Au bonheur du jour




Le mois de mai 2008

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Aujourd'hui

vendredi le 9 mai

Hier, on a coupé. Rendez-vous chez le coiffeur, ce qui en soi me fait toujours un bien immense. C'est curieux qu'en rapport avec les cheveux je ne voie jamais rien venir. La veille tout va très bien, je contrôle la situation et je m'en tire de façon plutôt satisfaisante. Et puis brusquement, un matin, je n'arrive plus à aucun bon résultat, tout s'affaisse et je réalise qu'il faudra que les mains expertes viennent remédier à la situation et tout remettre dans le droit chemin, pour me permettre de continuer. Puis je reprends mes habitudes de soin, ajoute des nuances chaleureuses à la couleur de base et tout repart pour un assez long moment encore.

Hier, on a presque tout coupé. Ma haie de rosiers. Quand la neige a enfin disparu dans cette partie de mon terrain, j'avais été très déçue de constater l'étendue des dommages. C'était un spectacle désolant. Des rosiers rustiques de vingt-et-un ans, que la neige avait complètement couchés, cassant la plupart des branches presque au ras du sol. Quel dur hiver. La coupe d'hier a quand même permis de dégager, ça et là, quelques branches auxquelles j'ai résolu de donner une chance. Je leur ai administré, comme on me l'avait conseillé, de l'engrais à reprise puis, dans quelques semaines, je leur donnerai celui pour favoriser la floraison et, pour finir, j'espérerai. Cette année, s'il y en a quelques-unes, c es roses me seront précieuses comme jamais encore.

Aujourd'hui, j'ai passé un long et agréable moment avec ma vieille dame à la mémoire défaillante. C'était le meilleur depuis son installation dans sa nouvelle résidence. Je la sens encore mieux adaptée que la fois précédente, plus détendue et son esprit est plus présent. Ses enfants ont installé quelques autres tableaux qu'ils ont retirés de son ancien appartement avant de le livrer aux nouveaux propriétaires. Elle était si heureuse de les retrouver. Ne manquent plus maintenant que les tentures qui sont à se faire ajuster et son décor sera complet, ayant retrouvé le plus possible celui de l'appartement qu'elle avait, il y a longtemps, aménagé avec tant de goût.

La chapelle où je n'ai finalement pu passer qu'un assez court moment était très ensoleillée. Je me sentais cependant plus fragile, plus fermée que la fois précédente. Cela ne m'a pas surprise, mais un peu déçue. J'ai résolu de laisser porter, de faire confiance et d'aller faire les courses : j'avais des petits plats à cuisiner.

dimanche le 11 mai

Hier soir, nous devions manger au restaurant mais j'ai pensé qu'il serait plus agréable de rester tranquillement à la maison pour permettre à ma fille de bien se détendre après ses quelques heures de route. Sans pour autant lui en parler, j'avais préparé des plats qu'elle aime dont cette recette de gâteau tout simple, vraiment la plus simple qui soit, que ma mère nous cuisinait. Quand elle est arrivée, j'ai vite compris à son expression et à son sourire que cette sortie prévue n'avait d'autre but que celui de me faire plaisir. Nous avons donc ouvert une bonne bouteille de vin et avons bien pris notre temps pour tout savourer. Une de ses amies qui passe un mauvais moment est venue nous rejoindre et la soirée fut très agréable.

Ce matin, flash sur une magnifique image. Dans la salle à manger, ma fille revêtue de mon peignoir rose, assise à la table mais tournée vers la toute blanche Jasmine qui, derrière elle, se lave paisiblement sur le rebord de la fenêtre. Elles baignent toutes deux dans le soleil qui éclaire aussi le superbe bouquet de roses qu'elle m'a apporté et les tasses à demi-pleines de café et autres pièces de porcelaine, vestige du petit déjeuner. Je me suis levée pour aller chercher ma caméra et Jasmine a gambadé derrière moi faisant ainsi disparaître le si charmant tableau. Quand je suis revenue dans la salle à manger, le soleil n'était d'ailleurs déjà plus tout à fait au même endroit et ce petit miracle était terminé. Ne restent que mes mots pour bien maladroitement fixer ce beau moment dans le temps.

Nous avons ensuite passé quelques heures, toutes les deux assises au salon, à parler et à parler. Les sujets les plus variés furent abordés, des plus confidentiels aux plus généraux. Nous étions tout simplement bien. Avant de quitter, elle s'est installée dans les marches du haut de l'escalier, et j'ai lentement pivoté sur le palier devant elle, le temps qu'elle marque avec des épingles la longueur souhaitée de quelques jupes. Je sentais que cela lui faisait plaisir de me rendre ce service et elle y a accordé le plus grand soin. J'ai savouré sa gentillesse. À un moment, j'ai constaté que, contrairement à notre habitude, aucune musique n'avait joué depuis son arrivée hier. Je pense que nous nous suffisions.

Quand elle est partie, nous nous sommes serrées très fort dans les bras et nous nous sommes dit combien nous nous aimons. C'était, comme à chaque année, la plus belle des fêtes des mères.









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