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LA PILULE, LA MÉTHODE CONTRACEPTIVE LA PLUS UTILISÉE EN FRANCE DEPUIS PLUS DE 20 ANS

 

PARIS, 23 juillet (Reuters Santé)

La pilule est la méthode contraceptive la plus utilisée par les Françaises depuis 22 ans, en particulier chez les jeunes Femmes, montre une étude publiée lundi dans le dernier numéro de "Populations & Sociétés", le bulletin mensuel de l'Institut national d'études démographiques (Ined). L'Ined suit l'évolution des pratiques contraceptives des Françaises "susceptibles d'être enceintes sans l'avoir souhaité" depuis l'adoption de la loi Neuwirth, qui a légalisé la contraception en 1967. Cette étude utilise les données de l'Insee et celles d'une enquête (baptisée Cocon) menée par l'Inserm depuis 2000 auprès de 2.863 femmes suivies pendant 5 ans. Ainsi, l'Ined constate une "médicalisation croissante de la contraception" depuis 1978. La pilule était, déjà à cette époque, la méthode la plus utilisée et elle continue à se diffuser, passant de 40% à 60% de l'ensemble des femmes de 20 à 44 ans.

En parallèle, le recours au stérilet a aussi progressé jusqu'en 1988 (de 12% à 28%), a diminué ensuite jusqu'en 1994 pour se stabiliser aux alentours des 23%. Les autres méthodes -préservatifs, retrait, abstinence périodique, ainsi que produits spermicides- "ont donc reculé de 43% à 16%", note l'Ined, le préservatif représentant à lui seul près des deux tiers de ce groupe, alors qu'en 1978 le retrait figurait en tête. Autre élément notable, l'utilisation de la stérilisation volontaire dans la régulation des naissances. Même si cette méthode occupe "une place modeste", la proportion des femmes ayant recours à cette opération après 40 ans et avant la fin de leur vie reproductive n'est pas négligeable (en 1994, une femme sur 5 à 45-49 ans). PROGRESSION DE LA PILULE À TOUS LES ÂGES En entrant dans le détail de cette étude, l'Ined constate que l'utilisation des diverses méthodes de contraception "dépend de plus en plus de la position dans le cycle de vie".

Ainsi, les femmes jeunes préfèrent la pilule, tandis que le stérilet est davantage utilisé par leurs aînées. Cette tendance est également liée au nombre d'enfants déjà nés : plus il est élevé, moins de l'utilisation de la pilule est importante et plus l'est celle du stérilet. Pourtant, l'emploi de la pilule a augmenté à tous les âges entre 1978 et 2000 (de 60% à 86% pour les 20-24ans, de 45% à 72% pour les 25-29 ans, de 38% à 58% pour les 30-34 ans, de 26% à 32% des 35-39 ans et de 12% à 39% pour les 40-44 ans). Sa progression a cependant ralenti chez les 35-39 ans, tandis que le recours au stérilet s'est stabilisé au-dessus de 35 ans mais a fortement reculé entre 25-34 ans. "Le retard de l'âge à la maternité pourrait expliquer une part de cette double évolution, si le stérilet est utilisé principalement comme méthode de contraception 'd'arrêt' (quand le nombre final d'enfants souhaité est atteint) et non comme méthode d'espacements des naissances", suggèrent les auteurs de l'étude. Dans ce cas, la hausse de l'utilisation de la pilule peut surprendre, reconnaissent-ils, supposant alors qu'elle s'explique par une offre diversifiée (pilules uniquement progestatives ou oestroprogestatives plus faiblement dosées).

L'enquête se penche également sur les différences de profil entre les utilisatrices de méthodes contraceptives. Ainsi, en 2000, les femmes déclarant accorder de l'importance à la religion utilisent autant la pilule que les autres alors qu'elles étaient légèrement moins nombreuses en 1988 et beaucoup plus réticentes dans les années 1960-70. De manière parallèle, les écarts entre petites communes et grandes agglomérations tendent à se réduire et c'est dans les premières que la pilule est en tête. En revanche, la catégorie socioprofessionnelle a désormais un effet en 2000 sur le choix du mode de contraception, en dehors de l'âge, de la situation conjugale et du nombre d'enfant. La progression de la pilule a été la plus forte chez les femmes ouvrières et cadres, tandis que les artisanes et commerçantes semblent avoir davantage recours aux méthodes "traditionnelles" (pas de plus grande utilisation du stérilet).

NOUVELLES MÉTHODES ET NOUVELLES LOIS EN 2001

Enfin, l'Ined note que moins de 5% des femmes en âge de procréer déclare n'utiliser aucune méthode contraceptive. Cette proportion augmente avec l'âge et diminue avec le niveau d'études : le profil type correspond à des femmes âgées de plus de 24 ans, ouvrières et ne bénéficiant pas d'une mutuelle. "On peut être surpris de constater que le nombre des grossesses non voulues et donnant lieu à une IVG ne diminue guère en France depuis 20 ans, alors que l'usage des méthodes contraceptives modernes s'est largement répandu", remarquent les auteurs de l'étude. Outre l'absence de contraception, le recours à des méthodes traditionnelles (encore 16% des Françaises), mais aussi les échecs chez les utilisatrices de la pilule et du stérilet expliquent en partie cette situation. L'Ined et l'Inserm vont continuer à suivre l'évolution des pratiques contraceptives d'autant plus que de nouvelles méthodes et de nouvelles lois sont apparues en 2001 : lancement d'une nouvelle "pilule du lendemain" contenant un progestatif seul, vendue librement en pharmacie et délivrée gratuitement aux mineures ; autorisation donnée aux mineures d'accéder à une contraception sans contrôle parental ; légalisation de la stérilisation à but contraceptif sous certaines conditions ; plus large diffusion du préservatif féminin, mise en vente d'un implant contraceptif et nouveaux modèles de stérilet...

 Mardi 23 juillet 2002 - Copyright © APM-Reuters - Tous droits réservés

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Dernière mise à jour : mercredi, 31. juillet 2002



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