| Idées fausses sur la morphine |
| article parru dans Dossier Familial novembre 2002 |
La morphine est la « pièce maîtresse
» pour soulager les douleurs les plus intenses. Mais les vieux mythes
ont la vie dure.
• Peur de la dépendance.
Lorsqu’elle est bien prescrite, il n’y a aucun risque d’induire
une toxicomanie. On l’a vérifié chez les adolescents malades
qui s’en injectaient à la demande et ne souffraient d’aucun
manque une fois guéris.
« La morphine, utilisée comme calmant, ne provoque pas d’accoutumance,
écrit le Dr Claude Grange, responsable du service de long séjour
à l’hôpital de Houdan, dans « Médecin de l’inguérissable
» (éd. Bayard, octobre 1999).
On dit que la douleur est son antidote. Autrement dit, tant qu’on administre
de la morphine pour soulager une douleur, elle n’a pas d’autre effet
secondaire qu’une constipation permanente qui nécessite la prise
de laxatifs et parfois des nausées. »
• Peur de la mort programmée.
Le mot résonne comme « mort fine » et reste encore trop souvent
associé à l’idée de fin de vie.
Pourtant, ce produit n’est pas réservé aux malades en phase
terminale (même s’il demeure irremplaçable pour maintenir
la qualité de leurs derniers instants).
C’est l’intensité de la douleur qui le fait prescrire et
non la gravité de la maladie.
On l’utilise pour traiter certaines crises de coliques néphrétiques.
• Peur d’entraîner une dépression
respiratoire due à un surdosage.
Ce risque est aujourd’hui parfaitement maîtrisé. La preuve
? On en donne même aux personnes atteintes de mucoviscidose, dont seule
une petite partie du poumon fonctionne.
« Il n’y a pas de posologie maximale, explique le Dr Claude Grange.
La juste dose est celle qui soulage le malade. Un surdosage apparaît uniquement
lorsque la douleur n’est plus là pour contrecarrer les effets indésirables
du produit. »