Au bonheur du jour




Le mois de juin 2009

1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31

Retour Page d'Accueil

Archives

C'est ici

 


Aujourd'hui

mardi le 23 juin

Parfois, il m'arrive de ne plus savoir m'isoler des bruits et appels extérieurs. Je vis alors, sans trop penser, parmi les gens de mon entourage qui me sont chers, je me retrouve aussi au milieu de toutes sortes d'activités et sollicitations plus ou moins importantes, de toutes sortes de questions ou obligations matérielles qui s'imposent d'elles-mêmes ou que je m'impose. Et puis, je me laisse aussi prendre par l'actualité et ses enjeux. Tout cela finit par occuper beaucoup de place dans ma vie parce que, graduellement et presque imperceptiblement, je me laisse envahir. On dirait que j'en reviens au temps où je travaillais, quand j'étais prise dans le tourbillon. Alors, les jours passent que je laisse s'échapper, sans vraiment me laisser d'empreinte, comme si je ne faisais plus qu'effleurer et être effleurée. Pourtant, il y a tant de signaux autour de moi qui devraient non pas ralentir mon rythme, ni changer ma direction mais m'amener à plus de concentration et à regarder avec plus d'attention ces heures précieuses qui s'écoulent. Parfois aussi, comme aujourd'hui, j'ai un petit sursaut que je n'avais pas prévu. J'avais d'abord pensé aller lire sur mon banc de parc, dans le coin ombragé du jardin, mais c'est ici, dans la tranquillité de mon petit bureau, que je viens plutôt déposer ces mots dans mon journal. Mais ce ne sont pas tant les mots qui me sont importants que cet instant que je savoure de façon particulière.

Il fait si beau en ce moment, et le bruit des divers travaux, routiers et autres, dans mon quartier est heureusement absent de cette journée qui précède la Fête. Jasmine dort sur un canapé du salon, après une expédition dans la cave, peut-être tout simplement à la poursuite d'une minuscule araignée. Elle était remontée toute sale, la coquine, et je la soupçonne d'avoir grimpé sur une armoire et de s'être glissée dans l'espace vide, atteignable par la cave, entre le plancher de la salle à dîner et le plafond de la partie aménagée du sous-sol. J'ai essayé d'enlever le plus gros des taches de poussière sur son pelage blanc et elle a bien terminé le travail. Maintenant, elle se repose. Il est près de 15h00 et le temps est superbe. Plus tard, j'irai chez le grand copain rejoindre un couple d'amis. Nous mangerons sur la terrasse.

Je me sens accompagnée par le bruissement des feuilles des grands arbres et le chant de quelques oiseaux, beaucoup moins nombreux que ce matin. C'est par la fenêtre ouverte qu'ils me parviennent, avec le parfum des roses qui me rejoint aussi en ne me surprenant pas. Même l'hiver, quand je pense à elles, je sais leur parfum. Ce qui n'est le cas de celui des blanches fleurs de mon philadelphus aureus qui m'est presque plus précieux, parce qu'encore plus éphémère que celui des roses et qui ne me laisse, pour le reste de l'année, que le souvenir précis d'en avoir été attendrie quelques courts jours en juin. Il y a de cela quelques nuits, alors qu'à côté d'elles je m'étais assise quelques minutes dans les marches menant au balcon, j'ai vu des lucioles, les premières depuis toutes ces années que je vis ici. Et si les récentes mesures sur les insecticides et les herbicides portaient déjà leur fruit et ramenaient la campagne en ville ?

"J'ai grand tort de ne pas tenir ce journal plus régulièrement, car la vie me donne toutes sortes de choses qui paraissent d'abord assez insignifiantes, mais qui, avec le recul du temps, se transforment et deviennent intéressantes. La banalité d'aujourd'hui s'enrichit d'une façon que je ne puis expliquer" (Julien Green, 21 août 1955)








Inscrivez votre adresse e-mail
pour être avisé des mises à jour
InscriptionDésinscription

 

haut de la page




1