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Hystérectomie

 

Le témoignage de Lilith

    Après 2 laparotomies pour endométriose récidivante, les douleurs sont revenues plus tenaces et violentes que les fois précédentes. Mon gynécologue m’a alors demandé d’effectuer toute une série d’examens afin de s’assurer que la douleur n’avait pas une autre origine, digestive entre autres. Les différentes échographies pelviennes, ou sur l’arbre urinaire ne montraient rien de précis.  L ‘IRM n’a rien révélé sinon un tout petit kyste sur l’ovaire. Les antalgiques de type classique ne suffisaient plus, le médecin m’a alors prescrit des dérivés morphiniques. Ces médicaments s’ils soulageaient momentanément la douleur me laissaient dans un état assez léthargique.

     Et puis les dérivés n’ont plus suffi à calmer les douleurs croissantes, et un rendez-vous a été pris avec un anesthésiste spécialisé dans la prise en charge de la douleur. Après un long interrogatoire, il fut décidé que la morphine me serait prescrite… en attendant. J’avoue que cela m’a permis de souffler un peu. Entre temps, je voyais le gynécologue, et les examens se succédaient. Jusqu’au moment où la marche est devenue quasi impossible. Mon médecin gynécologue me connaissait, et savait que la douleur avait une origine bien réelle.

    On augmentait sous contrôle médical les doses morphiniques, on passait aux injections (extrêmement douloureuses) (Nubain) mais il n’y avait pas d’autres solutions. Et puis mon gynéco a commencé à me parler d’une ovariectomie…Le coup fut rude, je pleurais, je ne savais plus. Il m’a laissé le temps de laisser évoluer cette éventualité dans ma tête… Mon mari était avec moi bien sur, et lui, ce qu’il voulait c’est que je ne souffre plus. J’avais un enfant, je n’avais pas de désir pour un second enfant, mais on commencait à toucher là au plus profond de mon intimité de femme.

         Le rendez-vous fut pris pour revenir discuter avec le gynéco de ma décision, de notre décision. C’est lors de ce rendez vous que le médecin m’a alors parlé de l’hystérectomie.   Tout s’effondrait autour de moi, même si la souffrance était envahissante. Comment concevoir ce type d’intervention à 37 ans. ? J’ai compris plus tard que mon médecin m’avait d’abord parlé de l’ovariectomie afin de me préparer à l’idée de l’hystérectomie.

         Je refuse le mot de « totale » employé souvent, je le trouve mutilant, et dérangeant, on dirait qu’il ne nous reste plus rien, y compris la féminité. Il avait eu la délicatesse de penser à ça. Aujourd’hui encore je lui en suis reconnaissante.  Il me demanda de réfléchir, d’être sure de moi, sure de ce que la décision soit la mienne, véritablement mienne. Entre temps, on continuait la morphine. Le médecin m’avait assuré que même au dernier moment, même dans le bloc opératoire on pouvait encore tout arrêter et reporter. Ce ne furent pas des mots en l’air, il vint dans le bloc opératoire me demander si j’étais toujours d’accord. L’intervention fut longue car l’endométriose avait beaucoup évoluée, et il y avait une adénomyose importante (affection typique de l’endométriose sur l’utérus). La pompe à morphine a fonctionné 3 ou 4 jours, le lendemain de l’intervention on me demanda de m’asseoir sur le lit… Avec de l’aide bien sur, mais j’y suis arrivée.

        Aujourd’hui, je ne regrette absolument pas cette intervention, parce que je sais qu’elle a été bénéfique pour moi, même si la décision a été difficile à prendre. L’adénomyose ne pouvait pas se soigner, et trop d’organes étaient atteints. Ce que je sais, c’est qu’en France, cette intervention n’est proposée qu’en dernier recours .Dans certains pays (EU Canada) l’hystérectomie représente une grande partie des interventions en milieu gynécologique. Peut on penser que le système français permette un accès aux soins donnant la possibilité d’envisager l’hystérectomie en dernier lieu ?

         Dans les pays où l’assurance sociale est assez particulière, je pense que les assurances peuvent exercer des pressions sur les médecins afin qu’ils « règlent » les problèmes de façons plus expéditives et qui reviennent moins chers. Si on calcule le prix d’une coelioscopie ou laparotomie + le traitement bloquant l’activité hormonale, et si on peut estimer que ce traitement sera proposé 2 ou 3 fois à une femme qui souffre de l’endométriose (+les absences au travail) on peut se poser la question  si une hystérectomie  n’est pas plus « rentable » pour le lobbye des assurances…

        Lorsqu’une femme me parle d’hystérectomie, je lui dis toujours de penser que c’est son corps.  Que personne ne pourra décider à sa place, que c’est un cheminement qu’elle doit faire dans sa tête, seule dans un premier temps, et puis en parler avec son conjoint ou compagnon. Le médecin c’est celui qui va effectuer l’intervention, pas celui qui va la vivre…Ces organes représentent la féminité aux yeux de tous. C’est la possibilité d’enfanter, ce sont les règles qui prouvent que tout marche, c’est énorme au niveau de la position « femme » dans la société. Si elle n’est pas prête pour cette idée et si médicalement elle peut attendre un peu, il est préférable qu’elle se donne un peu de temps.

          L’hystérectomie peut être une solution pour envisager une vie normale. Les récidives existent, c’est une éventualité à prendre en compte, mais ce sont des cas rares. Après l’hystérectomie, quelques mois après, le médecin met en route un traitement hormonal substitutif qui vous permettra d’éviter les problèmes dus à la ménopause. Il est important de trouver avec lui la solution de prise qui vous conviendra le mieux. Spray nasal,  Patch Comprimé Gel….Au bout de quelques mois, on retrouve une vie normale.

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Dernière mise à jour : mercredi, 31. juillet 2002


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Ce site n'existe que dans un but informatif. Je ne cherche qu'à aider des personnes souffrant d'endométriose. Je ne suis pas apte à donner des conseils médicaux et il faut consulter un médecin si une information semble correspondre à votre cas. L'automédication est très dangereuse. Je ne suis pas responsable en ce qui concerne les traitements, les médicaments et les médecins
 
 
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