Paru en avril 2007 aux éditions Bénévent

Disponible sur Amazon, Chapitre.com, Librairie Dialogues, Alapage

chez l'éditeur, et auprès de l'auteur


Dans la presse:

27/04/2007

L'Hebdo de l'Ardèche

Terre Vivaroise

LE LIVRE DE LA SEMAINE: L'honneur du nom

Des nouvelles haletantes qui mêlent avec brio suspense et profondeur, et entraînent le lecteur dans des aventures aussi courtes que prenantes.

 

 

 


Lisez ci-dessous un extrait de CHAQUE histoire…

 

Présentation:

Avec humour, surprise, émotion, fantaisie, profondeur, ou cynisme, à travers une trentaine de textes de style et taille variés, le lecteur est conduit et dérouté, charmé ou horrifié.

 

15 Euros

 

 

Extraits:

1 - L'HONNEUR DU NOM

La Mercedes blindée avançait lentement le long des immeubles, parfois en ruines. La libération récente de ce peuple, du joug communiste, avait coûté cher. Désormais le pays se reconstruisait petit à petit. Responsable des principaux programmes d'exportation du grand groupe de l'industrie d'armement qui l'employait, l'ancien officier français se rendait régulièrement sur place traiter les gros contrats. Avec respect et admiration, il regardait les cicatrices de la Libération sur les murs de cette grande ville, autrefois si célèbre et devenue si triste. Devant et derrière la limousine noire veillaient deux motards.

2 - NAPOLEON EST MORT APRES LA FETE DU SAMEDI SOIR.

– Ça y est, ils sont revenus…!

Il avait fallu de longues minutes à Antonin pour maîtriser le tremblement de ses mains avant de parvenir à joindre Jean-Merlin. (…)

– Antonin?

– … ?? Oui?

Antonin sursauta en entendant la voix de Jean-Merlin contre son oreille. Perdu dans ses pensées, il l'avait oublié.

– Ils sont tous là, tu sais, on t'attend…

– Oui… j'arrive.

 

 

3 - HAINE

Josette Morel était une femme plutôt ordinaire. Si l'on devait trouver une française moyenne, elle serait choisie avec étonnement tant elle correspondait aux critères. Mais elle n'avait jamais fait l'objet d'aucune étude. Cela était peut-être mieux ainsi.

On lui aurait donné trente ans aussi bien que quarante-cinq, elle n'était pas ce qu'on appelle une belle femme mais n'était pas trop laide non plus. Elle n'était en tout cas pas du genre qui fait retourner les hommes quand elle en croise. Sitôt vue, sitôt oubliée. Elle en souffrait de temps en temps, quand elle se mettait à y penser, car malgré les apparences, elle était capable de penser. Mais cela lui servait aussi car elle se laissait aller, de temps à autre, à de menus larcins quand elle faisait ses courses au supermarché… pour s'amuser.

4 - Jeannot, tête de V.O.

Norbert Marteneau était chef cuistot depuis 20 ans dans cette noble institution scolaire de province. Il officiait dans les cuisines au sous-sol, entouré d’une demi-douzaine de personnes qu’il dirigeait avec peu de délicatesse. Il n’était ni bête, ni intelligent. Il s’était aigri et raidi pendant ses longues années de syndicaliste rouge vif, au cours desquelles il s’était cristallisé dans des attitudes revendicatrices qu’il n’acceptait de son propre personnel que lorsque cela ne dérangeait pas le travail de son équipe… c’est-à-dire de sa réussite individuelle. Il ne supportait pas non plus le moindre événement différent de la routine… à moins d’en être averti longtemps à l’avance ; il se mettait en colère au moindre imprévu.

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5 - CONFESSION

" L'histoire que je vais vous conter m'est réellement arrivée, l'an dernier, ici, à Paris…

J'étais au lit depuis bien deux heures quand le téléphone sonna. Je décrochai en rendant grâce pour celui qui me dérangeait ainsi:

— Père Domenico?

— C'est moi.

— Pourriez-vous donner les derniers sacrements à un homme qui va mourir cette nuit?

— Bien entendu…

— Une voiture vient vous prendre dans une demi-heure.

— C'est très aimable à vous.

— Dernière chose, il faudra que vous acceptiez d'avoir les yeux bandés. Après un moment d'étonnement, j'acquiesçai."

6 - JE SUIS AMBASSADEUR.

" Je suis ambassadeur; j’ai raté ma vie.

" Tout a commencé il y a bien bien longtemps. Au tout début de ma vie, je fus doté d’une intelligence hors pair, et d’autres qualités non moins exceptionnelles comme une grande intuition, une forte capacité à séduire, un pouvoir irrésistible de persuasion, et un dévouement inégalé. Mais c’est bien mon intelligence qui brillait le plus, et elle n’a rien perdu de son acuité.

" C’est d’ailleurs elle qui fut remarquée par l’un des personnages les plus importants du Royaume. Il me prit sous son aile. Comme je dépassais même ses espérances, il me confia ses projets. Je fus un peu effaré. Il ne me présentait pas moins qu’une révolte en bonne et due forme contre le Roi.

 

7 - L'HISTOIRE DES HISTOIRES

Ce soir-là, nous nous réunîmes à nouveau autour d'une bonne table, comme chaque mois. Après le dessert, le maître d'hôtel apportait les digestifs ; commençaient alors les choses sérieuses.

L'un d'entre nous avait préparé un petit sujet, et chacun était invité à raconter une histoire de son cru, qui répondait à la question posée. Bien souvent je prenais des notes, car ces récits étaient vraiment originaux et passionnants. Chaque année, je publiais un petit recueil de "nouvelles spontanées". Je préparais le volume 10.

Ce soir-là, donc, ce fut John qui présenta le sujet. Nous l'écoutâmes tous avec attention:

" Votre vie s'achève. Le grand passage est commencé. Après le jugement, vous voici devant la Cité de la Vie Eternelle. En avançant vers la Porte de Saint Pierre, vous repensez à ce que vous avez rêvé de faire, à un moment ou à un autre de votre vie, et que vous n'avez pas fait. Racontez."

8 - UN GARÇON DU NOUVEL AGE

Assis sur son lit, Bernard se regarde dans la lame de son poignard. Aujourd'hui il a 25 ans et il va mourir. Il y a dix ans, jour pour jour, qu'il l'a prévu, et tout s'est déroulé depuis comme il le voulait. Un sourire apparaît sur son visage défait : il aura donc parfaitement réussi tout ce qu'il s'était fixé. Et personne ne le saura.

C'est l'heure. Bernard saisit le verre qui l'attend sur sa table de nuit: un mélange de médicaments et de poisons. Il approche de la fenêtre. La ville est calme. Un instant un doute l'effleure : et si… Mais il le chasse, comme chaque fois depuis quelques semaines.

Grimpé sur la chaise, Bernard regarde une dernière fois cette chambre et se tourne vers la ville, tout en bas. Il boit lentement son breuvage, enjambe le rebord et saute… Quand il arrive en bas, il est déjà mort, la lame a percé au "bon" endroit.

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9 - LE CONTRAT DE MARIAGE

Monsieur Soumiet leva les yeux de son journal. Dans le fauteuil qui était placé en vis-à-vis du sien, dans le salon cossu qu'il occupait depuis près de trente ans, lisait sa femme. C'était une petite dame de près de 75 ans, au visage ridé, mais à la santé de fer. Simone Soumiet avait presque 16 ans de plus que lui. Elle était tassée dans son fauteuil et suivait attentivement les péripéties que son roman lui racontait.

Monsieur Soumiet sourit en la regardant. Elle allait bientôt mourir… et c'est lui qui allait la tuer.

10 - MESSAGE

– Alors, lieutenant, quelque chose d'intéressant?

– Je ne sais pas encore, colonel, juste cela que nous ne parvenons pas à identifier. Ça vient du centre de la région, c'est tout ce que j'arrive à savoir.

 

Tout avait fonctionné impeccablement, jusqu'à il y a quelques jours.

11 - LES POULES DE PAULO

Hervé Batou ne mit pas plus de six secondes pour crocheter la serrure de la porte d’entrée. Ça avait été un jeu d’enfant, en fait. La porte de bois peint en vert s’ouvrit immédiatement.

 

12 - CONSEIL SIDERAL

Le doyen entra enfin. Tous se levèrent, même les plus âgés. Il avait beau être plus jeune qu'une bonne moitié d'entre nous, il était vénéré et admiré par tous, tant son intelligence et son esprit étaient grands. Et, il avait été choisi par Dieu.

Quand chacun se fut installé, et que le silence emplit la pièce, le doyen prit la parole. En fait, si la question était d'importance, il semblait à tous que la solution était évidente. Notre réunion était purement formelle, mais il nous intéressait d'en discuter pour manifester notre plein accord.

– En bref, devons-nous prendre le risque d'envoyer une mission sur terre pour rencontrer les hommes?

13 - L'ESCARGOT ET L'ELEPHANT.

" Si tu pars à la chasse à l'éléphant et que tu rencontres un escargot, prends-le".

Pour illustrer son enseignement sur les stratégies commerciales, le conférencier cita ce proverbe africain. Les étudiants emplissant l'amphithéâtre sourirent et notèrent, un peu amusés. Le propos était évocateur. Effectivement, lorsqu'on développait une politique de rachat de concurrents, il valait mieux ne pas en laisser sur la route. On ne savait jamais ce qui allait se produire dans l'avenir… l'escargot devenu mammouth pouvait devenir un réel obstacle.

C'était sa manière d'interpréter la sentence. Un élève leva la main…

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14 - LE RHUME MORTEL …

Quelques semaines passèrent, et je fus invité à une conférence médicale donnée par un psychiatre renommé. Éducateur, j'étais aussi passionné par la psychiatrie de l'enfant. Je vins donc naturellement à cette soirée.

Après un splendide exposé, clair et intelligent, nous fûmes conviés à nous retrouver dans les salons pour prendre un verre et partager nos impressions. Les auditeurs étaient des habitués, et j'en connaissais un bon nombre. J'aperçus un Professeur, éminent personnage, qui m'était fort désagréable, notamment par son penchant pour la boisson. Quand il était éméché, il se donnait un malin plaisir à choquer, et choisissait ses victimes au hasard. Ce soir-là, ce fut moi.

15 - LA QUETE DE LA COMTESSE DE SHEYWOOD

Tendant le bras dans un geste qui résuma à lui seul toute la distinction de son nom, la comtesse sonna. Quelques instants plus tard, trois coups discrets furent frappés à sa porte, et le majordome entra sur son invitation. C'était un homme sans âge, au regard plein d'intelligence ; la qualité de son service faisait l'envie de toute l'Angleterre, et provoquait une grande jalousie chez ses voisins, pourtant gâtés, de Darlington Hall.

L'homme salua avec déférence et un rien de complicité que tant d'années avaient fait naître entre les deux êtres.

– Hector…

Et oui, LA fleur des majordomes de la perfide Albion était un Français merveilleusement stylé. Il avait tout du majordome anglais, à ceci près qu'il n'était pas Anglais. C'était le comble du snobisme.

 

16 - LES COUGUARS

– Trois morts, c'est cela?

– Oui, monsieur le Sous-Secrétaire d'État.

Visiblement, ce dernier ne savait pas quoi dire: c'était écrit dans le rapport qu'il venait de parcourir. Pourquoi donc poser la question? Le chef des opérations spéciales du FBI continua:

– C'est deux fois moins que nous l'avions envisagé, monsieur.

– En effet, en effet… et ce Polster, où est-il maintenant?

– Comme prévu, il a été envoyé au pénitencier fédéral du Texas, dès qu'il a été repris. Il est absolument évident qu'il ne s'est douté de rien.

– Ça, je l'espère vivement. Ce serait très embêtant.

17 - LA DÉCLARATION

" Crève, maintenant, espèce de saleté !

" Tu n'es qu'une abominable ordure. Oh non, je ne t'achèverai pas !

"Va leur dire, à ceux de ta race, comment tu as été accueilli ici ; va leur dire que tous ceux qui, comme toi, viendront, seront éliminés sans pitié, exécutés… Sale engeance que vous êtes!

 

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18 - PHOTO A RISQUE

" Israël : un nouvel attentat palestinien fait cinq morts et plus de vingt blessés à Netanya…"

Jordan frémit. Chacune de ces annonces à la radio le plonge dans un état proche de la transe. Cette fois, il n’écoute rien de plus et se redresse. Il saute de son lit, s’empare de son porte-monnaie, et descend.

19 - LES RATS

Le bébé rat est en train de se repaître au fond de sa cage. Ils sont plusieurs dizaines à grignoter, dans cette annexe des laboratoires du Professeur Gelaghe, vivant seuls en appartements superposés. Bébé rat est au sommet de son gratte-ciel, et mange, insouciant. Il n'a pas vu la porte s'ouvrir, ni la main s'approcher. Il pousse un petit cri quand les doigts se referment sur lui, et l'emportent.

L'homme en blanc l'a mis dans une boîte où il tient à peine. L'animal regarde, semblant effrayé, la machine sous laquelle il a été placé…

DZZZACKK !!! L'éclair étourdit la bête que l'homme fait glisser dans une cage posée sur la table, contemplant les transformations subies par le rat.

20 - LE SCOUT EST FAIT POUR SERVIR ET SAUVER SON PROCHAIN

– Colin, ton journal scout est arrivé!

Le garçon bondit de son fauteuil et dégringole les escaliers. Est-ce qu'ils l'ont mis?

Colin manque de percuter sa mère qui lui tend la revue. Le jeune adolescent déchire fébrilement l'emballage souple, et tourne les pages avec impatience, sous l'œil amusé et fier de sa génitrice.

– Là!

 

Le garçon regarde avec émotion son visage souriant, tel qu'il est paru aussi dans le canard local, il y a deux mois déjà.

" Sauvetage au risque de sa vie "

21 - LE GRAND DÉPART

Le Commandant était debout sur la passerelle. Il regardait la ville maintenant abandonnée qui s'étendait à perte de vue. Tous les habitants avaient embarqué à bord des vaisseaux, n'emportant que les objets personnels.

L'officier, responsable de la sécurité de la cité, soupira. Ils avaient été tranquilles pendant près de vingt ans. Et voilà qu' "ils" revenaient, menaçant à nouveau la quiétude de son peuple.

Deux jours plus tôt, les détecteurs spatio-temporels avaient décelé l'approche des attaquants et le conseil de protection avait alors décidé de déclencher l'évacuation. Tout était prêt, depuis toujours, pour parer à cette éventualité. Des exercices avaient été régulièrement organisés et l'embarquement s'était effectué sans difficulté.

22 - LA NUIT DU 23 AOÛT

Debout devant le lit aux draps maculés de sang, l'inspecteur Torche feuillette son calepin à couverture de cuir pleine fleur patinée. Il relit attentivement les notes qu'il a prises, une heure plus tôt à l'hôpital, en conversant avec le garçon transporté d'urgence ce matin. L'homme est perplexe. Il est de plus en plus convaincu que le garçon ne lui a pas tout dit.

Alexis, 16 ans, s'est réveillé comme chaque matin de vacances, vers 8h30. Il a ouvert les yeux avec une grande appréhension. "Est-ce que c'est encore arrivé?"

A peine a-t-il essayé de faire un mouvement qu'Alexis a ressenti une grande douleur dans ses membres… Il n'a pu qu'appeler à l'aide. Ses parents accourus ont découvert avec horreur leur fils aîné tout contusionné, le corps couvert de plaies, comme s'il venait d'avoir un accident dans un train déraillé…

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23 - LA RECETTE DU CHOCOLAT OCTOPIDE

Archibald von Banaldühr salua ses collègues et subordonnés d'une main, en leur décochant un charmant sourire. La porte se ferma.

– Enfin seul…

Chaque soir, Archibald von Banaldühr attendait ce moment avec impatience. C'était un homme sympathique, d'une grande éducation. Etudiant très brillant, il était maintenant un savant apprécié, chercheur en génétique fondamentale.

Il était aussi réputé pour sa grande distraction et un comportement assez excentrique et très secret (…)Les commères du voisinage parlaient beaucoup de son élevage. On disait, dans le quartier, qu'il avait toutes sortes de petits animaux, vous savez, comme ceux qu'on utilise dans les laboratoires. Vu les quantités de nourritures qu'il se faisait livrer chaque semaine, il devait y en avoir partout dans la maison! Mais personne ne les avait jamais vus.

24 - L'ODEUR

Elle était arrivée un soir. Forte, puissante, irrésistible, elle avait envahi toute notre cité. Au-delà de nos travaux, nos labeurs, elle s'était imposée à tous.

Sans concertation, sans discours, inconsciemment, nous nous mîmes tous en route, l'un derrière l'autre. A la queue leu leu, nous avancions vers la maison de l'homme, d'où nous venait cette formidable odeur, promesse d'un repas fantastique pour toute la communauté.

25 - IL ETAIT UNE FOIS

Il était une fois un petit village en haut d'une colline, au pied d'une grande montagne, au fin fond du plus éloigné des pays ; c'était il n'y a pas très longtemps.

Derrière cette grande montagne vivait un être très gentil et aussi très grand, mais surtout très curieux.

 

C'était un ziloumi. On pourrait dire LE ziloumi, parce qu'il n'en existait qu'un par toute la terre.

Il se nourrissait exclusivement de neige. C'est pour cela qu'il vivait derrière la grande montagne.

Quand il mangeait de la neige, ce qu'il faisait souvent, de la fumée montait de ses oreilles. C'est pour cela qu'il y avait si souvent des nuages derrière la grande montagne.

Sa seule occupation, en dehors de manger de la neige, était d'observer la vie du petit village. Car il était vraiment très curieux. Et, si ce village était petit, il se passait cependant plein de choses tout à fait passionnantes…

26 - LA VIE TREPIDANTE D'UN DIRECTEUR D'INTERNAT

Traversant le parc verdoyant, le lourd carrosse s'avance lentement maintenant qu'on approche. Plusieurs jeunes gens ont abandonné leurs jeux et le suivent alertement. Enfin, les quatre chevaux s'arrêtent; on dirait qu'ils connaissent l'endroit depuis toujours. Au milieu de cette grande cour carrée, l'élégant attelage ne dépare pas.

Sous les arcades, les élèves se sont rassemblés, comme chaque jour. Dans un silence impressionné, ils regardent leur directeur d'internat descendre de sa voiture d'un autre siècle. Ce carrosse est une des lubies qu'il entretient avec soin, et que les garçons admirent. Comme tous ceux de leur âge, ils ont le goût du panache et du beau. Cet homme encore jeune, qui s'avance vers eux, sait répondre à ce goût.

Avec un respect évident, mêlé de cette simplicité presque familière que fait naître la vie à l'internat, les élèves saluent Monsieur Lordeil qui leur répond avec attention, une lueur d'affection brillant dans les yeux.

– Bonjour Monsieur… Bonjour Sire… Bonjour Maître…

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27. LE DERNIER VOL DU PAPILLON.

(Des fleurs pour Uzi)

– J'ai ce que vous m'avez commandé, M'sieur Léon…

Monsieur Léon s'approcha de la table et écarta les pans du torchon. Il sourit en dévoilant le pistolet-mitrailleur. Ce n'était pas un modèle très récent, non, loin de là. Mais c'était un des plus efficaces… et sans doute un des plus petits, facile à dissimuler. Le vieil homme saisit l'Uzi, le caressa doucement, puis en vérifia le bon fonctionnement…

28 - SANTINO VA A LA PLAGE.

– Ça y est… je sais comment faire…

Lunettes de soleil, chapeau aux larges bords, Sergio est accoudé à la rambarde longeant l'immense plage presque déserte. L'homme sourit, extrêmement satisfait de l'idée qu'il vient d'avoir.

Sergio est arrivé dans cette station balnéaire depuis deux jours, pour préparer les vacances de Santino Balducci, son patron. Ce dernier a choisi une période creuse, avant l'arrivée des flots de touristes qui sentent la crème solaire et la friture, pour se remettre des dernières semaines intenses à batailler contre Renato Frelli et son clan. Santino a chargé Sergio de préparer son arrivée et ce dernier s'est empressé d'obéir à son patron.

Seulement, le problème de Santino, et il ne le sait pas, c'est que le vrai patron de Sergio est Jean Lacaze, dit Jeannot le Fantôme. Et Jeannot à ordonné à Sergio d'éliminer Santino.

 

 

29 - RACKET.

Le Docteur Maxime Dinneth n’en revient pas. Il regarde, incrédule, les bracelets se refermer sur ses poignets. Son plan était pourtant parfait. Au moindre détail. Sauf… Comment aurait-il pu savoir ? Personne, non, personne n’était au courant.

Pendant trois ans, il avait mis en branle une arnaque parfaite, tout allait comme sur des roulettes. Hier encore, les conclusions des experts le donnaient toutes gagnant. Enfin, c’est surtout Lubjana qui gagnait, officiellement. Et là, en quelques mots, devant tous, le seul témoin de la défense a tout mis à terre… De manière si imprévisible, et tellement irréfutable… Maxime Dinneth en est complètement abasourdi.

30 - MELINIABROD

– Je reviendrai…

Muets de stupeur depuis que le vieillard avait commencé sa relation, les hommes assemblés autour de la table regardèrent, fascinés, la tête sénile tomber en cendres à son tour.

Ils restèrent immobiles et silencieux un long moment, contemplant les cendres brunes qui marquaient la présence passée de l’Oracle. Le doux parfum qui flottait dans la salle les maintenait dans un état de paix dont ils n’avaient pas encore pris conscience.

Lorsque le vieil envoyé avait débuté son discours, son corps avait entrepris de se désagréger lentement, en commençant par ses pieds. Une légère fumée, à peine perceptible, s’était dégagée, délivrant un subtil parfum de rose et d’encens. Au début de sa diatribe, les membres du Conseil n’avaient même pas remarqué ce qui se passait, tant ils étaient absorbés par ce qu’ils entendaient. Puis, ils avaient assisté à ce prodige, comme paralysés. Lorsque le Premier Conseiller avait eu un geste d’alerte, l’Oracle lui avait souri et simplement rétorqué :

– Laisse, écoute plutôt, le temps m’est compté…

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Quelques mots sur l'auteur:

Diplômé ingénieur commercial avec une spécialité en Ressources Humaines, il a aussi étudié l'histoire de l'art et la spiritualité.

Ayant une bonne expérience de l'éducation des adolescents (établissements scolaires, scoutisme, aumôneries), il a également exercé un ministère d'accompagnement auprès de personnes en grandes difficultés.

Après un séjour au Moyen-Orient, il travaille actuellement dans le Languedoc comme responsable éducatif au sein d'un collège-lycée.

Il a fait paraître des histoires et des articles dans des revues pour jeunes ou éducateurs.

Bibliographie (si on peut appeler ça ainsi!):

Dans diverses publications des Scouts d'Europe

Maîtrise 67q. Déc.85 - Article de fond - La Loyauté

Scout d'Europe 107 - Conte à visée formatrice - La mission de Jéol

108 - Conte de Noël

113 à 118 - Interviews du personnage fictif JP Auteloy

Carnet Jaune, articles : La Loi - Les Principes - Engagement

 

 

Pas publiés, tirage limité aux destinataires:

Livret pour CP - 40 pages (1984)

Livret Liturgie 76 pages, à l'usage des servants de messe (1990)

Ecosse 1990 : articles et illustrations, mise en page, journal du camp de la Badge et photos SdE n°132 (1990)

Articles et conception du journal des internes à ND des Aydes de Blois dans les années 1994/1997

Articles pour le journal des chefs SUF de Blois, et pages de réflexion pour les CP sur le 10è article (1995)

 

Engagé dans plusieurs projets culturels, il a participé à la production d'un CD audio paru en juin 2003, (La compil Bebiboum, chez Rejoyce)

et publie ici son premier recueil de nouvelles.

D'autres textes sont en préparation, en particulier un roman "Meliniabrod" (dont l'introduction est incluse dans L'honneur du nom), et quelques nouvelles (extraits).


Pour le plaisir des yeux:

 

 


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