchet, fille de chambre de madame de Boisguillaume, de Jean Gilbert, fils de Marin Gilbert (registre paroissiaux de Soligny).
Remarque : Notre Thomas est né en 1609, donc se n’est pas lui le Sieur du Fresne, il aurait seulement 8 ans.
Commentaires : Toujours rien de nouveau sur notre Thomas. Toutefois nous remarquons dans ce document les noms de Léonard RUFRÉ et de Françoise HAYOT, les mêmes que sur le document H5527 des Dominicains d’Argentan (lien). Dans ces mêmes documents nous trouvons les noms de Damien et Charles HAYOT, tous demeurant au lieu de la Piletière. Marquise la marraine est la fille de Damien Hayot issue d’un premier mariage. De plus, nous retrouvons le nom de Damien Hayot, associé à Thomas Hayot, jeune clerc de l’acte du notaire Gilles Le Vigneur en 1623. Voir plus haut lien. On constate donc que notre Thomas était entouré de proches parents, ce qui me fait dire que nous devrions regarder dans le registre du notaire Barbier, acte du 31 octobre 1617, où l’on retrouve un Thomas Hayot Sieur du Fresne avec la famille Gislain de Boisguillaume.
Est-il le père de notre Thomas?