Au bonheur du jour




Le mois d'août 2007

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vendredi le 31 août

L'été tire à sa fin. L'été des papillons et des libellules dans mon petit jardin abandonné. Ils n'auront jamais été aussi nombreux, ni aussi colorés. Je les entrevoyais comme dans un univers qui ne m'était pas accessible, entre deux courses, entre deux absences. L'été où les perséides se seront dérobées à mon regard. Pourtant, elles étaient là, parfois derrière des nuages moutonneux, parfois derrière ceux de l'orage. Des moments d'orages puis des éclaircies. La météo à l'image de la vie ou la vie à l'image de la météo? L'été d'un merveilleux arc-en-ciel double alors que l'orage n'était pas encore terminé. J'étais là, sous la pluie, à le photographier. Mais, comme souvent dans la vie, la photo n'en a pas rendu toute la splendeur, tout comme les mots ne parviennent pas souvent à rendre la profondeur, la force, et la beauté aussi, de nos expériences humaines.

Ma courageuse amie est tout simplement admirable. Nous vivons des moments assez extraordinaires, dont la plupart sont souvent très agréables même, dans le quotidien, dans l'ici maintenant, et dont j'espère arriver à me souvenir plus tard. Nous allons très souvent au cinéma, mais nous n'allons plus bouquiner. Elle, ma grande liseuse, a de la difficulté à lire; elle me dit que cela avale trop de son temps, qu'elle préfère mordre dans la vie. La différence entre elle et moi? Elle, elle sait. Et elle a à l'idée l'échéance certaine. Moi, comme la plupart des autres humains, intellectuellement je sais, mais j'agis comme si je ne savais pas, comme si cela ne devait jamais m'advenir.

Nous parlons longuement des vraies choses. Elle me force à approfondir mes convictions, du moins à en découvrir des aspects que je sous-estimais. Jusqu'ici, il y a eu très peu de larmes et j'en suis surprise. Surprise aussi de voir combien l'humour accommode toutes les situations, puisqu'il peut contenir tellement d'affection et de douceur. Je m'efforce de vivre, le mieux qu'il m'est possible auprès d'elle, l'essence du mot "accompagnement" dans cette grande expérience humaine. Je suis heureuse d'avoir la disponibilité de temps, la sérénité et aussi la maturité nécessaires pour m'aider en ce sens.

Les autres secteurs de ma vie ont été très agréables et très gratifiants, notamment avec ma fille, mon grand copain et mes autres amis. Donc, été bizarre mais été inoubliable aussi. C'est l'organisation de ma vie matérielle qui en aura le plus souffert, notamment mon pauvre petit jardin tout à fait négligé, à la fois en raison de cette exécrable météo de contrastes subits et d'excès de toutes sortes, et aussi de mon agenda qui aura éparpillé mon temps partout ailleurs que dans mon "ordinaire".

Je suis allée relire l'été 2002, l'été de ma mère. J'y ai lu combien mon journal m'avait été un support et j'ai aussi retrouvé de précieux moments qui étaient enfouis au fond de ma mémoire. Je réalise que mon souci de discrétion à l'égard de mon amie aura jeté un voile sur de très beaux et très forts moments de cette amitié, qui peu à peu s'estomperont, puis finiront par disparaître. Que me restera-t-il plus tard comme souvenirs précis? Peut-être cette image que j'ai en tête et que je n'écris pas, du moins pas encore. Un jour, je l'écrirai et je sais déjà que ce jour-là sera celui des larmes.









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