Au bonheur du jour




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Le mois de juillet - du 15 au 22

Jeudi, le 18 juillet

Je me suis levée très tôt ce matin. Il faisait temps gris et je pensais qu'il en serait ainsi de la journée. Pourtant, il n'est qu'un peu passé 7h00 et déjà le soleil resplendit. Voilà un avantage de ne pas avoir écouté les prévisions de la météo, il y avait place pour cette jolie surprise... :-)

Quelques jours se sont écoulés depuis que je suis venue écrire dans ce journal. Pendant un moment, j'ai vécu un peu en dehors du temps, dans un espace fragile et nouveau de ma vie. Et j'ai en ce moment l'impression d'être dans un planeur, de regarder, dans le sifflement léger du vent, le paysage de ma vie. Rien ne semble avoir changé, tout paraît calme. Je ne sais pas d'où vient le vent ni jusqu'où il se rendra. Ce que sais c'est qu'il est suffisamment fort pour porter les ailes du planeur le temps qu'il faudra et qu'il lui permettra d'atterrir en douceur.

J'écoute en ce moment le très bel Adagio du Quintette à cordes, en do de Franz Schubert. C'est une musique douce, belle, sereine, avec un rien de gravité qui justement me semble la musique qui conviendrait à un lever de soleil dans la nature. Cet air est assez souvent utilisé dans les films et le dernier que j'ai visionné qui y faisait appel était Cet amour-là que j'ai vu la semaine dernière.

J'ai beaucoup négligé, depuis quelques mois, certains aspect très matériels de ma vie pour m'occuper plutôt de ceux nécessités par les circonstances changeantes de la vie de ma mère. Il est plus que temps que je me remette au rang de mes priorités dans ce domaine, et j'en ai le goût en plus. Alors, je me suis fait une petite liste des choses à faire que je vais attaquer avec plaisir. Sans oublier, bien évidemment, d'inscrire en plus sur cette liste, la liqueur de framboise, le pesto, les confitures et marinades... :-) Pour déguster chez moi et aussi offrir en cadeaux.

Mon petit déjeuner est terminé et je lance ma journée. Peut-être reviendrai-je ce soir pour mettre un peu d'ordre dans mes idées. Je remarque qu'en plus des circonstances particulières à peine esquissées, ce silence de quelques jours rend plus difficile la reprise de confidences à mon journal.

Vendredi, le 19 juillet

Il est encore tôt ce matin. Quel plaisir de s'éveiller à une belle journée ensoleillée. J'ai déjà mangé et je termine mon café un peu refroidi. J'ai choisi pour écrire cette page, d'entendre le Petit livre d'Anna Magdalena Bach, dans lequel elle a consigné, pour l'apprentissage musical de ses enfants et pour les loisirs musicaux de sa famille, quelques compositions de Bach qui ont été expressément conçues pour cet usage ou des passages de certaines autres de ses oeuvres. J'aime l'atmosphère que cette musique insuffle dans ma maison. Il m'arrive parfois d'avoir l'impression de vivre bien éveillée dans un rêve. J'ai de la difficulté à me souvenir d'une date ou de l'âge que j'avais la première fois que j'ai ressenti cette très forte impression, cette sensation palpable du bonheur, mais surtout l'absolue nécessité de s'y arrêter et de le reconnaître. Probablement vers la trentaine. Il ne faut pas gaspiller ces moments, il me faut les cueillir et les conserver. Et ce journal me sert aussi à cela.

Hier, la journée fut belle et assez productive. C'est avec plaisir que je cochais ma petite liste de choses à faire. Mais l'entreprise sera plus longue que prévue. Selon ma vieille habitude, j'ai sous-estimé le temps nécessaire. Qu'il m'est donc difficile d'être parfaitement méthodique et organisée. Bon, j'arrive à peu près toujours à faire ce que je veux faire ou ce qui doit être fait, mais j'ai l'impression de ne pas toujours y aller par le plus court chemin. Oui oui, il y a un grand plaisir à se laisser détourner de ses plans et à musarder dans l'armoire aux trésors ou dans la bibliothèque, mais, à ce moment-là, je me prive aussi de consacrer deux heures pleines à une lecture plus précise que je veux aussi faire. Dans un certains sens, avoir un plan et s'y conformer n'est pas que contrainte, c'est aussi meilleur accès à un temps libéré. Bon, je vois que ma résolution du Nouvel An 2002, (qui était aussi celle de 2001 mais qui a été transférée presque non usagée à la suivante) soit Organisation et Méthode, risque aussi d'être celle de 2003. Apprendrai-je vraiment un jour? Franchement, j'en doute. Par quel merveilleux tour de passe-passe la nature a-t-elle doté ma fille de cette qualité dont je rêve pour moi? Parce qu'à cet égard, je suis le désespoir de ma fille et elle est ma joie... :-)

Au chapitre d'hier aussi, agréables conversations téléphoniques avec la fée informatique et une autre amie. Prendre le temps, oui, prendre le temps... Petits bonheurs du jour? L'agréable odeur d'une couverture de laine séchée par le vent léger et la chaleur du soleil. La très belle image, qui restera dans ma mémoire, du soleil de fin d'après-midi, filtré par les feuilles des grands arbres, qui baigne le plancher de la cuisine, pendant que des napperons de dentelles, suspendus sur la corde et gorgés de lumière, ondulent dans le vent. Et cette très longue et très belle conversation avec l'ami très cher.

Samedi, le 20 juillet

Je ne suis pas certaine que ce soit le bon moment de la journée pour écrire ce journal. Je ne l'ai jamais fait à cette heure. Nous sommes entre chien et loup... Mon repas du soir est terminé et je savoure un dernier verre de vin. Je me préparerai, un peu plus tard, un double expresso. Pour moi c'est comme un dessert. J'écoute la belle cantate BWV 78 de Bach, Jesu, der du mien Seele (Jésus, toi qui as par ta mort amère) de Bach sous la direction de Philippe Herreweighe et le choeur et l'orchestre de la Chapelle Royale. Il y avait longtemps que je ne l'avais écoutée. C'est une cantate qui ne dure qu'une vingtaine de minutes, mais il y a un air admirable, tout plein de sérénité, chanté en duo par une soprano et un alto. Je pense que je suis la spécialiste des petits bouts et des petits airs... :-) Quand j'en apprécie un, je le fais jouer, rejouer et rejouer... :-) Dommage que je ne puisse le capsuler et l'inclure dans mon journal.

Moi qui parlais d'organisation et de méthode hier... J'ai entrepris cet après-midi le grand ménage de la garde-robe de ma chambre. À ne jamais, mais jamais faire par un si beau samedi. Quelle mauvaise idée! Et il faudra bien que, tôt ou tard, j'aille terminer... Zut! Bon, après le vin et l'expresso. D'ici-là, j'écoute de la musique et j'écris... :-)

Je suis retournée, hier, au chalet avec ma filleule. J'ai fait une très longue promenade en passant par le grand champ. Nous avons vu un admirable coucher de soleil. Il y avait, à ce moment-là, au dessus de nos têtes, de lourds nuages qui ont alors pris une teinte orangée, pendant que des nuages plus légers se coloraient d'un vert tendre. Même une photo n'aurait pas pu rendre justice à cette beauté. C'était magnifique. Heureusement, et par je ne sais quelle magie, le ciel s'est libéré à temps pour que nous puissions admirer les étoiles. Nous avons vu quelques étoiles filantes dont une très belle, ce qui est plutôt surprenant car la lumière de la lune nuisait considérablement à cet égard. Bon, on sait bien ce que sont les étoiles filantes mais, incroyables romantiques que nous sommes, nous ne pouvons nous empêcher d'être émerveillées et de faire un voeu... :-) C'est très pratique pour qui a des voeux qui lui tiennent à coeur... :-) Un petit peu de superstition, cela fait du bien en passant... :-)

Bon, un peu de courage... direction : garde-robe... :-) Ah oui, quelqu'un voulait du gâteau au chocolat, mais seulement avec de la crème anglaise? :-)

 

 

 

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