
Traduction de certains textes tirés de "Acadian Genealogy Home Page.-Acadian Bits and Pieces…….And some Tidbits, (Golden Web @ gensource,com.)"
Le nom Acadiens a été donné aux premiers arrivants français qui ont émigré de France aux colonies de Nouvelle-France, maintenant connues comme les provinces canadiennes de Nouvelle-Écosse et de l'Ile-du-Prince-Édouard.
En 1605 le premier parmi les nombreux contingents français, arrive à Port-Royal (Ile-du-Cap-Breton). Ils ont travaillé durement, labourant, érigeant des digues pour maintenir les hauts niveaux de l’eau, après quelques années, la population s’agrandie significativement, avec patience et dévotion; Port-Royal est devenue une région agricole prospère.
L’année 1713 marque le début des troubles pour les Acadiens. Le Traité d’Utrecht de cette année donnait à ceux-ci le droit de pratique de leur religion comme ils le voulaient... mais en autant qu’elle suivait la loi de la Grande-Bretagne à la lettre. Les Acadiens décidèrent qu’il valait mieux partir que de suivre pareils règlements;toutefois, ils ne partirent pas alors, à cause de facteurs compliqués.
Entre temps, le Gouverneur (anglais) réalisant que si les Acadiens partaient, cela réduirait l’industrie agricole; les habitants et les Indiens étant engagés de façon considérable dans les échanges avec les Anglais, a été hésitant à prendre une décision ferme. En 1717, les Acadiens concernés pour leur sécurité de la part des Indiens et désirant toujours partir, offrirent un Serment d'allégeance à la Couronne britannique, en autant qu’ils soient exemptés de se battre contre les Français ou les Indiens, et demandèrent des troupes britanniques pour leur protection. Cela devint un débat majeur.

Finalement, en 1720, le Colonel Philipps, alors Gouverneur, proclame que les Acadiens devaient faire un Serment d’Allégeance non qualifié à la Couronne britannique ou partir du pays dans les trois mois……sans vendre, disposer ou prendre tout bien avec eux, Les Acadiens refusèrent, disant que ce Serment, sans réserve, amènerait les Indiens contre eux.
A partir de 1730, les Acadiens furent désignés comme "Français neutres". Pour une période de temps, leurs communications avec les Anglais s’améliorèrent,mais en 1754, la France et l’Angleterre étaient à nouveau en guerre. Les Acadiens de Nouvelle-France n’étaient pas préparés pour les hostilités, mais volontairement aidèrent à rebâtir les forts.
Malgré quatre invasions de la part des Anglais,les Acadiens se tinrent en dehors des combats, ce qui forçat les Anglais à revoir leurs politiques vis-à-vis les Acadiens. Même si les Acadiens demeurèrent neutres durant la guerre de 1744-1748, les Anglais les considérèrent sympathiques envers les Français.
En 1750, les Acadiens demandèrent la permission de partir de la Nouvelle-Écosse; mais le Gouverneur Cornwallis refusa alors, disant… des passeports ne peuvent être émis tant que la paix et la tranquillité ne sont pas rétablies dans la province… Durant les quatre années suivantes (jusqu’en 1754), les Acadiens vivèrent paisiblement et travaillèrent vigoureusement et avec enthousiasme, pour fournir suffisamment de gains et de viandes pour la colonie.
Le 2 Juin 1755 les troubles des Acadiens s’accentuèrent, quand une troupe de soldats anglais envahi Grand-Pré, saisissant tout ce qu’ils trouvaient pour leur propre usage. Le Gouverneur informa les Acadiens que s’ils voulaient montrer obéissance aux Anglais, un serment devrait être prêté immédiatement. Il leur donna 24 heures pour prendre leur décision, En réponse les Acadiens avisèrent qu’ils n’avaient pas l’intention de prêter pareil serment; ils furent alors arrêtes et confinés.
Le Gouverneur Lawrence émis des ordres à Beauséjour, Pitziquid et Annapolis, pour préparer la déportation acadienne de Nouvelle-Écosse. (le Grand Dérangement)
Le Colonel John Winslow reçu les ordres et utilisa l'église locale comme quartiers généraux et, comme le prêtre avait été… Il ordonna que tous les objets sacrés soient enlevés de l’église et ses troupes montèrent des tentes sur les terrains de l'église. Les Acadiens demeurèrent calmes et quiets, bien qu’ils fussent épuisés; Les grains restèrent non récoltés dans les champs, et cela, ensemble avec la vision de comment leur église était utilisée, leur causèrent mécontentement et tristesse.

Le 5 Septembre 1755, les ordres suivants furent lus aux Acadiens assemblés dans l’église……il est ordonné que vos terres et vos bâtiments, vos troupeaux et autres bêtes vivantes de toutes sortes, soient remis à la Couronne britannique, avec tous vos autres effets, vos épargnes et articles ménagers, et vous et les vôtres, soyez renvoyés de cette province. Que tous les habitants français de ces districts soient renvoyés et, je suis, de par la bonté de Sa Majesté, ordonné à vous laisser la liberté de votre monnaie et effets ménagers, autant que vous pouvez en apporter sans incommodement pour les vaisseaux sur lesquels vous vous embarquerez. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour assurer que ces biens soient en sûreté et que vous ne soyez pas molestés durant leur transport,et aussi que toute la famille soit embarquée sur le même vaisseau et ferai que l’enlèvement soit aussi facile que le permet le service de "Sa Majesté",et espère que quelque soit l’endroit au monde où vous tomberez,vous soyez des sujets de foi et un peuple en paix et heureux. Je dois aussi vous informer qu’il est du plaisir de "Sa Majesté" que vous restiez en sécurité sous l’inspection et la direction des troupes que j’ai l’honneur de commander.
Les Acadiens étaient horrifiés d’être ainsi déplacés subitement; les plans de déportation étant mis en action immédiatement. Les Acadiens de Chignecto ignorèrent les ordres et s’enfuirent dans les bois de ce qui est connu aujourd’hui,comme la Province du Nouveau-Brunswick. Le Petit-Codiac a été incendié par les troupes britanniques, et les Acadiens pour de telles destructions, attaquèrent, tuèrent et blessèrent 29 soldats. Les Acadiens de Cobequid (Truro) s’enfuirent à l’Ile St-Jean, maintenant, l’Ile-du-Prince-Edouard.
Le 7 Septembre 1755, cinq vaisseaux arrivèrent pour donner suite aux ordres de déportation et, baïonnettes fixées aux fusils, les soldats embarquèrent les hommes à bord d’un vaisseau, les séparant de leurs familles. Ceci causa de l’angoisse, et une procession en pleurs d’un mille et demi, au site de l'embarquement de Rivière-Gaspereau. Quatre-vingt-dix hommes furent emmenés et tenus à bord du vaisseau jusqu'à l’embarquement final du 8 Octobre 1755. Les femmes en grande détresse montèrent, portant leurs enfants dans les bras. D’autres tirant des parents impotents sur leurs charrettes, se déplaçant avec grande confusion, provocant des scènes de lamentations et de désarrois…….. 29 jours furent pris pour monter à bord des vaisseaux et finalement, le 27 Octobre 1755, une flotte de vaisseaux a fait voile, portant à leur bord 6500 Acadiens sur des ponts surpeuplés, laissant derrière eux les maisons à demi brûlées les….plusieurs effets personnels. Le Grand Dérangement continua pour plusieurs années, impliquant quelques 14000 Acadiens.
En 1763 l’Angleterre et la France signèrent le Traité de paix de Versailles… 2000 Acadiens retournèrent en France. Ce fût un….pour les Acadiens de laisser derrière eux la terre qu’ils avaient travaillée depuis un siècle. La séparation des familles et la dispersion dans des contrés éloignées… que des peuples non consentants et non préparés à les recevoir…. rendaient inconsolables…
En 1776, la terre acadienne a été saisie et cédée aux "Loyalistes" qui sans pitié évincèrent les Acadiens qui avaient réussi à demeurer sue place ou à y revenir.
En Juillet 1783, un commandement militaire a formé un comité pour inspecter la région du haut de la rivière St-Jean et des environs; Il y avait 61 familles pour une population totale de 357 habitants…

En 1785, des Acadiens envoyèrent aux officiers de Québec et du Nouveau-Brunswick une pétition pour l’obtention de terres dans la région de Madawaska. Vingt-quatre Acadiens et Canadiens demandèrent des concessions dans le Madawaska,et un mille et demi au sud des chutes de la rivière. Les pétitionnaires acadiens furent : Louis Mercure, Jean Martin, Daniel Gaudin et plusieurs Cyr, etc. et Simon, Alexandre Ayotte et François Dupéré. Les pétitionnaires canadiens furent : Pierre Duperré…..Augustin Dubé,etc.……Une autre pétition trouvée dans les Archives canadiennes a été adressée au Gouverneur Général….par Jean-Baptiste Cyr, sa femme et ses fils… aussi bien que par Alexandre et Zacharie Ayotte, Joseph Daigle, etc.
En Juin 1795, un certain nombre de familles quittèrent Frédéricton et les environs en canots, pour aller vers le haut de la rivière St-Jean… Ils continuèrent leur voyage deux milles et demi au sud du village des Malécites… pour un certain temps, le nombre d'hommes surpassait celui des femmes; alors les hommes devaient aller à Kamouraska au Québec pour
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LA GUERRE DE SEPT ANS
Extraits d’un article de Paul-Henri Hudon dans le volume 47, no. 2, été 1996, de la Société généalogique canadienne-francaise intitulé + La guerre de sept ans (1756-1763) entre l’Angleterre et la France. (traité de paris en 1763.) : ses effets à Rivière-Ouelle.
On a beaucoup écrit sur la guerre de sept ans. Les Généraux, les hommes politiques, les grandes batailles, la prise de Louisbourg, les exactions de Bigot, Chouagen, le siège de Québec (par les Anglo-Américains de la Nouvelle-Angleterre.
Or les petites gens, miliciens, fermiers, commerçants ont vécu à leur niveau l’embrigadement, les déplacements, l’indigence et les rationnements; certains ont laissé leur vie; d’autres ont été faits prisonniers ou portés disparus;on a connu les incendies,les reconstructions,l’inflation et son cortège de faussaires.
A Rivière-Ouelle et sur la Côte du Sud,nous avons relevé dans les archives les noms de ces petites gens qui ont discrètement témoigné de leur rôle dans la grande histoire. C’est le cas de certaines personnes apparentées de près ou de loin à quelques-uns des ancêtres de plusieurs familles dont Hudon, Hayot-Ayotte.
L’appel sous les drapeaux : Dans les années 1750, la menace anglaise se fait de plus en plus pressante sur les établissements français de l’Ohio, au fort Duquesne. L’établissement de la Belle-Rivière (Rivière-Blanche) exige qu’on y envoie des troupes. En Mai 1753, on recrute dans le Bas-du-Fleuve; Joseph Boucher, Germain et Louis Dubé……etc. lesquels étant sur le point de faire un long voyage,étant commandés pour le parti de la Rivière-Blanche… se rendent chez le notaire Joseph Dionne, afin de mettre ordre à leurs petites affaires… Ces quatre jeunes gens, prêts à partir pour les pays d’En-Haut, par ordre du Roi…. sont des résidents de La-Pocatière…
Marie-Catherine Dubé présente une requête au Gouverneur anglais, M.Crahame, le 23 Août 1763, pour l’autoriser à vendre une terre. Son mari, Jean-baptiste Hudon dit Beaulieu, est ou bien décédé ou bien disparu. Vu son état et attendu l’indigence de la requérante et ses cinq enfants qui n’ont rien de quoi subsister… et qui demeurent actuellement chez son frère Joseph Dubé sur les Côteaux de la Rivière-Ouelle… Elle pourra vendre le 27 Février 1764, une terre de deux arpents pour 200 livres.
La reconstruction
Le moulin à farine de Rivière-Ouelle incendié avait 30 ans d’usage. Moulin en pierre construit sur la terre de Nicolas Hudon, capitaine de milice, pour son appareillage en bois doit être refait. Un moulin à scie à Kamouraska :Jean-Baptiste Bonenfant s’engageait en société avec François Ouellet de Kamouraska,pour construire un moulin à scie,à moitié profits et pertes,sur le ruisseau de Ouellet à Kamouraska. Rien ne nous permet de savoir s’il s’agit d’une réparation ou d’une construction neuve.
Les églises de Kamouraska et de Rivière-Ouelle : ces deux églises devaient subir des agrandissements en 1759. Les travaux ont été retardés. Celle de Rivière-Ouelle sera allongée en 1766. Cette même année, le 13 Août, l’église de Ste-Anne est rasée par un incendie. A Kamouraska, on se contenta de faire, en 1763, les réparations prévues pour 1759... Quant à St-Roch, M. Gareault, alors missionnaire écrivait à son frère ; ... Réparations à l’église et au presbytère à mes frais, sans espérance de les récupérer de sitôt….
Un esprit de rébellion
Un des effets les moins attendus de la guerre et des crises qui l’ont entourée,fût la montée d’un esprit de rébellion, une sorte d’attitude de défi ou de désobéissance civile vis-à-vis les autorités traditionnelles : les capitaines de milice et surtout les curés.
Germain Dubé…. « garçon volontaire demeurant actuellement chez Joseph Lizotte, le cadet,à La Pocatière,commandé pour aller à la Cadie (sic) avec le père Germain, missionnaire de Hautpaque sur la rivière St-Jean…. abandonne ses hardes à son hôte et part pour l’Acadie, le 13 octobre 1755. À Ste-Anne de Hocquepasque, il devait retrouver, établit là, un compatriote originaire de l’Islet du Portage, Joseph Boucher, fils de Joseph et de Geneviève Hayot. Ce Joseph Boucher, veuf de Marguerite Roy, était navigateur. Germain Dubé est-il revenu au pays?
Félix, fils d’Antoine Hayot et de Marie-Charlotte Blanchet, baptisé en 1750, a eu sa sépulture le 13 Octobre 1764, au Détroit lors de la guerre contre les indiens de Pontiac qui se révoltaient contre les anglais.
Des déplacés
Il est bien connu de tous les historiens qu’un nombre important d’Acadiens a trouvé refuge sur la Côte-du-Sud, vers 1755-1756; la région de l’Ile-Verte, Cacouna, où nous trouverons des Saindon, des Cyr et autres familles. Nous retrouverons le nom de Cyr associé à ceux de Zacharie et Alexandre Ayotte (Hayot) dans le document sur la déportation des canadiens.
Disettes, famines et rationnements
À Rivière-Ouelle en 1758, on avait entreposé le blé dans le jubé de l’église. Était-ce pour le soustraire aux agents de Bigot? Les raretés, jointes aux rationnements, ont provoqués une inflation énorme. Les prix sont inabordables, la suspicion règne, la colère monte. Beaucoup de dommage, mais des archives muettes. En septembre 1759, lorsque la troupe anglaise défile de Kamouraska à Montmagny, elle saisit le bétail et brûle à peu près tout sur son passage : granges, étables, maisons, moulins, barques. Tout y passe sauf les églises. Il y eut trois escarmouches au cours desquelles un canadien est fait prisonnier à Rivière-Ouelle, et trois enfants sont fait prisonniers à l’Islet.
Il est étonnant qu’une si massive destruction ait laissé dans les archives si peu de trace; où étaient situés les cachettes et les abris? Quand et comment s’est faite la reconstruction? On en sait rien, sauf pour les moulins. Qui furent les victimes, les veuves de guerres? Sur ce sujet, les données sont fragmentaires. Sauf une liste des prisonniers en Angleterre. Mais les victimes sont restées inconnues.
Les curés étaient les garants de l’ordre dans les paroisses; leur autorité, ils l’a recevaient par délégation, qui du gouverneur, qui de l’évêque. Or les nouveaux maîtres anglais et protestants ont remplacé les élites et les législateurs; le statut futur des capitaines flotte encore dans l’indécision. En 1764, les capitaines nommés d’office auparavant, sont remplacés par des baillifs élus selon les habitudes anglaises.
Quant à l’évêque et aux curés catholiques dans une colonie désormais protestante, leur existence dépend de leur docilité; leur autorité morale surveillée de près par les autorités, les obligent à beaucoup de prudence et à temporiser.
De plus, les officiers anglais et le nouveau gouverneur n’avaient cesse dans leur propagande militaire de discréditer les dirigeant français de la colonie, tout en flattant les populations, afin de séparer ces dernières de leurs chefs.
Sans se laisser duper par ces messages flatteurs, les canadiens ont quand même retenus une leçon de cette propagande anglaise : les malversations des autorités françaises, les déprédations de Péan, Bigot, Claverie et les autres; les abus d’autorité, les saisies de provisions, la méfiance vis-à-vis la monnaie de cartes, avaient déjà semé la méfiance et le discrédit. Les habitants avaient peu à perdre d’un changement de régime.
On voit donc monter un esprit de laisser-aller, voire de légère indocilité. Cet esprit va s’accentuer. À Cap St-Ignace et Montmagny, en 1766, les conflits ouverts avec les autorités ecclésiastiques vont opposer les habitants pendant plusieurs années; à Rivière-Ouelle, de 1771 à 1781, jusqu’à la crise ouverte de 1775-1776 opposant les partisans des anglais aux partisans des américains.
Remarques :
Tout comme dans les textes précédents, nous retrouvons des noms de famille apparentés aux noms « Hayot, Ayot et Ayotte ». Qui plus est ceux de Zacharie et de son fils Alexandre Ayotte, tous deux descendants, en ligne directe, de Thomas Hayot notre ancêtre commun. Ceux-ci et leurs parents, mariés à des descendantes du même Thomas Hayot, ont véritablement vécus les divers événements décrits dans ces deux derniers documents. Ils font partie de notre histoire, et méritent notre hommage et appréciation.
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