(Montréal, le 19 février 2004).
Depuis longtemps le Québec clame haut et fort d'être
reconnu comme société distincte puisqu'il se distingue
du reste du Canada de par sa langue maternelle et sa
culture qui lui est propre.
Le Québec s'est également doté de structures,
juridictions, paliers ordres corporatifs qui lui sont
propres.
La Loi du Québec est basée sur le Code Civil tandis que
le Canada sur la "Common Law".
À ce titre le Québec s'est doté de plusieurs lois qui
lui sont propres ainsi qu'une Charte de la langue française.
Le Québec a ses propres normes en ce qui concerne le
programme d'immigration et s'ajoutent de multiples autres
similitudes dans maints domaines tel que la santé, la
construction, le travail, son corps policier etc.
La plupart de ses ordres et systèmes corporatifs lui
sont propres.
Nous pourrions continuer d'énumérer de nombreux palier
institutionnels, ordres et corporations où le Québec a
voulu et a su se distinguer jusqu'ici par rapport au
Canada et à d'autres pays.
Mais, si chaque fois il y a distinction, plusieurs ordres
et systèmes institutionnels et corporatifs distinctifs
du Québec n'ont pas d'objectifs sociaux uniformes. Ils
ont des structures et règles individuelles, c'est-à-dire
établies pour leur propre finalité. Ils ne tiennent pas
toujours compte des besoins courants de la société québécoise,
visant avant tout leur propre essor et besoin.
De là découle, à mon sens, un manque total
d'encadrement visant comme objectif premier l'évolution
globale de la société québécoise.
L'intérêt de l'ordre ou du système corporatif passe
avant tout.
Cela peut aller à merveille si vous en êtes membre et
que l'ordre ou le système corporatif revendique pour
vous des droits. Mais, si vous n'en faites pas partie,
vous regardez passer la parade et même parfois, vous
payer le prix de ses revendications.
S'il y avait encadrement pour un objectif principal déterminé
visant avant tout le mieux être de la société en général,
les résultats seraient peut-être plus distinctifs pour
le Québec tout entier.
Tant que les systèmes et ordres corporatifs
fonctionneront comme des ruches individuelles n'ayant que
des objectifs centripètes, il pourra y avoir des risques
de distorsions et cohésions avec le bien être commun de
l'ensemble la société.
On paiera le prix pour des grèves et des sytèmes qui ne
fonctionnent pas toujours en fonction d'un objectif répondant
à l'ensemble de la société québécoise.
On évoluera peut-êre de l'intérieur sans que les extérieurs
ne soient sentent toujours reliés entre-eux.
Et on ne s'étonnera pas d'avoir des structures hermétiques
et pragmatiques, ne correspondant pas toujours à la réalité
et ne répondant pas toujours aux besoins globaux de la
société.
Avant de parler de faits, imaginons bien candidement que
le Québec soit en manque d'électriciens. Eh bien, le
meilleur électricien du monde, immigré au Québec,
devra investir temps, argent et énergie afin d'obtenir
ses cartes de compétences.
Parlons maintenant de faits et de réalité:
Il n'y a pas si lontemps les médecins étrangers se
voyaient refuser l'immigration et aujourd'hui, en 2004, même
si le Québec est en carence dans le domaine de la santé,
manque d'argent, manque d'effectifs, le médecin qui
immigre au Québec, même s'il pratique depuis 20 ou 25
ans, même s'il était notoire dans son pays, doit ici,
au Québec (comme au Canada), faire des démarches pour
obtenir ses équivalences.
Il devra avoir les moyens de débourser non seulement en
argent mais, lui aussi, en temps et énergie tout ce
qu'il a pour tenter d'obtenir:
-- soit un permis restrictif qui lui permettra de
pratiquer (avec certaines restrictions)
-- soit passer les examens d'équivalence et s'il les réussit:
faire une spécialité pendant trois ou quatre ans pour
pouvoir enfin pratiquer
Car, le jeune médecin étranger ne
peut pas s'inscrire à la Faculté de Médecine, reconnu
"ipso facto" comme étant déjà médecin.
En contre partie, il peut s'inscrire à une discipline
connexe (par exemple: en Sciences Infirmières), voire même
alors obtenir certaines équivalences
sur la présentation de son diplôme ou de ses notes
obtenues.
Pourquoi tant de complications et de
manque de cohésions tandis que le médecin étranger
pourrait avec de l'encadrement devenir plus rapidement
utile et pratiquer sa profession d'origine?
Existe-t-il au Québec, des programmes d' encadrements
pour de tels cas? À part parfois quelques ateliers: non!
Car tout compte fait, tous doivent suivre les règles
hermétiques et pragmatiques des ordres ou systèmes
corporatifs en place, dont ils ne font pas encore partie.
Tenons-nous compte de l'âge, de la notoriété et de
l'expérience du nouveau venu?
Supposons que le médecin étranger de 45 ans, ayant plus
de 18 ans d'expérience de pratique dans son pays où il
avait une notoriété, réussisse les examens d'équivalence,
quel âge a-t-il pour redébuter sa pratique?
Est-ce que nous nous penchons sur les dépenses
encourues, l'aspect psychologique d'avoir laissé son
pays, sa famille, ses amis, parfois dans la dévastation,
devoir refaire des études, une réputation etc.
À défaut d'aide financière, serait-ce pensable que
dans certains cas une approche adaptée puisse être
toute indiquée et suffire?
Où est l'encouragement, la motivation, l'écoute,
l'aide, le support, les suivis, le paraînage?
Tandis que l'on resouligne le manque de médecins et que
les manchettes (Montréal, le 19 février, 2004) font état
que l'on acceuillera de plus en plus d'immigrés à Montréal,
est-ce que tout s'arrête là?
L'encadrement actuel suffit-il et est-il global, approprié,
conséquent?
Les nouvelles font aussi état (Montréal, le 18 février,
2004), que le gouvernement québécois injecte 50
millions de dollars pour motiver la venue de médecin en
régions éloignées.
Les nouvelles mentionnent en même temps que les sages
femmes seront acceptées de pratique dans des hôpitaux
etc.
Mais, combien de millions investis pour les médecins étrangers
arrivants, voulant excercer?
Sommes-nous prêts à investir pour un programme
d'adaptation? Se soucie-t-on vraiment, au-delà du
programme d'immigration, du développement des
professionels étrangers diplômés?
Actuellement, certains, las d'être déboutés, se résignent
à travailler au salaire minimum. D'autres se recyclent
dans des métiers qui ne correspondent absolument pas à
leurs savoirs. Il faut bien vivre, s'intégrer , se
nourrir, élever et habiller les enfants tout en se
logeant dans un endroit convenable et conforme à notre
budget.
Y avons-nous pensé!?
C'est sûr, qu'au même moment où je naissais, à Montréal,
à la fin de la deuxième guerre mondiale, n'eut-elle
ouvert momentanément ses portes aux cervaux étrangers
en leur permettant d'excercer leur proffession d'origine,
l'Amérique du Nord ne serait pas ce qu'elle est
aujourd'hui.
Certains diront: "C'étaient il y a longtemps!"
Pour moi, c'était hier.
Aujourd'hui comme demain, il n'en tient qu'à nous, nos
ordres et systèmes institutionnels et corporatifs que le
Québec se distingue davantage en adaptant des règles et
normes qui tiennent compte de la réalité de nos problèmes
pour une évolution globale du peuple du Québec tout
entier.
Les ordres et systèmes institutionnels et corporatifs québécois
ne représentent pas l'ensemble des concitoyens et
concitoyennes. Elles sont néanmoins essentielles au bon
fonctionnement de la société. Sans distinction de
parti, c'est le gouvernement en place qui nous représente.
C'est à lui que revient le droit unique de gouverner.
Mais, comment peut-il gouverner dans une complexité
d'ordres et de systèmes qui à différentes occasions
agissent eux aussi comme gouvernants?
Est-ce idéaliser l'impensable que nous ayons tous comme
objectif premier d'encadrement et ce, avant toute autre
revendication: le bien-être, l'évolution et le progrès
de notre société?
Peut-on viser d'avoir une société québécoise
solidairement distingue?
Impossible!?
Je vous invite, diplômés étrangers non reconnus au Québec
et y résidant, à vous distinguer
solidairement sur le site de l'ADNRQ
.
Puissent vos témoignages, points de vues et commentaires
nous sensibliser et nous amener au-delà des réflexions.
Soit, à poser des gestes concrets et positifs empreints
d'évolution et de progrès visant un but principal déterminé:
l' évolution distinctive de la société québécoise en
général.
Je sympathise avec vous et vous souhaite au-delà de
l'accueil en sol québécois de pouvoir vous y épanouir
dans vos professions respectives.
Le Webmestre de l'ADNRQ.
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