DÉPENDANCE À LA
MORPHINE : ELLE SERAIT ATTÉNUÉE GRÂCE À UNE SUBSTANCE CÉRÉBRALE
PARIS, 29 juillet
(Reuters Santé)
L'addiction à la
morphine pourrait être atténuée sans que ses propriétés analgésiques ne
soient altérées grâce à des médicaments ayant pour cible un récepteur
cérébral spécifique, montre une étude publiée sur la version
électronique de la revue scientifique "Proceedings of the National
Academy of Sciences" (Pnas). Le récepteur muscarinique M5 est un des
composés cérébraux intervenant dans le système nerveux de récompense aux
drogues et, par conséquent, à leur dépendance. Pour déterminer le rôle
exact de cette protéine dans la modulation des effets de la morphine,
Anthony Basile et ses collègues ont manipulé certains gènes de souris
afin qu'elles ne possèdent plus le récepteur M5, puis leur ont fait
subir un test classique servant à évaluer la dépendance aux drogues.
Contrairement à ce qui est normalement observé chez des souris non
manipulées, les rongeurs dont le génome avait été modifié n'ont pas
éprouvé de nette préférence pour la cage associée à l'administration de
morphine, excepté lorsque les doses étaient très fortes. Ces souris ont,
en outre, manifesté beaucoup moins de troubles associés au sevrage
morphinique que les autres, alors que l'effet analgésique apporté par le
médicament semble avoir été préservé. L'élimination du récepteur M5
pourrait donc être envisagée dans le traitement de la dépendance à la
morphine, mais aussi aux drogues comme la cocaïne et l'héroïne qui
impliquent le même circuit de récompense au niveau du cerveau, suggèrent
les chercheurs. Etant donnée la présence limitée de ce récepteur au
niveau du cerveau, les effets secondaires des médicaments qui l'auraient
pour cible pourraient, de plus, être minimes, estiment-ils.
Lundi 29 juillet
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