Au bonheur du jour




Le mois d'août

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samedi le 2 août

Il est tard et il fait bon. J'écoute en ce moment quelques "Impromptus" et autres airs de Chopin, interprétés par Murray Perahia. Je reviens d'un bbq et d'une soirée avec des amis. Ce fut un très agréable moment passé sur la terrasse par cette si belle température. Sans qu'il n'y paraisse trop, je me mettais parfois volontairement un peu en retrait, puisque je voulais prendre le temps de bien les observer chacun, et de vraiment les apprécier pour ce qu'ils sont. La joie d'un couple d'amis dont la belle-fille attend leur premier petit enfant faisait plaisir à voir. C'était aussi amusant d'entendre cet autre couple qui souffle un peu après le départ de leur fille venue en vacances chez eux avec ses deux très jeunes enfants qu'ils adorent et qui les ont pourtant épuisés. C'est bien dans cette génération que nous en sommes rendus, nous avons réellement vieilli. Et je pense que nous le faisons plutôt bien. Mais c'est quand même étrange d'en être déjà arrivés là.

J'ai beaucoup aimé mon séjour dans la très grande ville. Expérience fantastique que ce mariage de mon filleul, j'étais tellement heureuse pour lui, avec lui. Très agréable aussi ce repas que ma fille et moi avions pris avec eux, chez eux, à la toute veille de leur mariage. J'avais été surprise de cette invitation à un moment aussi particulier, pensant que nous irions au restaurant comme nous le faisons la plupart du temps, et je m'en suis sentie plus qu'honorée. Ce filleul dont je parle assez souvent, est en fait un filleul adoptif, venu rejoindre dans mon coeur et dans ma vie mes deux autres filleuls, enfants de mes frères, qui s'y trouvaient déjà. Un jeune homme que la vie a mené jusqu'à moi, il y a plusieurs années, alors que certaines circonstances lui étaient bien difficiles. Je l'aime beaucoup, il fait vraiment partie de ma vie et notre lien est solide. Ma fille et lui s'entendent on ne peut mieux, ils ont entre autres le même style d'humour, et d'ailleurs la même victime préférée à cet égard... :-)

Dans la très grand ville, j'ai aussi passé plusieurs heures avec ma très sage et compétente amie, tellement différente de moi à bien des égards, celle qui sait peser ses mots et avec qui le courant passe si bien. Je m'enrichis toujours à son contact. Puis, ces quelques heures passées en tête à tête avec ma fille, ou plutôt en coeur à coeur avec elle, et ce retour chez elle en marchant lentement sous la pluie. Il est de ces moments où, sans trop savoir pourquoi, la connexion se fait encore mieux qu'à l'habitude. Oui, la vie était bien belle en ce beau mardi. Un pur petit bonheur.

Jeudi, je suis allée à la maison de campagne, j'y avais rendez-vous avec un représentant de l'assureur venu l'inspecter, ce qui fut l'affaire de quelques minutes. Puis je suis demeurée là, seule, dans le silence. Il faisait très beau. Je ne lisais même pas, j'étais juste bien. Puis, j'ai eu l'idée, dans mon ici/maintenant, de faire le point sur ma vie. Tranquillement d'abord, au fur et à mesure que les pensées me venaient, j'ai écrit sur un papier tout ce dont je me souvenais alors, qui m'avait blessée dans ma vie, qui m'avait fait souffrir, tout ce qui revenait à la surface, tant de l'enfance que de l'âge adulte. J'ai ajouté le nom des personnes en cause pour chaque événement, les sentiments que j'avais nourris à leur endroit, le ressentiment aussi. J'ai ensuite écrit tout le mal que je me souvenais alors d'avoir fait dans ma vie, et aussi le nom des personnes en cause, que j'avais pu blesser. Puis j'ai noté ce qui me tient à coeur, et le nom de personnes qui me sont chères et ce que je souhaite pour chacune d'elles. Enfin, j'ai écrit mes balises et mes certitudes, et aussi ce que je souhaiterais pour moi, mes objectifs et certains rêves. Plus j'écrivais, plus les idées me venaient facilement et rapidement. Quand ce fut terminé, j'ai relu ces pages. Je me suis ensuite dirigée vers le foyer extérieur, là même où j'avais fait brûler les lettres d'amour de mes parents. Et j'ai mis le feu à ces feuilles, je les ai vues se transformer en cendre. J'étais très contente d'avoir eu cette idée. Et c'est le coeur bien léger, toujours dans mon ici/maintenant, que j'ai pris le chemin du retour.

mardi le 5 août

De la pluie, de la pluie, toujours de la pluie. Jamais le gazon n'a été aussi beau, aussi vert. Les fruits des sorbiers ont commencé à mûrir. Les roses abondent, et les plates-bandes regorgent de rudbekias, de matricaires, de mauves et autres fleurs anciennes et rustiques, qui me rappellent les étés de mon enfance. Je n'ai pas le courage d'aller remplir les mangeoires sous cette pluie, même si elles sont de nouveau vides. De toute façon, les oiseaux se font bien silencieux et rares. Ma mignonne tornade est cependant à son poste, à la fenêtre, attendant patiemment leur retour.

Eurêka! Dès mon lever ce matin, la chasse aux petites souris a été des plus fructueuses. Dans la salle de bain, j'ai remarqué que la minette se tenait aux aguets face au calorifère. Elle passait sa petite patte dans les quelques centimètres qui en séparent la base et le plancher. Intriguée par son manège, j'ai glissé une baguette pour réaliser que, derrière le calorifère, il y avait un minuscule espace non recouvert par les boiseries et qui donnait accès à l'entre mur. J'ai réussi à en extirper six petites souris, cinq grises en fourrure, et une d'un autre modèle et format que, faute de mieux, j'avais dû me résigner à acheter dans un magasin à grande surface. Celle que j'y ai ainsi cueillie était blanche et jaune. C'est celle-là que je lui ai laissée, remisant les autres dans une réserve, pour les jours de disette... Voilà donc une autre partie du mystère des souris résolu. Je vais donc trouver un truc pour bloquer ce petit espace, restreindre le nombre de ses cachettes et me simplifier ainsi la vie. Rira bien qui rira le dernier. Un mot sur le plus récent modèle de souris. Eh bien, ce sont maintenant ses souris préférées. Elles viennent en sachet de trois, sont plus petites que les habituelles, plus compactes, plus fermes et les bizarres couleurs rose, jaune ou bleu ne semblent pas rebuter ma mignonne tornade. Elle en empoigne une bien facilement et solidement dans sa charmante petite gueule, la lance en l'air et saute pour la rattraper. Elle me fait rire aux éclats. Surtout quand elle la balance dans l'escalier et qu'elle se précipite ensuite à la course derrière elle, en faisant entendre des brrrrr retentissants, un curieux mélange d'énorme ronron et d'excitation. :-) Pas besoin de gym pour sa mise en forme celle-là... :-) Bon, je devrai aviser la vétérinaire de ralentir son approvisionnement en souris grises, ma mignonne tornade ayant maintenant jeté les yeux et son dévolu ailleurs... :-)

Hier, pour le lunch, j'ai retrouvé le grand copain de retour de ses vacances. Nous avons passé des heures à converser très agréablement. J'ai beaucoup apprécié voir les photos de son voyage, de nos amis communs, surtout celle sur laquelle où on retrouve ma fille et son conjoint lors de leur rencontre impromptue à La Coupole. Une preuve bien réelle, s'il en fallait une, de cette si belle coïncidence. Je lui ai fait part de l'évolution de mes lectures du journal de Green et aussi des heures que j'avais récemment passées sur le net à trouver des articles spécialisés sur lui en espagnol et en allemand, que je faisais ensuite traduire, paragraphe par paragraphe, par ce progamme trouvé sur le net. Bon, les traductions n'en sont pas très jolies mais j'arrive au moins à comprendre le sens des articles. Le grand copain m'a ensuite parlé de son presque nouveau, non je dirais son intérêt grandement accru pour un militaire et homme politique, et son engouement à se plonger dans ses écrits et sur les ouvrages écrits à son propos. Bon, je ne nomme pas cet homme, de peur de voir son nom capté par les moteurs de recherche et d'attirer ainsi des lecteurs qui ne me seraient pas destinés. :-) Ce serait du plus profond ridicule, moi qui ne connais presque rien de cet homme public. Durant son voyage, le grand copain a visité des lieux qui étaient familiers à cet homme connu et j'étais ravie de l'entendre m'en parler. Vive les passions et les intérêts que nous développons un jour et qui orientent nos lectures pendant de si longs et si bons moments, qui finalement nous enrichissent et nous influencent tellement.

Je suis en train d'écouter les Concertos pour piano et orchestre nos. 1 et 2 de Chopin, intrerprétés par le formidable pianiste polonais Krystian Zimerman qui a lui-même autographié ma copie de cd lors d'une séance de signature. Dans le livret, on peut lire que le deuxième mouvement, l'adagio du no 2 a été écrit en pensant à la cantratrice Constance Gladowska dont un Chopin de vingt ou vingt-un ans est tombé amoureux et écrit à un ami :

"J'ai peut-être, pour mon malheur, trouvé mon idéal, je le vénère de toute mon âme. Il y a déjà six mois que j'en rêve toutes les nuits, et je ne lui ai pas encore adressé la parole." L'auteur du livret ajoute : "Heureusement pour nous, le piano a recueilli ses aveux: on ne peut imaginer chant plus sublime. (...) C'est sans doute le sentiment tragique de l'inaccessibilité de Constance, ceci avec une puissance d'évocation qui fait littéralement frémir."

Quelle belle musique, comment ne pas en être transportée. Oh qu'aujourd'hui je ne suis pas partie pour être très efficace, moi... Bon, et après tout, pourquoi ne pas profiter de ces beaux moments de douce farniente. En fin d'après-midi, j'irai retrouver mes compagnons d'artisanat. Nous avons quelques heures de travaux à exécuter avant notre cours de demain soir. Puis nous mangerons ensemble. Des fois, je me demande dans quoi je me suis encore une fois embarquée... :-) Jusqu'à ma fille qui se moque de moi à cet égard. Tiens, on dirait que la pluie a ralenti, les mésanges, probablement de retour sur une branche du bouleau, lancent leur cri à la fois taquin et enjoué que j'aime tant. Bon, elles ont sans doute faim... Si je me secouais un peu, et retrouvais mon courage.... Allez hop, on va aux provisions pour les petits amis ailés.

samedi le 9 août

En fait, mon samedi n'est pas encore terminé, puisqu'il est 1h30 du matin et je ne suis pas encore couchée. Ma fille arrive demain et j'aimerais bien mettre une entrée en ligne auparavant. Même si elle connaît maintenant l'existence de ce journal, je ne saurais comment l'écrire quand elle est ici. C'est une démarche tellement personnelle et il me semble que je dois être seule chez moi pour l'accomplir. De plus, je ne voudrais surtout pas me priver du plaisir d'être avec elle et de converser. Bon, je commence et on verra bien jusqu'où je me rendrai.

Je viens de démarrer Les six Partitas de Jean-Sébastien Bach, interprétées par le pianiste Jean Louis Steuerman. Toutes les lumières de la maison sont éteintes, il n'y a que l'écran de mon ordinateur qui projette un éclairage somme toute limité. Je suis seule devant les mots qui s'enlignent les uns après les autres sur mon écran. Je sais que je vais aimer ce moment de calme.

Jeudi, après avoir de nouveau longuement lunché avec le grand copain, j'ai profité des presque trois heures durant lesquelles le soleil nous a enfin gratifiés de sa présence pour me rendre au marché en plein air. J'ai fait provision de tout plein de légumes frais. Le marché regorgeait de fleurs coupées et de plantes diverses et il m'a semblé que le parfum capiteux des lys dominait le mélange de fragrances. J'ai aussi fait l'acquisition d'un bien joli et tout petit lierre anglais, pour enjoliver la cuisine. Il m'a été vendu par un adorable monsieur tout sensible prénommé Gaston que j'ai pris énormément de plaisir à entendre bien simplement me parler de ses fleurs et du soin qu'il mettait à les cultiver. Mais là n'était pas le but principal de ma visite au marché. J'allais y acheter les framboises pour préparer la liqueur. Il y avait deux ans que je n'en avais fait. L'an dernier, à cette époque, ma mère était malade et à l'hôpital. C'était d'ailleurs quelques jours avant son décès. En allant acheter l'alcool nécessaire, je suis passée à la bijouterie prendre quelques renseignements. Puis, sans l'avoir prémédité, j'y ai laissé les principales bagues héritées de ma mère: sa bague de fiançailles, son alliance, et la bague de fiançailles de sa mère, ma grand-mère. Ma mère les portait constamment toutes les trois. Il n'y a que quelques mois que j'ai moi-même osé commencer à les porter. Depuis quelque temps, je vivais dans la hantise de les perdre, puisqu'elles n'étaient pas parfaitement ajustées à ma main. Alors j'ai décidé de ne pas remettre à plus tard les réparations nécessaires. J'ai été surprise de ma réaction au moment d'enlever ces bagues, puisque les larmes me sont montées aux yeux. C'est comme si je les faisais définitivement miennes, puisque celle à qui elles avaient appartenu ne les porterait plus jamais. Et ma décision de les faire modifier confirmait l'irrévocable de son absence. J'ai demandé à prendre un petit moment pour bien réfléchir à cette décision. J'ai tourné un peu en rond dans la bijouterie, pendant qu'on s'occupait d'autres clients, puis je me suis approchée du comptoir. C'est sans aucune pudeur que quelques larmes ont silencieusement coulé au moment de les tendre à la commis dont le regard et un doux sourire m'ont confirmé qu'elle comprenait mon émotion.

Une fois revenue à la maison, j'ai fait ce qu'il fallait aux framboises. Cela m'a remis le coeur en joie. Elle sont là, baignant dans un gros bocal de verre transparent et, sur le bout du comptoir de la cuisine, elles perpétueront l'été jusqu'en décembre, alors que je finaliserai la préparation de la liqueur.

Hier, j'ai retrouvé une amie de la très grande ville venue travailler à une exposition d'objets d'art. C'est une femme de mon âge, beaucoup plus fonceuse que moi. Elle a fait, l'année dernière, l'acquisition d'un véhicule qui lui permet, comme un escargot, de voyager en emportant sa maison. Elle part pour plusieurs semaines à la fois, accompagnée de son chien et de deux chats. Elle quittera dans quelques semaines pour un autre très long voyage qui la mènera vers une destination de rêve. Je l'admire beaucoup mais je ne l'envie pas du tout, tellement je ne parviens pas à me voir dans une circonstance semblable. Oui j'aurais fait ce style de voyage en couple, mais ne puis absolument pas m'imaginer le faire seule.

Très agréable repas au restaurant ce soir, en compagnie du grand copain et d'un couple d'amis de l'extérieur que je ne vois que quelques fois par année. La conversation fut animée et fort variée. Tout y a passé, des problèmes météorologiques, symptômes d'un certain déréglement climatique, à quelques autres sujets dont certains brûlants d'actualité, que je ne nomme pas à cause des moteurs de recherches. J'aime mon petit coin tranquille sur le net. Je suis habituée maintenant à ce que Bach, Green, les oiseaux, la liqueur aux framboises et le bonheur fassent s'égarer sur mon site quelques individus intéressés par ces sujets, mais je veux me limiter à ces paisibles et gentilles personnes... :-)

Il y a un bon moment déjà que je n'ai cité mon cher Julien Green. Quelques très beaux paragraphes mais plutôt tristes cependant.

"Hier, cela n'allait pas, vraiment. J'écoutais un trio de Mozart dans mon bureau et je voyais, à travers le tulle des rideaux, les chandelles des marronniers que touchaient les derniers rayons de soleil, et je pensais à la joie que tout cela m'eût donnée, n'eût été cette douleur ; j'entendais et voyais au travers de la douleur, impression singulière. Rien n'était moins beau, mais tout était autre."

Et cette autre citation :

"Un jeune homme me disait son horreur du passé qui ne donne que de la tristesse. Tout se transforme en tristesse, parce que tout devient du passé presque sous nos yeux. Je sais trop bien ce qu'il veut dire : une adresse sur un bout de papier, une date dans un livre, tout, mais ce n'est pas ainsi qu'on pense d'ordinaire à vingt ans. On n'échappe au cauchemar du temps qu'en vivant dans le présent éternel de Dieu qui dévore passé comme avenir. Quelques religieux doivent connaître cela."

À sa manière, et tellement mieux que moi, Green parle de ce que je nomme mon ici/maintenant. Avec la grande différence que je regarde le passé, ces ici/maintenant envolés, avec la même confiance que je regarde l'avenir. Oui, pour chacun le passé a son lot de tristesse, mais il y a aussi tous ces petits bonheurs dont il faut aussi savoir tenir compte. Et le présent qui, avec la course du temps, se transforme en passé ne me semble pas de facto devenir tristesse. Je dirais même qu'avec le temps, justement, on arrive à trouver une certaine douceur dans certaines tristesses passées. Non, et j'en suis convaincue, tout ne se transforme pas en tristesse. J'aurais bien aimé pouvoir échanger avec lui à ce propos.

mercredi le 13 août

Cette entrée, je voudrais l'écrire à l'extérieur de moi, et je n'en suis pas capable. Tout me ramène à l'intérieur de moi. Et les larmes coulent bien malgré moi. L'an dernier, j'avais mis plus d'une semaine avant de pouvoir écrire. Là je baigne dans ma peine. Il y aura un an demain, puisque ce sera le 14, mais je pourrais tout aussi bien dire, en fait, il y a un an aujourd'hui, puisqu'elle est morte dans la nuit de mardi à mercredi. Et ce dont je me souviens, ce n'est pas tellement d'un nombre, mais beaucoup plus d'une nuit, entre mardi et mercredi, durant laquelle une partie de ma vie a chaviré. Celle où j'ai accompagné ma mère dans son passage de la vie à la mort.

J'aurais pourtant dû me douter que ces quelques jours seraient difficiles à traverser, surtout à cause de la réaction que j'ai eue au moment de laisser ses bagues chez le bijoutier la semaine dernière. Je suis d'une vulnérabilité et d'une fragilité inhabituelle. Et tout me fait de la peine en ce moment. J'ai les yeux horriblement gonflés. Heureusement, j'ai mangé avec un ami ce midi. Celui chez qui j'arrêtais parfois le soir au sortir de l'hôpital pendant le dernier séjour de ma mère. Il a lui-même perdu sa mère dans des circonstances qui s'apparentent au miennes. C'est lui qui s'en occupait presque quotidiennement. Quand tout à l'heure je lui disais la peine qui m'habitait encore et que je la définissais, les larmes lui sont montées aux yeux et j'ai réalisé que lui si pudique au niveau des sentiments ressentait encore la même peine que moi. J'ai pu le vérifier encore mieux quand il m'en a ensuite longuement parlé. Ce qui est bizarre, c'est que, dans les deux cas, nos relations enfant/mère n'étaient pas idéales, mais il faut croire que l'amour d'un enfant pour sa mère transcende finalement les désirs et les exigences que l'on pourrait avoir à cet égard, et les soifs inassouvies d'amour maternel.

Ecrire à ce sujet me fait du bien. Surtout que j'écoute le Concerto pour piano et orchestre en la mineur, Op. 54 de Schumann, que j'aime tant et qui est suivi du Konzertstück pour piano et orchestres en sol majeur, Op. 92 les deux interprétés par Daniel Barenboïm, et le Philarmonia Orchestra dirigé par Dietrich Fischer-Dieskau. J'avais donné ce cd à ma mère, qui aimait aussi beaucoup cette musique. On dirait bien que la mignonne tornade perçoit ma vulnérabilité. Elle est surprenamment calme, douce et caline en ce moment. L'instinct des chats est remarquable. J'ai bien hâte que ces quelques jours soient passés, que je puisse tourner le cap. Mais les peines doivent se vivre à fond, tout comme les joies, et ma mère méritait amplement toutes les larmes que je verse encore.

vendredi le 15 août

L'air soufflé par l'éventail m'arrive dans le dos. J'ai très chaud et je bois un grand verre d'eau. L'odeur du pot-au-feu qui mijote parvient jusqu'à moi. La ratatouille est au frigo, ainsi que le jambon. Demain, ma très sage et compétente amie de la grande ville, celle qui sait si bien peser ses mots, arrive chez moi et je ne veux pas amputer le temps que nous avons prévu passer ensemble à arpenter ma si belle ville, pour le passer devant le fourneau. Tout sera prêt. Nous avons des projets de visites de musées, de galeries d'art, de bouquineries, nous voulons arpenter quelques fort jolies rues, bref un programme d'une semaine à condenser sur deux petites journées. :-)

La préparation des mets s'est faite en deux temps, puisque je suis allée rejoindre des amis pour un repas et une soirée sur la terrasse du grand copain. Au menu, des sushis, du saumon frais, des pâtes au pesto, une salade, des fromages et une mousse aux trois chocolats. Vins et champagne. Et surtout, surtout, une atmosphère amicale, des conversations fort variées, parfois légères, parfois plus sérieuses. J'étais avec des gens qui n'ont plus rien à prouver, qui n'ont plus à sauver la face, qui peuvent se permettre d'être véritablement eux-mêmes et de dire le fond de leur pensée. Le niveau de confiance était très élevé. Quel plaisir de discuter dans ces conditions. C'était véritablement une très belle soirée.

Les Variations symphoniques de César Frank, interprétées par le pianiste Jorge Bolet et l'orchestre du Concergebouw d'Amsterdam sous la direction de Riccardo Chailly, viennent de prendre fin. Elles sont suivies par ce cd que j'aime tant : les magnifiques Psaumes 42 op.42 et 115 op. 31 de Mendelssohn par la Chapelle Royale et l'Ensemble orchestral de Paris, dirigés par Philippe Herreweghe. Le Psaume 42 a ceci de particulier qu'il fut écrit durant le voyage de noces de Mendelssohn. On y sent tout le bonheur qu'il ressent à cette époque. J'aime aussi beaucoup sur ce cd un très bel Ave Maria d'abord écrit pour être chanté a capella par huit voix et auquel Mendelssohn a ajouté un accompagnement d'orgue et d'ensemble instrumental. On ne peut rester insensible à cet air très émouvant.

Et le temps passe, la nuit est calme et je me sens bien. Je regarde mes doigts qui courent sur le clavier, bien autonomes, sachant ce qu'ils ont à faire et l'exécutant avec aisance et facilité. Dans ma main droite, les bagues de ma mère que je suis allée chercher aujourd'hui chez le bijoutier. Le cap de l'année est passé, elles sont miennes maintenant. Avec elles je ressens aussi la transmission d'un rôle particulier. Je suis maintenant l'aînée de la famille, pourtant il me semble que j'avais perdu cette notion de vue depuis quelques mois. Je veux être celle sur qui les membres de ma famille peuvent se reposer pour assurer une certaine cohésion familiale. Mercredi, après avoir mis mon entrée en ligne, je me suis décidée à aller à la maison de campagne avec un de mes frères et sa famille. Nous faisions lui et moi le tour de certaines réparations que nous avions commandées, et il me demandait comment je voulais que certaines choses soient faites. Je fus surprise de son insistance à me faire décider. J'ai réalisé qu'il y avait un rôle à assumer à cet égard et que ma famille s'attendait à ce que j'en sois la porteuse. Disons que les bagues serviront à me rappeller cette responsabilité. Mercredi soir, après le repas, nous avons fait un grand feu et nous avons regardé les étoiles filantes avant que la lune presque pleine encore ne vienne éclairer les champs et nous couper du spectacle des étoiles. Ces agréables moments partagés nous ont fait le plus grand bien à tous et nous avons bien évidemment parlé des événements de l'an dernier. Je suis revenue chez moi ayant retrouvé ma sérénité.

Ce matin, j'ai reçu la visite de mon filleul adoptif et de sa femme sur le chemin du retour de leur lune de miel. Leur grand bonheur fait tellement plaisir à voir, et j'ai même remarqué un changement d'attitude ehez eux, un plus grand sens de l'équipe je pense, une encore plus grande connivence. Ils m'ont rapporté un très beau voilier dont la voilure aussi en bois sculpté a un magnifique mouvement. Sa coque est de la même couleur qu'un vase que je leur ai offert. Un très très bel objet. J'en ai été très émue et ils étaient bien fiers de leur trouvaille. Ils ont tenu à écrire une dédicace sous la base et je les ai photographiés alors qu'ils le faisaient l'un près de l'autre. Je ne veux pas oublier ce beau moment. Un autre bonheur du jour.

Je viens d'aller porter le pot-au-feu dans un deuxième réfrigérateur situé au sous-sol. J'ai été suprise d'entendre un grillon dans la cave. J'avais reçu la visite d'un technicien pour la fournaise au début de la semaine, mais il a dû revenir changer une valve, puisque de l'eau coulait sur le plancher de la cave. Le grillon a dû entrer dans la maison à la faveur de ses allers et venues entre son camion et la maison via le garage. C'est la première fois qu'une telle chose m'arrive, mais je sais que la légende associe le chant d'un grillon dans une maison au bonheur et à la richesse. Je prends cela comme un beau petit clin d'oeil de la vie. La mignonne tornade elle semble prendre cela comme de la pure provocation... :-) Pourvu qu'elle ne parvienne pas à mettre sa petite patte dessus et qu'il puisse paisiblement s'en retourner comme il est venu.

vendredi le 21 août

Le temps a tellement passé vite depuis vendredi dernier. Cela fait trois fois cette semaine, et à des jours différents, que j'essaie de faire cette entrée et que la vie réelle m'accapare au point de devoir reporter. Je vais essayer de récupérer quelques paragraphes déjà écrits et de finalement la terminer cette fichue entrée. C'est un très beau vendredi matin. Le soleil est là, tout comme le vent qui fait onduler les rideaux de mon petit bureau. Je n'ai pas de projets précis pour cette journée, sinon quelques courses et c'est un ouf de soulagement de ma part.

C'est Bach, Bach, Bach ce matin et c'est beau, beau, beau. En ce moment, ce sont les Trois sonates pour Violoncelle et piano" avec les merveilleux Mischa Maisky et Martha Argerich. Musique lumineuse, mature, pleine de sérénité. Probablement est-ce le violoncelle qui lui confère cette sagesse et le piano, cette légéreté de l'âme. Tiens on dirait que je viens tout juste de décrire la femme que je désirerais être... :-) En tous les cas, cette musique va me donner une petite chance additionnelle d'enfin terminer cette entrée.

Une petite récapitulation de la belle semaine qui se termine. J'ai beaucoup aimé la fin de semaine avec ma très sage et compétente amie de la très grande ville. Les heures se sont enfilées les unes à la suite des autres si naturellement, sans nous bousculer et pourtant le temps a paru si court. Bien sûr que nous avons bouquiné un peu et aussi déambulé dans quelques jolies rues, mais nous n'avons évidemment fait que très peu de ce qui avait originalement été prévu, sans que nous en soyions frustrées pour autant. C'est ce que j'appelle vraiment savourer le temps. J'ai beaucoup aimé nos conversations, des plus légères aux plus sérieuses. Nous nous sommes quittées en laissant la porte grande ouverte à une suite qui reprendra d'elle-même, qui viendra de son gré à son heure. Nulle presse, nous avons encore tout notre temps.

Lundi, j'ai notamment retrouvé avec grand plaisir cette amie avec qui j'aime tant parler politique et qui était brièvement de passage entre un séjour à leur maison de campagne et un voyage. C'est aussi avec elle que je parle le plus souvent de littérature, ou plutôt je l'écoute parler de littérature. Elle est tellement plus cultivée que moi à cet égard. Son jugement est un peu lapidaire parfois, mais cela va avec sa personnalité passionnée. Je pense avoir déjà dit ici qu'elle était plus passionnée que moi, et je suis bien loin d'être certaine que ce soit un compliment... *rires* Nous avons aussi parlé des positions en regard des grands débats de l'heure, notamment une question qui implique une loi que voudrait passer le gouvernement, qui soulève un tollé de protestations de divers milieux notamment religieux. Je ne veux pas indiquer ici le sujet, pour ne pas ameuter les grands moteurs de recherche. Elle et moi divergeons d'opinion sur cette question : je favorise la position d'ouverture du gouvernement ou toute mesure qui pourrait être équivalente et elle y est opposée. L'actualité n'en a pas fini de débattre de cette question. En la laissant, je me suis rendue faire quelques courses et, ô bonheur, j'ai commandé à l'avance, dans une librairie, la biographie de Julien Green qui devrait paraître à la fin du mois de septembre. J'ai tellement hâte de lire ce livre. J'espère qu'il s'agira d'un travail sérieux, d'un ouvrage de qualité.

Mardi en fin de la matinée, je me suis rendue à la maison de campagne d'un très bon ami en vacances, que je vois rarement seul durant de longues heures. Ou bien habituellement nous lunchons assez rapidement le midi, ou je le vois avec son conjoint de très longue date. J'ai beaucoup apprécié ces heures que ses vacances me permettaient de passer ainsi en sa compagnie. Nous avons bien simplement préparé le repas ensemble, en faisant le tour de plusieurs questions. Je le connais depuis de nombreuses années et j'avais pourtant l'impression de le découvrir encore. Un être humain de bien grande qualité. Ses parents sont venus nous rejoindre quelques heures plus tard. Ils ont beaucoup vieilli depuis la dernière fois que je les ai vus. J'ai adoré son attitude à leur égard, le soin qu'il en prenait et, à leur réaction, il était visible qu'il s'agissait-là de son attitude tout à fait coutumière. L'amour vrai est merveilleusement beau sous toutes ses formes. Je suis repartie de là avec diverses sortes de plants de fleurs vivaces, destinés à mon petit jardin.

Puis ma fille est arrivée chez moi. Elle avait un rendez-vous d'affaire le lendemain après-midi dans ma ville. Autres repas agréables et autres belles heures paisibles le soir et le matin suivant. Conversations vraiment légères, anecdotiques, et beaucoup de rires. Elle était particulièrement en forme. Je me considérais vraiment choyée et j'avais les yeux et le coeur bien grands ouverts pour emmagasiner tout cela, comme un beau film que l'on veut revoir, revoir et revoir. Après son départ, je suis allée rejoindre mes amis pour la séance d'artisanat. Bon, il faut le dire franchement, je commence à me lasser de ces techniques. Et même mes amis sont moins enthousiasmés. Je préfèrerais consacrer ces heures à autre chose. Le seul point qui me plaise dans cette occupation c'est de connaître cette technique en voie de disparition. Mais là s'arrête mon intérêt, sinon que cela me permette de passer quelques heures avec des gens que j'aime bien. Il nous arrive de rire de bien bon coeur devant nos déboires ou notre ennui.

Tiens, nous en sommes rendus à "L'art de la fugue, toujours de Bach, un cd interprété par l'excellent ensemble Les Violons du Roy, dirigé par son brillant et plus que talentueux fondateur et directeur Bernard Labadie. Une petite merveille ce cd. Oh que c'est venu vite : Une très lourde et abondante pluie qui s'abat brusquement, sans prévenir. Elle ne saurait durer longtemps à ce rythme. Je pourrai sans doute, dans peu de temps, aller à pied faire certaines courses sur la jolie rue près de chez moi. Hier, j'ai longuement échangé avec un ami au loin, que la vie m'a apporté par le biais des journaux en ligne. Notre conversation s'est d'abord déroulée par écrit, puis au téléphone. Je suis toujours surprise et émerveillée de voir de tels liens qu'il aurait été plus qu'improbable de créer dans la vie courante, se tisser ainsi par le biais de l'ordinateur. Des liens humains qui enrichissent, à inscrire dans la colonne des grands bénéfices générés par Internet. Tiens, je le savais bien, la pluie a déjà cessé, le soleil est tout à fait revenu. Comme dans la vie, alors que les plus beaux soleils succèdent bien subitement parfois aux tempêtes les plus noires.

Je prends encore le temps de dire que, hier soir, c'était au tour de mon amie d'enfance qui habite ma ville. C'est celle qui lit en moi comme dans un livre ouvert, qui est psychologue de profession et un peu sphynx aussi. J'ai beaucoup apprécié le repas pris en sa compagnie. Elle aussi est très très sage, tout comme ma visiteuse de la fin de semaine dernière. Décidément cette semaine m'aura montré encore une fois combien je suis très choyée dans ma vie, dans mes amitiés et combien ces dernières sont aussi variées. Et tout cela, c'est beaucoup plus encore que des petits bonheurs.

mercredi le 27 août

Tout à l'heure, en arrivant près du lac, je regardais le soleil descendre derrière les montagnes. Sa lumière presque orangée de fin d'août se reflétait sur les vagues que le vent poussait vers la rive. Quelques chaises longues restaient là, vides, dans le temps qui s'était refroidi. Un kayakeur solitaire, chaudement vêtu, glissait sur l'eau et, au loin, on pouvait entendre le cri si prenant du huard. J'ai frissonné, j'ai dit adieu à l'été tant il était évident qu'il tire à sa fin et je suis allée rejoindre ces amis avec qui j'allais à notre cours d'artisanat.

Nous étions plutôt fatigués puisque nous avions fait, hier, le voyage aller et retour vers la très grande ville pour prendre part à un événement particulier. Ma fille était d'ailleurs venue nous y rejoindre et passer quelques heures avec nous. J'ai fait quelques achats dans la très grande ville, dont cette paire de boucles d'oreille qui m'ont séduite et que j'ai immédiatement mises. Ce sont des anneaux en or, dont le diamètre est plus grand que ce que je porte d'habitude. J'aime l'allure dégagée qu'ils me donnent, une allure de vacances.

Lundi, avec cette amie avec qui je parle souvent de politique et de littérature, je suis allée au cinéma voir La grande séduction, un charmant et amusant film à l'affiche depuis quelques semaines déjà. Les personnages sont bien campés et les images sont très belles. Et nous avons ri de bien bon coeur. Puis à un modeste comptoir de fast food, le lunch s'est prolongé sur une de ces conversations que nous apprécions toutes les deux.

Ce matin, j'ai longuement parlé au téléphone avec ma très sage et compétente amie de la très grande ville. Un mail de sa part, reçu quelques minutes auparavant, aurait nécessité une longue réponse que je n'avais ni le goût ni la capacité d'entreprendre, toute fourbue que j'étais encore suite à la grosse journée d'hier. J'ai, une fois de plus, énormément apprécié sa façon de voir les choses et son jugement si sûr. Cette conversation m'a amenée à relater une circonstance particulière de ma vie dont je n'avais jamais parlé et à laquelle je n'avais d'ailleurs pas pensé depuis un bon moment. Et, si je l'ai fait aujourd'hui, ce n'était pas parce que cette circonstances me pesait, non pas du tout, mais à cause d'une certaine analogie avec le sujet discuté.

Qu'il est bon d'avoir et de prendre le temps. J'ai parfois l'impression d'avoir la chance de ciseler les liens avec les personnes de ma vie. Je pense que la maturité m'apporte encore plus ce besoin d'aller au fond des choses, de tout comprendre ce qu'il m'est possible de comprendre de la vie, de l'humain. Et je sais que quand je rejoins l'autre, qui qu'il soit, dans ce qu'il a de plus personnel, de plus essentiel, dans sa vérité, c'est un immense cadeau qu'il me fait, qui me permet de voir aussi un peu plus clair au dedans de moi.

vendredi le 29 août

Il est passé 1:00 dans la nuit de vendredi à samedi. J'ai chaud. Je viens à peine de sortir de ma cuisine. J'ai terminé de laver les chaudrons et casseroles, je viens de me faire un manucure et j'attends que le vernis à ongles sèche. Mes mains en avaient bien besoin, puisque j'ai passé une bonne partie de la journée à cuisiner. Je suis comme ma mère, j'attache une grande importance aux mains. Après les yeux, c'est ce que je regarde chez les gens. Les mains sont tellement éloquentes, non seulement par leur forme, mais aussi par leur façon de se mouvoir. Et la première poignée de main et le regard alors échangé campent rapidement une nouvelle relation. Mais je m'éloigne de mon sujet. Si j'ai autant cuisiné, c'est que nous profitons de la longue fin de semaine qui permet à ceux de notre famille qui résident loin de ma ville de se joindre à nous. Demain, nous serons tous réunis à la maison de campagne, pour commémorer le premier anniversaire du décès de notre mère. La dernière rencontre de ce genre, qui regroupe tous ses enfants et petits-enfants, remonte justement à ses funérailles. Nous avons choisi de la célébrer, elle, à la maison de campagne qu'elle aimait tant et qu'elle nous a léguée. Nous voulons que cette journée soit douce, chaleureuse, heureuse, comme elle l'aurait aimée.

Ce matin, dès 7h30, j'assistais à la réunion d'un comité sur lequel je siège et qui vient de reprendre ses activités. Une autre preuve, s'il en fallait une, que l'été tire à sa fin et que la vie régulière reprend ses droits. Intellectuellement, je n'ai jamais été à mon meilleur si tôt dans la journée, j'ai plutôt toujours été oiseau de nuit à cet égard, et la réunion de ce matin m'a permis de réaliser encore combien les choses ne s'arrangent pas avec les années... ;-) Je suis de très bonne humeur le matin, mais mon esprit baigne dans un nirvana et je suis d'une lenteur euphorique. Mais bon, puisqu'il le fallait. Et ce n'est pas fini, ce genre de réunion vient à peine de recommencer...

Joindre l'utile à l'agréable : je viens d'appliquer sur mes ongles une autre couche du poli couleur perle. Alors, je fais bien attention pour ne rien gâcher en tapant sur le clavier, et j'ai ralenti mon rythme, ce qui ne diminue en rien le plaisir d'écrire. Le très agréable c'est aussi d'écouter cette compilation que j'ai intitulée Ici, maintenant que j'aime bien. Là, c'est le si bel Exultavit ut gigas extrait du Psaume 18 Coeli Enarrant de Mondonville.

Ce soir, durant quelques heures, j'ai interrompu mes activités culinaires pour justement aller manger avec le grand copain. Il revenait d'un voyage pour ses affaires et j'étais très contente de le retrouver. Nous avons pris le temps de bien discuter. J'ai réalisé que nous partagions le même point de vue sur un sujet pour lequel je doutais un peu de mon objectivité.

Bon, il serait temps d'aller dormir, puisque la fin de semaine qui débute sera pleine d'activités et chargée d'émotion. J'ai hâte de nous retrouver tous réunis et je formule le souhait que ces quelques jours resserrent encore plus notre lien familial. Et pour terminer, en écoutant, toujours de ma compilation qui joue en boucle, la chanson Ne tuons pas la beauté du monde de Plamondon et St-Roch, interprétée par Isabelle Boulay, deux citations de Julien Green :

"On peut être sûr qu'à partir de quarante ans, dans toute vie humaine, il y a un drame."
"J'ai appris avec les années à être reconnaissant de tout, du silence qui règne entre ces murs, du bruit des gouttes de pluie sur les ardoises, de ce que ma main est vivante pour écrire ces mots, et de ce que je respire. Chaque fois que je lève les yeux et que je vois les nuages au-dessus des arbres, j'ai le sentiment d'une sorte de révélation, et il en est ainsi depuis mon enfance, mais les mots pour dire cela?"

 

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Blason vairé d'or et d'Azur au créquier de sinople et à la plaine d'Azur. Le créquier symbolise la paix, la quiétude et la justice. La plaine d'Azur symbolise un cours d'eau et donc le calme.
Conception de ce blason par Arlequin

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Ajout Retrait lacev.com

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