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Le mois de juillet - du 1er au 7

Mercredi, le 3 juillet

Enfin je vais faire une entrée dans mon journal! Est-ce possible après tout ce temps? Nous sommes mercredi, il est un peu passé 20h00 et je viens de manger une fraîche salade de pâtes avec de la ratatouille. Parfait pour cette canicule qui n'en finit plus. Je viens tout juste de refuser un appel téléphonique d'une compagnie quelconque désireuse de me faire profiter d'une incroyable aubaine... J'en ai ras-le-bol de ce genre d'intrusion dans mon domicile, j'ai de la misère à rester polie avant de raccrocher... Et il y en a de plus en plus!

Je trouve difficile de reprendre le fil de mon journal après autant de jours, surtout qu'il s'est passé des choses que j'aurais aimer consigner ici presque immédiatement, histoire de le faire sur l'émotion du moment, il me semble que j'aurais été plus précise. Si je n'ai pas écrit plus tôt, c'est parce que d'abord je n'ai pas été chez moi avant dimanche soir très très tard. Puis ma fille est revenue avec moi, son conjoint étant en voyage d'affaire. Pas question d'écrire mon journal quand elle est ici. Elle sait beaucoup beaucoup de choses sur moi. Je me suis d'ailleurs surprise, ces derniers jours, à lui faire quelques confidences que je ne pensais pas aborder avec elle, dont cette décision que j'ai prise jeudi, et je suis d'ailleurs très heureuse de lui en avoir parlé. Elle est vraiment une femme merveilleuse. Sauf, que je ne lui ai pas parlé de ce journal et que je n'ai pas l'intention de le faire non plus. C'est vraiment mon petit coin secret... :-)

Hier, je pensais bien faire une entrée, mais le grand copain m'a enlevée dans son auto climatisée et nous avons fui la canicule vers un merveilleux endroit de villégiature, à quelques heures d'ici, où nous sommes allés visiter deux couples d'amis qui y ont leur chalet. Bon, bien évidemment, si je ne pensais pas être lue par quelques personnes, j'écrirais l'endroit et aussi le nom de ces amis... C'est difficile de faire complètement abstraction du fait que ce journal est en ligne. Peut-être est-ce parce que je n'ai pas écrit depuis plusieurs jours, mais je me sens moins naturelle ce soir.

Autre raison de cette absence prolongée : la fée informatique qui s'est "excitée" un peu durant mon absence et qui a décidé de me faire un autre beau cadeau et d'améliorer l'aspect technique de mon journal, c'est-à-dire la façon de le monter. Là j'ai dû avaler les bouchées doubles!! Quand on a créé mon journal, elle était en visite chez moi et pouvait surveiller mes agissements et me guider au fur et à mesure. Mais, comme elle est de retour dans son royaume, le cours intensif s'est donné par téléphone!!! Une médaille pour elle qui a fait preuve d'une incroyable patience. Bon, j'en suis à mes débuts avec cette nouvelle façon de faire et c'est vrai que c'est très agréable, beaucoup plus facile et beaucoup plus clair. J'ai hâte de voir les résultats finis.

Samedi, la rencontre avec la famille de mon ex-mari a été tout simplement formidable. Tout s'est admirablement bien déroulé. Un vrai beau cadeau de la vie. Les nombreuses années qui se sont écoulées n'ont épargné personne, tous ont eu, à un moment ou à un autre, des difficultés diverses à surmonter. J'avais devant moi des êtres humains mûris, façonnés par la vie, qui avaient gardé leur dignité, qui avaient acquis ou qui laissaient mieux s'exprimer une certaine tendresse. (Je parle des gens de ma génération.) Les rires ont fusé, l'atmosphère était excellente. Bien évidemment, beaucoup de souvenirs ont été évoqués, mais de façon tellement sereine. Le tout a duré plus de douze heures et pas une seule minute n'a été de trop.

Ce que je retire de cette belle journée? La certitude que mes choix ont été bien faits, que ma décision du temps était la plus sage, qu'elle était en réalité la seule possible. Ce qui m'a fait le plus chaud au coeur? L'attitude de ma fille et sa joie évidente à me présenter aux gens de sa génération, surtout les conjoints de ses cousins et cousines. J'ai cependant compris combien il avait pu lui être difficile de fréquenter cette partie de sa famille durant ces années en ne présentant qu'une moitié de son appartenance, en étant presque obligée de faire abstraction de l'autre. J'ai toujours pensé que j'en avais été consciente, mais je pense que j'ai sousestimé ses difficultés à cet égard, et je le regrette beaucoup.

Il me semble que la vie me fait de bien curieux signes dernièrement, comme s'il était temps pour moi de mettre certaines choses de mon passé en ordre, de faire un certain bilan. Je pense notamment au fait que j'ai dans le même mois acquis ce pot à fleur de la famille de mon premier amour et eu cette superbe rencontre avec la famille de mon ex-mari. Est-ce la façon de la vie de me dire qu'elle s'achèvera bientôt? Je ne le pense pas, du moins rien ne me donne raison de le croire pour le moment. Non, je dirais plutôt qu'il est temps pour moi de comprendre que je suis plus solide que je ne le pensais. Je ne suis pas fragile, je suis sensible, c'est différent. Mes valeurs sont bien installées, mes convictions sont très présentes. Oui, je suis une femme heureuse et je l'ai encore constaté, encore mieux compris en fin de semaine. Je n'en tire aucune gloire, j'en suis tout simplement infiniment reconnaissante.

Ce qui m'amène à revenir sur ma décision de jeudi. J'ai pris la bonne, la très bonne décision. Aussi la seule souhaitable pour le moment...

Le temps de dire que je suis dans la noirceur devant mon écran, ne voulant pas ajouter à la chaleur de mon petit bureau. Je ne suis éclairée que par la seule lumière de l'écran. Et l'environnement musical est lui aussi plus modeste : j'ai installé le cd dans mon ordinateur, parce que toutes les fenêtres sont bien évidemment ouvertes... Mon système de son est assez éloigné de mon petit bureau, alors pas question d'imposer à mes voisins mes goûts musicaux par cette incroyable chaleur. Non, c'est bien sobrement que j'écoute 3 Concertos pour flûte de Vivaldi et un Concerto pour Violon par Alain Marion, flûtiste, et l'Ensemble Strumentale di Venezia. Paisible musique, toute en sérénité qui me convient bien aujourd'hui.

Ce que je voudrais encore comprendre dans dix ans, en relisant cette entrée? Que j'ai fait ces derniers temps d'importantes constatations en ce qui concerne la conduite de ma vie à ce jour. À ce moment-là, je serai aussi à même de juger si j'aurai su en profiter pour avancer, pour creuser cet aspect de ma vie auquel je veux tellement m'attarder, l'enrichissement de ma vie intérieure. J'espère que je n'aurai pas stagné.

Dimanche, le 7 juillet

Pour tout dire, ce matin je joue avec le feu... :-) La charmante fée informatique, dans son tourbillon de la semaine dernière, est repartie de mon site emportant une partie de ses secrets... Et comme elle papillonne dans d'autres sphères en ce moment, je dois me débrouiller seule et il me manque un peu de poudre de perlimpinpin... Alors, je reviens dans mes vieilles pantoufles même si Geocities, un peu capricieux ce matin, semble vouloir me faire des petites misères... Et si c'était les problèmes techniques du monstre Vidéotron qui perduraient? Bon, on y va tout de même et on verra bien... ;-) J'avais commencé une entrée dans la nuit d'hier à aujourd'hui sur mon autre écritoire mais je ne la poursuis pas. On n'écrit pas de la même façon la nuit que le jour. Hier, j'écoutais le merveilleux Requiem de Mozart, je m'en suis rassasiée. Mais là, ce sont Six sérénades pour flûte et guitare op.109 de Ferdinando Carulli (1770-1841) interprétées par Peter-Lukas Graf, flûtiste et Konrad Ragossnig, guitariste.

Bon, voici : plusieurs heures se sont écoulées depuis le paragraphe précédent. Entre temps, j'ai reçu un appel téléphonique d'une amie. Je suis allée bruncher avec elle et nous avons passé l'après-midi à nous promener un peu partout par ce beau temps et nous avons aussi un peu bouquiné, ce que nous aimons beaucoup toutes les deux. Les funérailles de sa soeur décédée ont eu lieu hier, funérailles auxquelles j'ai assisté. J'avais aussi dû aller, jeudi matin, aux funérailles du père d'une jeune amie. Il y avait quelques années que cela ne m'était pas arrivé, les avant-dernières étant celles de mon frère. C'est curieux comment le phénomène de la mort en lui-même donne plus à réfléchir lors de funérailles par lesquelles nous ne sommes pas touchés personnellement. Dans le cas de mon frère, la peine était telle que c'était sa mort qui était importante, le fait qu'il serait désormais absent de nos vies et aussi le chagrin que nous avions à cause des grandes souffrances qu'il avait vécues dans les derniers mois de sa vie.

En ce qui regarde cette amie, cette soeur plus âgée qu'elle lui avait servi de mère et elle lui était très attachée. Je pense que les bons moments passés ensemble aujourd'hui plus la discussion politique que nous avons encore trouvé le tour d'inclure dans notre conversation auront contribué à lui faire un petit ici/maintenant un peu plus joyeux. Je la sentais plus vulnérable, désireuse de saisir toutes les occasions possibles de rire.

Ce sont encore les Six Sérénades pour flûte et guitare qui jouent en ce moment. Petite musique simple et joyeuse idéale par cette belle journée. Une des raisons pour lesquelles j'aime bien consigner les musiques qui me sont présentes lors de la rédaction de mes entrées, c'est que je veux pouvoir me souvenir dans quelle atmosphère mes idées baignaient... :-) Tout comme mon journal me sert à garder en mémoire les petits bonheurs du jour, il me servira aussi à me rappeler vers quelle musique allaient mes préférences du jour... :-) Tiens, je vais citer cette très belle phrase cueillie chez Julien Green dans Jeunesse :

"Sainte musique, je te dois tout. Tu m'arrachais à moi-même en des heures où je ne me supportais plus."

Parlant de Julien Green, mon projet de lecture de ses écrits autobiographiques avance très bien. C'était un homme complexe dont j'ignorais à peu près tout en abordant ces livres. Je suis fascinée par ma lecture et je sais que je me rendrai au bout. Pourtant, je ne dois mon initiative qu'au simple fait qu'il se trouvait 5 tomes de son journal dans la collection Livre de Poche sur les tablettes d'une librairie d'occasion où j'adore aller fouiner. Bien évidemment, on peut se procurer l'ensemble de ses écrits autobiographiques, en quelques volumes je crois, dans la collection La Pléiade mais c'est tellement cher! Je pense que je craindrais de tourner les pages de tels volumes... :-) Alors, un des grands plaisirs de cette aventure, c'est justement de dénicher les autres tomes dans les librairies d'occasion, la plupart de ces titres étant depuis longtemps épuisés. Il ne m'en manque maintenant que quelques uns... :-) D'ailleurs, quand je visite ma fille dans sa ville, c'est toujours une de mes activités préférées que d'aller bouquiner dans ce genre de librairie (ce qui cause d'ailleurs un grand problème d'embouteillage dans ma bibliothèque où s'accumulent tous ces trésors dénichés au petit bonheur... :-) Alors quand je vais dans ces librairies, j'ai maintenant un objectif précis en plus de savoir que je me laisserai tenter par l'inspiration du moment. :-)

Pour en revenir à Green, j'ai aussi beaucoup aimé dans Partir avant le jour cet extrait d'un poème de Victor Hugo que j'écris ici parce que je veux le garder en mémoire:

Soyez comme l'oiseau, posé pour un instant
Sur des rameaux trop frêles,
Qui sent ployer la branche et qui chante pourtant,
Sachant qu'il a des ailes !

Bon, je ne puis pas quitter sans mentionner cette belle rencontre d'amis hier soir dans notre restaurant italien préféré, pour fêter le 32ème anniversaire de mariage d'un couple que j'apprécie beaucoup. Mariage réussi, individus/partenaires heureux et épanouis. Pourtant la vie ne leur fut pas toujours facile, loin de là. J'aime leur regard et leur complicité. Chose formidable en plus, ils sont très conscients de leur chance. Alors, la soirée fut fantastique et le vin a coulé à flot. Oui, leur bonheur est contagieux... :-)

 

 

 

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