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TEXTE SOUMIS AU CONCOURS : HOMOPHOBIE 2005Journée nationale de lutte contre l'homophobie - 1er juin
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« L’ARME HOMOPHOBIQUE » Depuis
que le monde est monde, la vie est normalisée par son époque : ses moeurs
et ses tabous. Ton univers peut être un
calvaire, un enfer, un paradis ou un douillet nid; ce n’est pas une question de
justice. L’égalité n’existe pas sur
terre. Nos destinées sont déterminées en
grande partie par le lieu de notre naissance.
Nous sommes parmi les privilégiés de cette planète qui lisent, écrivent
et pensent librement. Faisons en sorte
de ne pas gaspiller cette chance. Toutes
les époques ont leurs caractéristiques propres (ou parfois sales!), la nôtre
peut ressembler à: AH non Tu ne
vois plus tes grands-parents Tu ne
parles plus à tes enfants Tu
t’es fait battre à l’école sortant Tu
t'es fait renvoyé de ton emploi Tu
t’es fait jeté de chez toi Tu
n’es pas maître de tes choix AH non Heureusement
que certains humains ne prennent pas pour acquis toutes les normes et ont le courage de questionner leur environnement.
Grâce à l’évolution technologique et la mondialisation des marchés, les
gens de divers horizons ont amorcé le dialogue, ont pu se comparer, se
regrouper, et les mentalités ont évoluées.
C’est pour cela que notre époque ressemble maintenant à : AH oui Tu as adopté un enfant Tu t’es fait inséminé artificiellement Tu as changé de sexe vraiment Tu as marié ton amant Tu marches comme militant Tu vis avec lui depuis longtemps AH oui Heureusement que l’on peut refaire, redire, repenser le monde, même remuer ciel et terre quand la volonté est au rendez-vous. Chacun a le pouvoir de changer le cours de l’histoire. Le seul maître, c’est soi-même. REFAIRE Dénoncer le geste, c’est aider le monde à se conscientiser car une idée parlée touche davantage qu’une idée ravalée. Censurer ses pensées, c’est mourir à petit feu
dans son unicité. L’angoisse de ne pas
avoir dis ou réagis peut nous ronger de l’intérieur. Les remords sont alors inévitables car la mémoire est un fabuleux labyrinthe en cul de sac, une mer intérieure au ressac
constant, où tout revient à la surface un moment ou l’autre. Les acquis de notre liberté d’expression sont le fruit de pionniers qui ont combattus pour faire accepter la différence. N’oublions pas ces précieuses batailles. Chaque acte, aussi simple soit-il, à un impact sur notre environnement. Censurer le geste, c’est aidé à perpétuer les mythes et à maintenir les
stéréotypes. Agissons à notre manière! REDIRE Un demi-secret pour une demi-vie, une demi-vérité pour une demi-superficialité? Les
dires à tes parents, à tes amis ou au vent, à ton ordi? Vivre pleinement, c’est vivre en étant soi-même. Risquer de dire, c’est donner
un sens à ses mots, colorer le temps, repousser les limites, influencer le cours des choses. L’ignorance
entretien la peur, alors parlons!
Exprimons-nous avant de mourir de peurs.
Disons à notre manière! REPENSER Ce qui arrive autour de nous, nous atteindra un jour ou l’autre. Ne faisons pas la sourde oreille. Recréons le monde avec un
esprit de liberté. Soyons tolérant envers nous-mêmes et indulgent avec les différences car l’homophobie
commence par les pensées. Le seul vrai
pouvoir vient des idées semées à tout vent : les bonnes seront copiées et les autres oubliées. Une idée à plus de poids que toutes les armes réunis sous notre nez. Trouvons celle qui peut changer
l’univers. Requestionnons
nos choix, sortons des canevas. Ne restons pas dans l’ombre. Vivons à la
lumière de nos convictions car l’ignorance prolonge la noirceur... et en marchant à la noirceur on ne voit plus son chemin.
Pensons à notre manière! REMUER Soyons vrai, suivons notre voie. Sortons des modèles stéréotypés. Nous en serons fiers et récompensés en
trouvant une identité non-générique : JE ne
sais plus qui je suis Quand je dors sous la lame de l’ennuie Quand
je vis sous l’arme du sida Quand
je me tais partout où je vais Quand
je danse seul mon combat Quand
je parle le langage parfait JE
sais qui je suis Quand
j’aime le jour mon ami Quand
je marche à côté de lui Quand
j’entends ses pas Quand
je partage mes émois Quand
je vis sous son toit JE ne
sais plus qui je suis Quand
je me porte du mépris Quand
je croule sous l’alcool Quand
je rêve à mes idoles Quand
je me cache de l’anormal Quand
je pleure mon mal JE
sais qui je suis Quand
j’aime la nuit mon ami Quand
je dors sur son nombril Quand
je pousse des cris de joie Quand
je le serre contre moi Quand
je le caresse des dix doigts Depuis que le monde est monde, les différences choquent,
tuent même parfois. Triste réalité qui
attend juste d’être changée. Mais nous
avons le choix : vivre dignement ou se taire indéfiniment. Alarmons la terre par notre vivance pour que la distance entre nos pensées et nos
actions, entre les citoyens et la nation soit diminuée. Élevons notre voix, ne la taisons pas en
soi! Armons-nous de courage et de
foi! En espérant que ces quelques mots pourront suspendre un
instant le poids des incongruités, malheurs, drames et douleurs homophobiques qui sévissent encore partout sur terre. Vous, élitistes de ce monde qui aurez la
chance de lire ces quelques lignes, vous pouvez faire la différence. Profitez de votre chance, ne vous complaisez
pas dans le confort et l’indifférence.
La vie est trop courte pour se complaire. Écrivez, criez, aimez, combattez mais surtout
agissez à votre manière. Aussi peu
soit-il à vos yeux, vous ferez une différence.
L’arme est en nous tous! JE ne marche plus, je cours vers toi l’avenir JE ne me cache plus, j’ouvre vers toi mes désirs JE ne me silence plus, je chante vers toi mes souvenirs JE ne me censure plus, j’écris vers toi mon devenir Etienne Vigneault |
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